‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 71 sur 102 · I.F.S ('.(M.KdPTF.HES · texte numérisé non relu

I.F.S ('.(M.KdPTF.HES

ovigùres d'une physionomie ii.ii'liciilièi'c. (les cofiucs, lixécs uux plantes, sont lamelleuses. Les IJéroses (Berosus spinosus) ont des larves dont les anneaux de l'abdomen sont pourvus sur les cotés d'une paire de très-longs apitendices garnis d'une Une pubescencc servant à la natation, et fonctionnant aussi bien probablement à la manière de branchies.

D'autres Coléoptères se rattachant à la même famille par l'ensemble de leur confoi'mation en diffèrent par ipielques caractères et par les habitudes : ce sont les Splueridiines. Ceux-ci ont le corps globuleux, le lobe interne des mâchoires mend)raneux, et ils vivent, les uns aux bords des eaux, les autres dans les bouses. Comme les autres Ilydrophilides, ils enveloppent leui's œufs dans une capsule soyeuse, mais ils enfouissent cette coque, soit dans la terre humide, soit dans le fumier.

Les espèces du genre Cercyon, toutes de petite taille, se tiennent sur la vase. On trouve communément le Cercyon des rivages (Cercyon ////orafo). Sa larve, privée de pattes, est rampante; elle fouille la terre et se nourrit de petites larves de Diptères.

Les espèces du genre Sphéridie recherchent les fumiers. Le type, le Sphéridie scarabéoide (Sphœridium scarabœoides), petii Insecte long de 0 à 7 millimètres, arrondi, noir, avec les élytres orné<}s de deux taches d'un jaune rouge, fréquente les bouses de Vaches. Sa larve, bien étudiée par M. Schiodte, a de très-petites pattes sans tarses, mais sa marche est singulièrement aidée par des appendices placés sur les côtés de l'abdomen.

Les Dyticides ont une parenté extrêmement étroite avec les Carabides. Comme ceux-ci, ils ont le lobe externe de leurs mâchoires converti en un palpe articulé, des mandibules acérées, des pattes ayant cinq articles à tous leurs tarses, des antennes filiformes. La principale différence entre les Dyticides et les Carabides consiste dans des adaptations à des conditions de séjour. Les Dyticides, mieux que les Hydrophiles, sont conformés pour la vie aquatique; leiu' corps est large, souvent très-

plat, les pattes propices à la natation, les postérieures constituées en véritables rames. Au contraire, les Carabides, au corps svelte et aux longues pattes grêles, sont conformés pour la vie terrestre.

Les Dyticides vivent dans toutes les eaux dormantes et dans les petites rivières herbues dont le cours est peu rapide. Pourvus d'ailes très-amples, ils volent^ et fréquemment on les voit sortir de l'eau, et se porter d'une mare dans une autre. Malgré leur genre de vie spécial, ces Coléoptères, organisés comme les espèces terrestres, sont obligés, surtout pendant la saison chaude, de venir, à de courts intervalles, à la surface de l'eau, pour les besoins de leur respiration. Une disposition bien simple permet aux Dyticides de s'approvisionner d'air. Leurs stigmates, situés à la face dorsale de l'abdomen et protégés par les élytres qui embrassent exactement les côtés du corps, ne sont pas exposés au contact de l'eau. L'Insecte montant à la surface soulève ses élytres, l'expiration a lieu ; il les abaisse aussitôt que l'inspiration s'effectue, et une certaine quantité d'air se trouve retenue sous les élytres formant une sorte de voûte.

Les Dyticides sont exclusivement carnassiers; ils s'attaquent à tous les animaux aquatiques, qu'ils déchirent sans peine avec leurs puissantes mandibules. Les larves vivent comme les adultes, faisant une chasse incessante à une foule d'Insectes, à des Mollusques, à de jeunes Poissons. Ces larves, allongées, amincies en arrière, revêtues de téguments coriaces, sont véritablement cuirassées. Leur tête est large, leurs pièces buccales saillantes; leurs mandibules arquées sont perforées à l'extrémité, et ainsi propres à la succion ; leurs pattes, déjà longues, ont des tarses unguiculés. Les larves des Dyticides, douées d'une grande agilité, nagent avec aisance au moyen de leur al)domen flexible terminé par deux appendices souvent foliacés. Ces Insectes, pourvus de stigmates sur les côtés de tous les

LES COLÉOPTÈllKS. .MIO

zooiiites alxloiiiiiitiux, viennent cependant ivspirer en élevant à la surface de l'ean rextrémité de leur corps, où se trouve située, au voisinage de rorifice anal, la dernière paire de stigmates. Etant sur le point de se métamorphoser, elles sortent de l'eau, et vont s'enfoncer dans la vase ou dans le sable du rivage, s'y façonnent une celhde à lem- taille et se transformeut en nymphes.

