‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 62 sur 102 · LES POLISTES FRANÇAISES ET LEURS NIDS · texte numérisé non relu

LES POLISTES FRANÇAISES ET LEURS NIDS

LES HYMÉNOPTÈRES. 'il 3

lioiuli'ii le i-ayuii. (lest un tout petit rayon tiue consliiiit la Volisto-, il aura ciuq, six, huit cellules, rarement davantage, (-c rayon doit rester à découvert ; il sera agrandi plus tard par l'adjonction de nouvelles cellules, mais jamais il ne sera revêtu d'aucune enveloppe.

[.'observateur, se transportant chaque jour dans les localités ou nidifient des Polistes, peut suivre aisément tous les travaux des industrieux Hyménoptères, toutes les phases de la vie des larves. Sans enveloppe, sans abri, ces nids élégants et mignons semblent bien exposés, mais en y regardant de près on admire l'heureuse disposition qui garantit les larves contre les intempéries des saisons. Les nids ont toujours une direction oblique, de la sorte, l'eau ne peut ni entrer dans les alvéoles ni séjourner sur le plafond ; tournés vers l'est, les plus mauvais vents et la pluie venant habituellement du côté opposé, les habitants n'ont pas grand'chose à redouter.

Notre femelle printanière ayant soigné sa petite couvée, les larves arrivent au moment de se transformer en nymphes : elles fdcnt une coque soyeuse et voilà leurs cellules fermées comme par un petit couvercle. Les adultes ne tardent pas à éclore ; c'est une nichée d'ouvrières qui vont bâtir de nouvelles cellules, mais jamais le rayon n'aura une bien grande étendue. Cinquante à soixante cellules, c'est déjà beaucoup pour le nid de notre Pohste de France ; il est des circonstances cependant , circonstances rares, où la population, s'accroissaut d'une manière exceptionnelle, les Polistes construisent un second rayon qu'elles attachent au premier par des pihers, exactement comme le font les vraies Guêpes.

Notre dessin donne une idée liien exacte des nids de Polistes, à diverses péi-iodes d'accroissement. Dans le plus grand, on voit des alvéoles habités par des larves, au corps déprimé, à la tète large et forte ; elles attendent la becquée de leurs nourrices. D'autres alvéoles sont clos, les larves se sont enfermées pour

subir leur métamorphose, les Insectes adultes ne sont pas nés encore. Le nid a été représenté tel qu'il était avec ses botes pleins de vie, larves et adultes.

Des Guêpes au corps élancé comme celui des Polistes, et mèuie plus délicat, plus élégant encore, ayant le pédicule de l'abdomen formé par le premier anneau tout entier, compose le gem^e des Polybies, Vespides étrangères à l'Europe, extrêmement répandues dans les parties chaudes de l'Amérique. Les Polybies se font admirer comme tant d'autres Vespides par leurs constructions tantôt immenses, tantôt petites et d'une délicatesse ravissante, et fort variées selon les espèces.

Au Brésil, à la Guyane, abonde une Polybie [Polybia Uliacea) d'une taille bien médiocre, — son corps noir, bigarré de jaune, n'a pas plus de 12 à 14 millimètres de longueur, — qui construit un nid dont les dimensions sont prodigieuses. On en voit dans la galerie du Muséum d'histoire naturelle, un échantillon, dont la partie inférieure a été détruite. M. de Saussure dit « qu'on peut, à juste titre, considérer cet édifice comme un des plus grands miracles de l'architecture des Insectes » ; il ne sera pas démenti. Le guêpier que nous connaissons de cette Polybie a une hauteur de 1"V10 et les plus grands rayons n'ont pas une circonférence de moins de 1"', 17. Ce nid incomplet, présentant encore vingt- six rayons, contient des milliers d'alvéoles. 11 est attaché à une branche d'arbre; son enveloppe est rude, inégale, d'un brun rouge. Les rayons font corps avec l'enveloppe comme dans les constructions des Guêpes cartounières dont nous allons signaler les particularités.

Une autre espèce du même genre propre à l'Amérique centrale {PoUjhia sculellaris), signalée il y a vingt-cinq ans par un naturaliste de l'Angleterre, M. A. White, fait également un nid gigantesque se distinguant de tous les autres guêpiers par une singularité. L'enveloppe, fort épaisse, est couverte de gros tubercules pointus dont rien jus(ju'ici ne vient nous indiquer l'usage.

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