MÉTAMORPHOSES DU LUCANE CERF-VOLANT
^Lnca,ius cervus).
LES CdLI'dPTiVrtKS. ;i89
le soir, sont cliCCiciles à veciicillir dans los contrées où l'on n'ose gnùro s'aventurer la nuit au milieu des forets. Véritablement beaux et curieux de foi'me, ces Coléoptères sont fort recherchés des collecteurs. Un entomologiste anglais, M. Parry, a ptdjlié récemment une liste de tous ceux (jue l'on connaît.
Le genre Lucane a été très-subdivisé, mais le type n'en reste pas moins l'Insecte si connu sous le nom vulgaire de Grand Cerf-volanl {Lucanus cerviis), le plus grand Coléoptère de notre pays, pour lequel une description est inutile.
A l'état de larve, il vit dans les vieux troncs de Chênes pourlis. Autrefois très-i'épaodu en France, abondant aux environs de Paris, où les amateurs allaient le i>rendre sur les vieux Cliènes de la mare d'Auteiiil, pendant les chaudes soirées du mois d(! juillet, il est aujourd'hui assez rare.
Un petit Lucane noir à mandibules courtes [Dorcus parallelipipedus), assez commun en Europe, était appelé par Geoffroy, par corapai'aison avec le Cerf-volant, la Petite Biche. Le nu*me auteur nommait : la Chevrette bleue (Ptalyceriis caraboides), un très-petit Lucanide que l'on trouve dans les taillis, aux premiers jours du printemps, rongeant les pousses nouvelles.
Des affinités naturelles bien manifestes rapprochent des Scarabéides et des Liicanides, les IIistéuides, Insectes au corps court, assez large, aux antennes terminées en une petite massue solide, ayant un degré do centralisation du système nerveux moindre que chez les Scarabéides, et cependant encore très-prononcé. Les principaux types de cette famille sont les Ilistérincs et les Nitidulines.
Les Ilistérines sont de petits Coléoptères Usses, avec des élytres tronquées, ne recouvrant pas la totalité de l'abdomen, des antennes coudées, des pattes contractiles, assez courtes. Leurs jambes de devant, aplaties, anguleuses ou denticulées, indiquent leur aptitude à fouir.
Tous les Ilistérines, généralement d'assez petite taille, for-
/i90 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.
maient autrefois le genre Escarbot (Hister), très-subdivisé depuis que les espèces recueillies dans le monde entier sont devenues fort nombreuses dans les collections. En effet, les Escarbots ont été récemment, de la part de M. l'abbé de Marseul, l'objet d'une monographie purement descriptiA^e, et plus de mille espèces s'y trouvent enregistrées.
Les vrais Escarbots (Hister), de couleur noire et très-brillants, parfois tachetés de rouge, fouillent les bouses et les autres matières stercoraires, ou se repaissent de la chair corrompue des cadavres. Leurs larves, qui vivent dans les mêmes conditions, sont molles, blanchâtres, de forme longue et déprimée, pourvues de pattes courtes, et munies à l'extrémité de l'abdomen de deux filets biarticulés, et d'un long tubercule servant à la marche.
Sous le nom de Saprines (Saprimis), on distingue de petits Escarbots ordinairement de couleur bronzée, verdâtre ou bleuâtre, dont la tête est remarquablement enfoncée dans le prothorax ; sous le nom de Hololeptes, d'autres Escarbots fortement a])latis, à mandibules très-saillantes. Ces derniers se nouiTissent de bois pouiTÏ et se tiennent habituellement sous les écorces.
Les Nitiduhnes n'ont ni les antennes coudées, ni les pattes contractiles. Elles vivent sur les cadavres, dans les Champignons, dans les bois pourris et quelques-unes fréquentent les fleurs. Ces Insectes, pour la plupart très-petits, sont encore peu connus dans leurs métamorphoses. L'espèce la plus commune du genre est un Coléoptère d'un vert bronzé, long de 2 millimètres, que l'on rencontre sur les fleurs, la Nitidule bronzée [Nilidula œnea).