Jusque dans ces derniers temps, les métamoriihoses n'avaient été observées que chez un très-petit nombre de Dyticides, mais les études récentes de M. Schiodte ont beaucoup accru nos connaissances sur ce sujet.

La famille des Dyticides est peu nombreuse, si on la compare à celle des Carabides. Ses espèces ont, en général, une distribution géographique très-éteudue; plusieurs se trouvent répandues dans tine grande partie du monde. (Vestlà un fait intéressant à noter : il [)rouve que sous des climats où les conditions d'existence sont foii différentes pour les espèces terrestres, ces mêmes conditions demeurent pres(jue semblables pour les espèces aquaticpies.

Dans la famille des Dyticides, il y a deux types bien tranchés, et par conséquent deux tribus : les Dyticines et Gyrines. Les premiers ont de longues antennes filiformes et des pattes antérieui'es assez courtes ; les seconds, de petites antennes épaisses dont le deuxième article est prolongé en manière d'oreillette, et les pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres.

Des espèces de la tribu des Dyticines ayant toujours cinq articles àleurs tarses, composent un premier groupe (Dyticites). Les vrais Dytiques, Insectes d'assez forte taille, ont le dernier article de leurs palpes aussi court que le précédent et leurs tarses postérieurs munis de deux crochets mobiles. Toutes les espèces du genre ont les mêmes mœurs.

Le Dytique bordé (Dyliscus marginalis) est abondant dans les

eaux stagnantes de toute l'Europe; il vit très-longtemps à l'état adulte, de sorte que certaines personnes prennent plaisir à le conserver dans des bocaux pour s'amuser de ses mouvements agiles, et de sa voracité, quand il se jette sur une proie. Le Dytique bordé est un gros Coléoptère, en dessus d'un brun verdâtx^e foncé avec une bordure jaunâtre, en dessous d'un ton fauve ferrugineux avec un liséré noir à chaque anneau de l'abdomen. Le mâle a les élytres lisses ; la femelle a les élytres cannelées. La femelle a les tarses antérieurs simples; le mâle a les trois premiers articles de ces mêmes tarses extrêmement élargis et garnis en dessous de nombreuses cupules ou plutôt de ventouses, deux assez grandes, les autres trèspetites. Voilà, entre les individus des deux sexes, des différences considérables dont le but est facile à comprendre. Ces Insectes s'unissent dans l'eau, tout en nageant : avec des tarses simples, jamais le mâle n'aurait eu la possibilité de retenir sa femelle, avec l'appareil dont ces appendices sont pourvus , il prend adhérence sans la moindre difficulté, et la femelle ayant des élytres cannelées , l'adhérence s'effectue d'une manière bien autrement efficace que si leur surface avait été lisse.

Le Dytique détruit une foule d'Insectes et de Mollusques et dans les ruisseaux comme dans les étangs. Quelquefois des Dytiques s'attaquent à des Grenouilles ; s'accrochant sur le dos de l'animal, ils en entaillent la peau avec leurs mandibules et se mettent à la ronger. La Grenouille toute saignante se débat en vain contre les morsures des Dytiques, elle finit toujours par succomber.

Les Dytiques laissent tomber leurs œufs au fond de l'eau; les jeunes larves naissent et grandissent rapidement, car leur voracité est extrême. Au terme de leur croissance, elles sont longues de près' de 5 centimètres, d'un gris jaune varié de brun. Leur tête, large et arrondie, porte de chaque côté six yeux disposés

l'ii deux si'i'ii's transversales; leurs pattes sont assez longues et garnies de cils ([ui facilitent la natation; les appendices qui terminent leur abdomen sont lancéolés et frangés, de façon à constituer de véritables rames.

c-^o/(oïy

\11K ANn-.ItlEUnE mi IiM'IUIIK 1!011DE mali Vue on dessous, pour montrer les ventouses du tarse.

