‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 61 sur 102 · LES GUÊPES DES^^BOIS ET LEURS NIDS · texte numérisé non relu

LES GUÊPES DES^^BOIS ET LEURS NIDS

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«lans lit» vieux troncs d'arbres largcniont excavés, car ils oui l)osoiii (le beaucoup d'espace pour établir leur vaste construction. Au sommet de la cavité, ils attachent un premier rayon au moyen d'une assez grande masse de pâte bientôt façonnée en une sorte de pédicule ou de support. Un second rayon s'ajoute au-dessous du premier, auquel il est fixé par des piliers ou des colonncttes plus ou moins nombreuses. Tous les rayons sont ainsi attachés successivement les uns aux autres. Quand les Frelons ont installé leur domicile dans une cavité dont les parois le protègent suffisamment, ils ne font d'enveloppe ([ue pour les parties qui restent à nu. Ils savent faire mieux cependant, et beaucoup mieux même, si les circonstances l'exigent. Les vieux troncs d'arbres crevassés, pourris à l'intérieur d'un efl'et tout pittoresque , qui plaisent aux artistes, n'étant pas le moins du monde du goût des conservateurs des forêts, sont devenus rares en France de nos jours. Les Frelons, assez intelligents pour s'épargner un peu de besogne quand ils le peuvent, trouvent difficilement à se loger. Foi'cés de s'établir à découvert, ils profitent d'une toiture avancée, d'un grenier à l'abandon, et abrités par un simple plafond ils bâtissent leurs nids. Aucune paroi naturelle ne protégerait leurs rayons, alors, comme la Guêpe des arbustes, ils fabriquent des enveloppes habilement superposées.

Des guêpiers de Frelons ainsi construits, ayant jusqu'à 50 centimètres de hauteur et 35 à 40 de diamètre, sont vraiment des objets magnifiques, et plus d'une fois ils ont excité l'admiration de ceux qui les découvraient. Nous avons vu des personnes entrées en possession d'un beau nid de Frelons, s'imaginant que la vente d'un si merveilleux produit allait leur procurer une petite fortune.

Ils sont bien ])eaux, en effets ces grands nids de Frelons, mais aussi comme ils sont fragiles! Les Guêpes ordinaires détachent sur les arbres vivants des fibres ligneuses, et avec cette sub-

staiice, cUos faliriquent un papier ferme, tenace, de l)onnc qualité enfin; au contraire, les Frelons prennent du bois pourri et avec cette matière ils confectionnent un papier jaune ou roussàtre, d'une teinte fort agréable à l'œil, mais un papier cassant, friable au plus baut degré, un papier de mauvaise qualité, que les habitants du nid savent ne pas endommager.

Les Guêpes au corps élancé, dont l'abdomen a son premier anneau aminci en un pédicule assez long, et dont le chaperon affecte une forme triangulaire, composent le groupe des Polistites.

Chez les espèces du genre Poliste, le premier anneau de l'abdomen, s'élargissant en arrière, prend la figure d'une clochette. Il y en a à peu près par le monde entier de ces Polistes, mais c'est assez de nous occuper de l'espèce commune de notre pays. Elle se trouve dans la plus grande partie de l'Europe, dans l'Asie Mineure jusqu'en Perse, dans le nord de l'Afi'ique jusqu'en Egypte, et néanmoins Linné, évidemment peu renseigné sur l'étendue de sa distribution géographique, l'a appelée la Poliste de France ou la Poliste française {Polisles gallica).

La Poliste de France est noire, peinte de jaune, avec les antennes de cette dernière couleuj'. On la voit fréquemment dans les clairières des bois, et l'on épi'ouve un grand charme à contempler au printemps, une femelle, une mère seule, occupée, ou de l'édification de son petit nid, ou des soins que réclament ses lai'ves. L'observation est facile, car les Polistes attachent leurs nids à des plantes basses ou à des ai'brisseaux peu élevés. Les Genêts, par exemple, leur fournissent des tiges droites, grêles, fort à leur convenance. La femelle féconde qui se montre, vers le mois de mai, ardente au travail, après son long hivernage, se met à construire, avec une substance analogue à celle dont fait usage la Guêpe des arbustes. Des fibi'es d'écorce sont réduites en une pâte homogène et la pâte est convertie en papier gris, ferme. L'Hyménoptère emploie d'abord une quantité de matière assez considérable pour faire une attache solide et le pédicule qui sou-

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