Les Sn^PHiDEs ont les tarses toujours composés de cinq articles, et les antennes terminées en une massue perfoliée de quatre ou cinq articles, les mandibules saillantes. Cette famille ne compte qu'un nombre très-limité de i-eprésentants, qui appartiennent principalement à l'Eui'ope et à l'Amérique du Nord. Deux genres sollicitent notre attention, les Nécrophores et les Silphes.
LES COLÉOPTftHES. /|91
r.cs .Xrornpliorcs oui un corps ('pais, dos pallcs r(»l)uslcs, avec les cuisses postérieures plus ou moins renflées. Une espèce do c(» genre est particulièrement intéressante par ses habitudes, le Nécrophoi-(î fossoyeur [Necrophorus vespillo), comm\m dans une f^randc partie de D'Europe. Sa coloration h' fait reconnaître aisé-
JÉTAMORPUOSES DU NÉCROPHOBE FOSSOYEUR
(Necrophorus vespillo).
ment : il est noir, garni de poils jaunes sur les côtés du corps, avec la massue des antennes rougeàtre, et les élytres traversées par deux larges bandes dentelées d'un rouge vif.
Dans les champs, ini cadavre de Taupe, de Musaraigne, ou de Mulot se trouve-t-il gisant sur le sol, les Néci'ophores fossoyeurs
arrivent bientôt en nom])re plus ou moins considérable. Est-ce pour dévorer le cadavre? Point. Us sont amenés par le besoin de déposer leurs œufs. Si le cadavre restait exposé à l'air, il se dessécherait ou il serait dévoré par les animaux; les larves seraient détruites , ou périraient , faute de subsistance. Les Nécropbores ont un instinct qui les mettra à l'abri de semblables dangers; ils enterrent le cadavre, et, de la sorte, leurs larves peuvent s'en repaître sans être inquiétées. Avec leurs grosses pattes, ils creusent le sol sous le cadavre, et la fosse devenue assez profonde, ils rejettent la terre et en recouvrent l'animal. C'est un enterrement complet. Les larves du Nécrophore fossoyeur, qui dévorent cette chair corrompue, sont oblongues, jaunâtres, avec des plaques coriaces sur les anneaux du thorax et de l'abdomen, celles de l'abdomen quadridentées. Elles ont de très-petites antennes, des mandibules massives, dentelées comme une scie, des mâchoires garnies de petites pointes, comme une sorte dépeigne, des pattes courtes, propres à fouir. Tous les détails de leur conformation extérieure ont été bien représentés par le professeur Schiodte. Les larves du Nécrophore fossoyeui', qui vivent dans l'obscurité, sont pourvues néanmoins de deux yeux, mais ces yeux, distincts sur les jeunes individus, semblent s'atrophier chez les individus approchant du terme de leur croissance. Ces larves façonnent une loge pour se transformer en nymphes.
Les Silphes (Silpha), ou vulgairement les Boucliers, à raison delà forme aplatie de leur corps, et surtout de leur large prothorax avancé au-dessus de la tête, ont des antennes de dix articles, dont les quatre derniers constituent la massue, des élytres comme bordées, des pattes grêles et assez longues. Les Silphes, Insectes de moyenne taille , courent avec rapidité. De même que les Nécropbores, ils manifestent un odorat très-subtil, car à peine le cadavre d'un animal se ti'ouve-t-il abandonné dans la campagne, qu'ils arrivent de tous côtés. Plusieui's Silphes, en
LES COLÉOPTÈUES. ^|9S
ofïi't, sous leurs différents états, recherchent los corps en pulréfaction; mais quelques-uns d'entre eux vivent de proie vivante, et d'autres encore rongent des végétaux. Ce geiu'e de Coléoptères Ibui'uit un remarquable exemple de conditions l)iologi(|nt's fort diverses chez des espèces très-voisines.
MÉTAMOnPHOSES DU SILPHE A ODATRE POINTS ( Silplia quadripunciala ).