On donne le noui de Cybisters à des Dytiques n'ayant qu'un seul crochet immobile aux tarses postérieurs. Leurs femelles ont les élytresnon pas cannelées, mais seulement striées. Le type du genre, le Cybister de Rœsel [Cyhister Rœselii) est assez commun dans toute l'Europe. Sa larve est dépourvue d'appendices natatoires à l'extrémité du corps.

Les Hydatiques, dont la taille est médiocre, sont les plus jolis des Dyticides ; leur corps, brun ou noir brillant, est orné de taches ou de bandes jaunâtres. De très-petits Dyticites, n'ayant que (piatre articles aux tarses, composent un groupe particulier (llydroporites). Les larves des Hydropores, moins allongées que celles des autres Dyticides, ont les pattes munies de longues^pines et l'extrémité de l'abdomen pourvue de trèslongs appendices.

Les Gyrinines sont des Coléoptères tout brillants que l'on voit pendant l'été nageant à la surface des eaux tranquilles, même sur les bassins des jardins, où ils décrivent des cercles

avec une étonnante i^apidité. Ce mouvement leur a valu leur nom scientifique de Gyrins (Gyrimis), comme leur nom vulgaire de Tourniquets. Leurs pattes du milieu et de derrière sont de larges rames, taudis que leurs pattes de devant, toujours fort longues, sci'vent de gouvernail. Ces Insectes, passant une grande partie de leur existence à la surface de l'eau, avaient besoin de voir en dessus et en dessous: soit pour échapper à des dangers divers, soit pour atteindre une proie, ou aérienne ou aquatique, la nature leur a donné quatre yeux. C'est du moins l'apparence ; mais la nature n'ajoute guère à l'un ce qu'elle refuse à tous les autres , une modification simple suffit pour atteindre le but. Les Gyrins, comme tous les autres Coléoptères, n'ont en réalité que deux yeux, seulement ces yeux sont divisés par le bord latéral de la tête, et par suite de cette division, il y a deux yeux qui voient en haut et deux yeux qui voient en bas. Les Gyrins disparaissent de la surface des eaux quand viennent les froids, et se cachent au fond, sous les pierres, entre les herbes ou même dans la vase. Leurs larves sont longues, extrêmement minces, blanches, avec les parties coriaces d'un ton jaune ; la tête petite; tous les anneaux de l'abdomen pourvus sur les côtés de longs appendices ciliés, semant à la natation et fonctionnant comme des branchies, et le dernier anneau muni de quatre crochets mobiles propres au saut. Ces larves, fort agiles, trèsvoraces, se dérobent à l'ennemi par les sauts brusques qu'elles exécutent.

Les animaux féroces de l'ordre des Coléoptères, les Cara- 151DE8, sont des carnassiers agiles, rapides à la course, possédant, dans leurs mandibules tranchantes, de puissantes armes de guerre.

Chez les Carabides, le corps est presque toujours dune forme élancée ; les antennes longues, cylindriques, comme des fils ; les pattes propres à la course, avec leurs tarses invariablement com-

LES CULÉUPTÈUES. VIS

l>osôs de ciiKi articles, minces, presque cyliiidricpies, ainsi (juil convient ponr des animaux qui courent à terre, mais ne grimpent pas ou ne grimpent ({ue dilTicilemont avec le secours de leurs crochets acéi'és. Mais c'est la conformation des mâchoires qui fournit le caractère le plus remar([uable. Ces pièces buccales portent deux palpes ; le lobe externe de la mâchoire étant converti en un véritable palpe divisé en deux ou trois articles, comme chez les Dyticides, qui sont les carnassiers aquatiques. Ce caractère, ne se retrouvant nulle part ailleurs, acquiert ainsi une importance considérable. Les mâles des Carabides ont les tarses de devant élargis; c'est pour retenir leurs femelles.

Les larves de ces Coléoptères ne sont pas moins carnassières ([ue les adultes ; la plupart d'entre elles s'emj)arent de leur proie à la com'se : aussi les voyons-nous solidement cuirassées; tête, amieaux du thorax et de l'abdomen revêtus de téguments de consistance coriace. Leurs mandibules arquées en forme de faux, ayant une grande dent à leur base, et chez certaines espèces d'autres dents longues et aiguës, donnent à ces parties l'aspect des plus terribles tenailles. Leurs mâchoires bilobées portent un seul palpe de quatre articles ; le lobe externe, destiné à être converti eu un palpe chez les adultes, ne consiste encore qu'en un petit appendice dentiforme. Leurs pattes, assez longues, se terminent ordinairement par un tarse de deux articles. L'extrémité de leur abdomen est munie le plus souvent, comme dans les Staphylinides, de deux appendices articulés et d'un tubercule inférieur servant à la marche.

Les Carabides sont en nombre immense par le monde ; dans plusieurs groupes, les genres admis par les entomologistes ne sont dilférenciés que par les plus faibles caractères, et souvent les espèces ne se distinguent les unes des autres que par des détails assez difficiles à saisir. On s'explique cette grande uniformité chez des Insectes dont les conditions biologiques sont à peu près semblables.

[^a familk' des Carabides a deux types principaux ; les Carabines et les Cicindéliues. Chez les premiers, le lobe des mâchoires est simple comme dans les autres Coléoptères, elles palpes labiaux sont aussi minces que les palpes maxillaires ; chez les seconds, le IoIr- des mâchoires se termine par un onglet articulé, et les palpes labiaux sont ordinairement plus épais que les maxillaires.

Le groupe le plus remarquable de la première tribu est celui des Carabes (Carabites), Insectes d'assez forte taille ayant leurs pulpes terminés en forme de hachette et les jambes antérieures sans échancrurc.

Les Carabes proprement dits ont un corps oblong, les élytrcs soudées sur la ligne médiane et emboîtant l'abdomen très-étroilement; les ailes manquent, les élytres ne doivent jamais ni (Mre écartées, ni être soulevées. Beaux Coléoptères, toujours ])rillunts, ([uelquefois parés de couleurs métalliques éclatantes, les Carabes, avec leur tète dégagée, leurs longues pattes, leur corps admirablement cuirassé, ont une vraie élégance, uiuallure hère, une apparence de distinction qu'on trouve ordinairement, du reste, chez les animaux carnassiers. Les Carabes, ('t ion en connaît aujourd'hui plusieurs centaines d'espèces, sont répandus en Europe, surtout dans l'Europe orientale, cl en Sibérie plus que partout ailleurs. Dans notre pays, l'es- |)èce la plus commune est le Carabe doré [Car abus auralus). Tout le monde le connaît ce Coléoptère d'un beau vert doré, ayant les pattes et les antennes roussâtres, les élytres poiiant, comme si elles avaient été sculptées, trois côtes arrondies. 11 court à travers les champs et même à travers les chemins, sans cesse en quête d'une proie, détruisant une foule d'animaux nuisibles aux cultures ; aussi est-ce avec bonheur que les gens des campagnes écrasent l'un des Insectes les plus utiles, que les cultivateurs animaient tant d'intérêt à voir multiplier.

Le Cai^abe doré, habituellement désigné sous les noms vulgaires de Jardinier et de Coulurière, mange des Chenilles, des

i.i':s (;oLÉoi>Ti';ni:s. vi:.

l.iiii.'RTS, atlaijiiaiil iiK'iiio des llamiotous, lualyrù Iciii' puids. Au iniidciii|is, (111 a (Hicl([ucfois l'occasion d'assister à une curieuse scène de carnage. Un Carabe saisit un [lanneton tonil)é à terre; avec SCS mandibules il lui entaille l'abdomen comme avec une paire do ciseaux, puis il tire les intestins et se met à les dévorer.

Le Hanneton continue à marcher, cliercliantà se soustraire à l'ennemi, mais l'ennemi ne le lâche point, et le malheurenx finit par rouler sur le dos.

Les larves du Carabe, d'un brun noir et luisant, sortent peu pendant le jour; elles se tiennent plus volontiers cachées sous des

r,l6 LES METAMORPHOSES DES INSECTES.

pierres, sous des mottes de terre ou dans des cavités. Elles chassent, du reste, comme les adultes.