Les larves des Boucliers ont un degré de dévelop[>eiueul Tort avancé, et, dans leur aspect comme dans leurs caractères, il est impossible de ne pas reconnaître déjà le type des adultes. Aplaties, avec tous les anneaux du thorax et de l'abdomen pai'faitement cuirassés, les yeux au nombre de six de chaque côté, les
Z,9'i LES METAMORPHOSES DES INSECTES.
pattes longues et foiies, les jambes garnies d'épines, ces larves sont agiles à la course.
Le Silphe obscur (Silpha obscura), l'espèce la plus commune, se rencontre continuellement courant à travers les chemins. C'est un Insecte long de 1 5 à 20 millimètres, d'un noir terne , ayant trois côtes sur les élytres. Sa larve, qui vit sur les cadavres d'animaux, est brunâtre, avec des lignes noires. Le Silphe rugueux {Silpha rugosa) est également très-répandu, et il est ordinaire de voir ses larves, entièrement noires, réunies en groupes nombreux sur des charognes. Une espèce plus petite, le Silphe opaque (Silpha opaca), se trouve dans les champs cultivés, et au printemps; sa larve dévore les pousses des jeunes Betteraves. Le Silphe à quatre points {Silpha quadripunctata) habite les bois, les forêts, grimpant sur les Chênes, courant sur le l'euillage, où il fait aux chenilles une chasse des plus actives. Nul Insecte n'est plus aisément reconnaissable : avec le corps tout noir, il a des élytres d'un jaune-paille , ornées de quatre points noirs. Sa larve se tient à terre, et, carnassière comme l'adulte, elle s'attaque aux Insectes qu'elle rencontre entre les herbes ou sous les feuilles tombées. Enfin, le plus grand de nos Boucliers, le Silphe thoracique (Silpha thoracica), que son protliorax d'un roux vif signale particulièrement, est également un Coiéoptère carnassier, fréquentant les taillis, surtout dans les endroits humides.
Les Staphylinides composent ^ine grande famille : c'est Tme multitude d'espèces, quelques-unes de moyenne taille, la plupart d'une dimension fort exiguë. Entre tous les Coléoptères, les Staphylinides se reconnaissent à leurs élytres très-courtes, ne couvrant qu'une partie de l'abdomen. Si les élytres des autres Coléoptères figurent un habit complet, celles des Staphylinides ressemblent à une veste. Cependant, chez ces Insectes, les ailes demeurent d'une ampleur ordinaire, et, comme pendant le repos elles se cachent entièrement sous les élytres ,
elles sout repliées au moins deux fois sur elles-mêmes. Les antennes, chez tous les représentants de cette famille, sont assez longues, filiformes ou plutôt moniliformes. Le nombre des articles des tarses est extrêmement variable.
Les Staphylinides, insectes agiles, vivent dans les conditions les plus diverses : les uns, absolument carnassiers, ne se nourrissent que de proie vivante, ils chassent; d'autres fréquentent les bouses, les fumiers ; d'autres recherchent la chair corrompue, on les trouve sur les cadavres. Les Champignons sont la pâture d'une foule de petites espèces. Les bois pourris et tous les détritus végétaux et animaux sont également du goût d'im grand nombre de ces Coléoptères,
Les Staphylinides, avec leurs pattes et leurs antennes simples, sont manifestement inférieurs aux Silphides et surtout aux Scarabéides, sous le rapport de leur organisation ; mais leurs larves naissent à un degré de développement bien plus avancé que celles de ces derniers. En etfet, les larves des Staphylinides, en partie cuirassées, agiles, rappellent déjà les adultes non-seulement par les formes, mais aussi par les attitudes.
11 y a vingt-cinq ans, un entomologiste de Berlin, Erichson. décrivit^ dans un ouvrage spécial très-recommandable , tous les Staphylinides connus à cette époque, environ seize cents; depuis on en a ajouté un nombre peut-être plus considérable.
Les Staphylinides dont le labre est corné, le dernier anneau de l'abdomen rétractile , les élytres très-courtes, sont les plus grands. Dans le gem'e Staphylin nous comptons plusieurs espèces remarquables à divers titres. C'est d'abord le Staphylin odorant (Slaphylinus olens) , un Insecte tout noir, que l'on rencontre continuellement par les chemins. Animal carnassier, vivant uniquement de rapine, il a la hardiesse des êtres accoutumés à la lutte. Lorsqu'on l'inquiète, loin de chercher à fuir, très-souvent il s'arrête et prend une attitude menaçante. Bien campé sur ses pattes, il se redresse à la fois en avant et arrière, ouvre ses
/,96 LES MCTAMÛRPHOSES DKS INSECTES,
maudibnles courbées et acérées, pour mordre, en même temps qu'il exhale par l'extrémité de son abdomen une odeur ti'èspénétrante. La larve, également carnassière, ayant la tète et les
SlETAUORl'HUSES DU bïAl'UÏLliN UDORAM {Staphylmus oleus).
anneaux thoraciques cuirassés, les pattes longues, 1 abdomen ailénué vers le bout et muni d'un long appendice servant àlamarclic, est fort agile, rappelant d'une façon remarquable la démarche et les attitudes de l'adulte. Néanmoins elle se tient sous les pierres, dans les endroits cachés, et ne sort que la nuit. Elle hiverne, et, s'établissant au retour de la belle saison dans une cavité, elle
LKS Col.KOl'TICHKS. V,)7
so Iraiislbi'Die uu iiymidit'. (Icllc-ri, en oiilior d'iiii jaune liiis.iiii, porto inio couronne do poils au bord antôriour du px-othorax.
D'autres Staphylins rochorcliont les cliarognos, comnio le Stapliylin à grandes nuiclioiros (^Staphylimis maxillosus) , d'un iioirlM'illant, et on partie couvert d'un duvet cendré, comme lo Staphylin l)ourdon {Stophylimts hirlus), le plus grand de tous, ([ui est vêtu d'une puhosconc e noire, jaune, rousse, offrant une certaine ressend^lanco de coloration avec plusieurs do nos Hourdons.
Des Stapliylinines, dont lo corps est mince, presque linéaii'o, les Xautholins, fort abondants dans les bois humides, sous les feuilles tombées, les vieilles écorces, se nourrissent de [)roio vivante. La larve d'une espèce de ce genre, observée par M. Schiodte, vit sous les écorces et attaque des larves lignivores. Dans l'Amérique du Sud, on rencontre dans les mêmes conditions des Insectes voisins des Xautholins, les Sterculies, remarquables par leur grande tête et surtout par leurs couleurs éclatantes : bleues, violettes, vertes, dorées.
Un petit groupe de la même tribu (Oxyporites), caractérisé par des antennes un peu élai'gics et comprimées vers le bout, se compose de plusieurs genres qui méritent d'être signalés. Los Oxypores, à l'état de larves comme à l'état adulte, vivent dans les végétaux pourris, et surtout dans les Champignons. L'Oxypore roux [Oxyporus rufus) est d'une jolie teinte rougeàtre. Les Quédies so plaisent dans lo fumier; on y trouve aussi leurs larves, qui, assurent quelques observateurs, dévorent des larves de Diptères. Une espèce de plus grande taille que les précédentes, toute noire, avec le prothorax très-élargi, présentant du reste les caractères des (Juédies, le Velléie dilaté {Vellems dila- (alus), habite constamment les nids de Frelons (Vespa crabro), où, sans doute, elle mange les larves des grosses Guêpes.
Les Tachyporines constituent une immense légion. Les Tachines et les Tachypores, au corps très-atténué vers lo bout,
/tyb LliS MÉTAMUHFHOSES DES INSECTES.
rappellent la forme des Poissons. Ils se trouvent en abondance parmi les détritus végétaux humides, et dans les matières stercoraires. Les Aléocliares, caractérisées par leurs antennes insérées au devant du front, ont les mêmes mœurs, taudis que les Loméchuses sont les hôtes respectés des Fourmiliers.
Des Staphylinides, appartenant à la même division, découverts dans des nids de Termites du Brésil, se signalent par l'énorme développement de leur abdomen qu'ils portent relevé et recourbé au-dessus du thorax. Cette énorme distension de l'abdomen est due à un mode de gestation unique parmi les Coléoptères. Ces Insectes ne pondent pas d'œufs; vivipares, ils donnent naissance à des larves. Nous devons la connaissance de ce fait à M. Schiodte, qui a publié, en 1864, une très-intéressante étude de ces curieux Coléoptères. Ces Insectes, de la longueur de 2 à 3 millimètres, avec leur abdomen mou, doivent demeurer cachés. Il est à supposer que les poils de leur abdomen, comme ceux des Loméchuses, sont le siège d'une sécrétion qui est recherchée des Termites.
Citons encore, parmi les types de la famille des Staphylinides, les Pœdérines, dont le corps est allongé et le dernier anneau de l'abdomen extrêmement petit. Les Pœdères vivent seulement au bord des eaux , courant dans les endroits les plus mouillés. Ils ont des couleurs rouges et bleues très-vives. L'un des plus communs, le Pœdère dés rivages [Pœderus riparius), a les élytres bleues, le prothorax rouge, ainsi que les pattes et les quatre premiers anneaux de l'abdomen.
Les PsÉLAPHiDES, tout petits Coléoptères, lisses, luisants, fort apparentés aux Staphylinides, ont aussi des élytres courtes qui ne protègent pas l'abdomeu en entier. Remarquables par leurs antennes renflées à l'extrémité et leurs longs palpes, les Psélaphes et les Clavigères sont généralement les hôtes des fourmilières. Les premiers, très-agiles, se voient aussi sous les [)ierres,
LES COLÉUFTfcHES.
dans la mousse, etc., mais les seconds, observés eu 1818, par P. L. Millier, un professeur d'Erlauf^eu, oui a])solumeut besoin des soins des Fourmis.
STAPHYLINS VIVIPARES (d'après M. Scliiodte).
; Slelanllio. — 2. Sa larve. — 3, Spirachlhu Eurymedu
Il est une petite famille de Coléoptères où Ton compte au uombro des principaux représentants plusieurs espèces fort nuisibles aux matières animales que nous voulons conserver : c'est la famille des Dermestides. Ces Insectes, d'une taille toujours peu considérable et souvent très-minime, ont en général des couleurs grises, brunes, ternes ; leurs antennes sont courtes et terminées en une massue ordinairement très -forte; leurs mandibules, petites, ne font pas saillie au devant du labre.
Au moins dans leur [»remier état, les Dermestines vivent de
matières auimales; ils attaquent les pelleteries, les fourrures, les cuirs, les animaux conservés dans les collections, la chair desséchée des cadavres, etc. Plusieurs d'entre eux, transportés par les navires, se sont acclimatés et quelquefois singulièrement propagés, au grand dommage des habitants, à peu près dans toutes les parties du monde. Adultes, les Dermestines ont des i)attes grêles contractiles; sont-ils inquiétés, il les replient aussitôt contre le corps, ils font le mort. Larves, ce sont des Insectes revêtus d'un tégument mince, élastique, garni de poils disposés en bouquets, en faisceaux, en pinceaux d'ime extrême élégance. Ces larves, douées d'une certaine agilité, ont de petites pattes avec des tarses terminés par un simple crochet, une tête petite, avec les yeux ordinairement au nombre de six de chaque côté.
Les vrais Dermestes, très-reconuaissables à leur corps oblong et à leurs antennes de dix articles, dont les trois derniers forment la massue, se rencontrent dans les maisons, et surtout dans les magasins de denrées. Le type du genre, le Derraeste du lard [Dermestes lardarins), un Insecte noir, avec la base des élytres favivc et marquée de trois points obscurs, consomme peu de nourriture à l'état adulte, mais à l'état de larve, c'est autre chose. Cet Insecte, d'un brun noir, couvert de longs poils touffus disposés par séries assez régulières au bord de chaque zoonite, est un véritable fléau pour les fourrures, pour les peaux, etc. S'il mange du lard comme son nom l'indique, il mange également très-volontiers les peaux des Mammifères et des Oiseaux des musées d'histoire naturelle, et dans les magasins de fourrures il n'est pas moins redoutable.
Une autre espèce du genre, le Dermeste renard [Dermesles vulpinits), pour être répandue d'une manière un peu moins générale, n'en est pas moins quelquefois fort abondante. Elle se trouve dans les mêmes conditions que l'espèce précédente, et il y a vingt-cinq à trente ans, elle causa de si grands ravages
r.KS (;(iLK(»i'Ti':iti'.s. r,oi
à Londres, dans les magasins du poaux-, (jn'nnc rrcompenso do 20000 livres sterlinf^-, ra|)i)orte M. Westwood, fut proposée })Our un remède propre à la destruction de cet Insecte. Il est
. Mfî^.< i^^ . A '^^l^-ie. :^;y%,
XMOni'llOSES DU DERMESTE DU I.AHD ET DU DEIIMESTE RENARD [Dcrmestes lariarius c\ Pcrmesles vulimuis).
facile de faire péril" les Dermestes au moyen d'une évaporation de benzine, de sulfm'c de carbone, etc.; seulement il est nécessaire d'opérer à diverses reprises, et surtout 'dans le temps où les Insectes adultes éclosent, afin de les faire périr avant la ponte.
Un Dormestine de forme ovalaire, ayant des antennes de onze -arlides, et bien reconnaissablc à sa couleur noire, avec un point blanc au milieu de chaque élytre, est le type du genre Mégatome. Le Mégatome des pelleteries (Megaloma pellio) se trouve trèsfréquemment dans les maisons. Sa larve, d'un brun roux, couverte de longs poils lustrés, portant en ai'rière un pinceau figurant une sorte de i[ueue. dévore tont("s les fourrures et même les plumes.
De très-petites espèces au corps court, ramassé, presque globuleux, les Anthrèues, se voient fréquemment sur les fleurs pendant la belle saison. L'Anthrène des musées [Anthremis museorum), un Coléoptère long de 2 à 3 millimètres, noirâtre, orné de trois bandes transversales blanches ou grises sur les élytres, est la terreur des entomologistes. Sa larve, couverte de poils bruns et grisâtres disposés par petits faisceaux, attaque les collections d'Insectes et exerce dans un très-court espace de temps d'irréparables dégâts. Elle se tient cachée dans l'intérieur du corps qu'elle ronge, et ne se montre guère qu'à l'époque de sa métamorphose. La nymphe reste protégée par la peau de la larve.
Les Byrrhiues, qui se rattachent à la famille des Dermestides par l'ensemble de leur organisation, affectent une forme globuleuse. Comme les Dermestes, ils ont la faculté de replier leurs pattes et de contrefaire le mort pour échapper à l'ennemi, mais leurs jambes sont larges et comprimées, et cette forme caractérisfique trahit chez ces Insectes rhaltitud(> de fouir le sol.
Les Byrrhcs, qui portent des antennes grêles, avec une massue formée par les cinq derniers articles, se rencontrent sous les pierres, sous les mousses. Le Byrrhe pilule (Byrrluis pilula), dont le nom fait allusion à la forme ronde, n'est pas rare dans notre pays. Sa larve, trouvée dans la terre, sous des gazons, est assez molle, rose, un peu courbée, pourvue de pattes de médiocre longueur.
Une multitude de petits Insectes de formes assez divei'ses composent la tribu des Mycétophagines ; on les distingue des Dermestines et des Byrrhines à leurs pattes qui ne sont pas contractiles. Les Mycétophages, leur nom l'indique, vivent dans les Champignons. Ce sont de petits Coléoptères, au corps large, un peu déprimé, ayant souvent les élytres parées de taches ou de points jaunes ou rouges. Leurs larves ressemblent à celles des
f,Ks c.oLKoPTftRES. :.or>
DciiiK'sliiics, mais cllos s'en «lislingiient tlaiis Icui' appai-eiicc ^éiK'i-alo i)ar la rarotô de leurs poils.
Les llvDuoi'iiii.iDES, Insectes pour la plupart herbivores, eonforraés pour nager et pour vivre dans les eaux, ont des antennes courtes, insérées sous les bords latéraux de la tète, terminées par une massue formée des derniers articles, et de loiif-s palpes filiformes pendants. L'allongement remarquable de ces appendices avait fait attribuer autrefois aux llydrophilides le nom de Palpicornes.
Une des particidarités les plus notables de l'organisation de presque tous les représentants de cette famille, se trouve dans la jffésence, chez les femelles, de glandes abdominales produisant une sorte de matière soyeuse servant à la confection d'une coque destinée à loger les œufs. Ce qui est unique parmi les ('oléoptères, les llydrophilides femelles, dont l'extrémité de l'abdomen est pourvue de deux filières affectant la forme d'appendices cylindriques, se mettent à tisser, au moment de leur ponte, une coque d'un tissu assez serré, fournissant ainsi à leurs œufs une protection qui leur est sans doute bien utile dans les eaux toujoiu^s peuplées de nndtitudes d'animaux voraces.
Les larves des Hydrophilides sont généralement oblongues, avec une tête avancée, sans rétrécissement postérieur en forme de cou ; des mandibules grandes, courbées vers le haut, souvent dentées ; des antennes de trois ou quatre articles ; des plaques de consistance coriace sur les anneaux thoraciques; un abdomen plissé, avec le dernier anneau très-petit ; des pattes assez longues, avec les tarses ordinairement unguiculés. Ces larves, sans avoir l'agilité de celles des Dytiques, sont cependant fort actives; se nourrissant surtout de matière végétale, elles attaquent néanmoins des Insectes. Presque amphibies, on les voit assez souvent sortir de l'eau et marcher péniblement entre les herbes du rivage. Pour se transformer en nymphes, elles s'enfoncent dans
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la terre ou dans la vase, où elles se façonnent une loge en imprégnant les parois de leur salive.
Sans être très-nombreuse en espèces, la famille des Hydrophilides renferme plusieurs types bien caractérisés. Nous reconnaîtrons les Hydrophilines à leur corps ovalaire, à leurs mâchoires entièrement de consistance solide, à leurs tarses dont le premier article est beaucoup plus court que les suivants.
Les Hydrophiles proprement dits sont de gros Insectes de forme ovalaire, ayant des antennes de neuf articles dont les quatre derniers constituent la massue. Ils ont une longue pointe sternale aiguë dirigée en arrière, blessant la main qui saisit l'Insecte sans précaution. Il y a des Hydrophiles dans les diverses régions du monde ; un seul habite l'Europe, et c'est le plus grand, l'Hydrophile brun [Hydrophilus piceus). 11 est connu de tout le monde : long de plus de 6 centimètres, d'un noir olivâtre, nageant avec facilité à l'aide de ses pattes postérieures aplaties, ciliées, converties en rames, il figure très-bien dans les bocaux à Poissons rouges. On observe toujours avec intérêt la manière dont il vient respirer à la surface de l'eau ; c'est une manœuvre bien différente de celle du Dytique, qui a été minutieusement décrite par Lyonet. L'Hydrophile, de construction massive, ne saurait se maintenir à la surface de l'eau dans une position bien horizontale. Il sort de l'eau seulement l'extrémité de sa tête, et repliant contre le corps son antenne dont la massue est en partie canaliculée , il entraîne, en redescendant dans l'eau, une bulle d'air qui, par le secours de la pubescence des parties inférieures de l'Insecte, s'étend et chemine sur les côtés du thorax et de l'abdomen, et arrive ainsi jusqu'aux orifices respiratoires. L'Hydrophile n'est pas moins curieux à observer au moment de la ponte, lorsqu'il file son cocon. Accroché aux plantes aquatiques, la tête en bas, il émet ses œufs, et tout aussitôt, promenant ses filières à l'entour, il les enveloppe et façonne la coque en la fixant, soit à une feuille, soit à une