Les autres Carabes ont absolument les mêmes habitudes; quelques espèces des Pyrénées sont vraiment magnifiques : le Carabe splendide (Carabus splendens), le Carabe rutilant [Carabus rulilans), le Carabe d'Espagne (C. hispanm).

Dans nos environs, on rencontre fréquemment un très-gros Carabe tout noir, devenu le type d'un genre particulier, le Procruste chagriné [Procrusles coriarius). En Grèce, en Turquie, dans l'Asie Mineure, vivent les plus gros Carabites, les Procères, dont les élytres sculptées sont tantôt noires, tantôt d'un beau bleu violet.

Au même groupe appartiennent les Calosomes. Ceux-ci ont le corps large et les élytres libres; ils portent des ailes, aussi non-seulement ils courent à merveille, mais encoi^e ils volent à ravir. Le type du genre, le Calosome sycopliante (Calosoma sycophanta) est peut-être le plus beau Coléoptère d'Europe, ou tout au moins l'un des plus beaux. 11 est d'un bleu violet foncé, avec les antennes et les pattes noires, les élytres d'un vert doré chatoyant, striées et ponctuées. Superbe par sa parure, il est également superbe dans son allure, lorsqu'il court sur les troncs des grands Chênes avec une iucx'oyable célérité.

Le Calosome sycophante est tout particulièrement avide des Chenilles processionnaires. C'est à ces chenilles qu'il fait une chasse active ; l'Insecte adulte et la larve se voient fréquemment ensemble, ainsi que nous les avons représentés ^ dévorant les chenilles, que leurs toiles tendues ne défendent pas contre les Calosomes.

La larve du Calosome sycophante, proportionnellement un peu plus lai-ge que celle des Carabes, ressemble, du reste, beaucoup à ces dernières. Au terme de sa croissance, elle s'en-

' Voyez pages 2/i2-2/!ii.

l>i:S COLHOPTKHES. 517

fonco dans la terre à une rail)lo profondeur, façonne une sorte de loge, et se transforme en nymphe. Cette dernière est garnie de petits bouquets de poils très-élégamment disposés.

Une autre espèce du genre {Calosoma inquisilor), beaucoup plus petite et de couleur bronze, se tient aussi sur les arbres des forets, où elle recherche différentes Chenilles.

Beaucoup de Carabides affectionnent les endroits humides et surtout le bord des eaux. Les Elaphrites, en général d'assez petite taille, se distinguent des Carabes par la présence d'une échancrure vers l'extrémité des jambes antérieures. 11 y a les Nébries, qui ont le cox'ps très-aplati ; les Elaphres, ({ui ont une tète petite avec de très-gros yeux, les antennes un peu épaissies vers le bout, un prothorax globuleux. Ces petits Coléoptères, à la démarche vive et agile, ordinairement d'un vert bronzé avec de gros points enfoncés sur leurs élytres, imitant une véritable ciselure, se trouvent au bord des mares et des étangs, souvent entre les herbes et les roseaux . L'Elaphre des rivages (jE'/apliriis ripariits), qui est très-commun, a sur ses élytres verdàtres et brillantes quatre séries de taches d'un rouge violacé. Les Omophrons, avec un corps presque hémisphérique, rappellent beaucoup l'aspect de certains Dyticides. Le type du genre, l'Omophron bordé (Omophron Umhalum), long de 7 à 8 millimètres, de couleur fauve avec trois bandes sinueuses vertes sur les élytres et une tache sm- bi trie et le prothorax de la même nuance, se trouve au bord des rivières. Sa larve, observée par Desmarest, a une tète énorme et le corps très-atténué en arrière.

Le groupe des Bembidionites, composé essentiellement du genre Bembidion, est caractérisé par les palpes dont le dernier article est petit et pointu. Charmants petits Coléoptères d'inie taille excédant rarement 4 ou 5 millimètres, lisses, brillants, ponctués, parés de couleurs variées et souvent très-vives, ils se plaisent dans les endroits humides, et particulièrement sur les rives vaseuses des mares et des étangs. En 1852, un auteur,

518 LES MCTAMOllPHOSES DES INSECTES.

Jacquolin-Duval, eu (''iiiiinL-ra cent vingt-cinq espèces recueillies seulement en Europe.

D'autres, tout aussi petits que les Benjbidionitcs (Tréchites), ayant le corps plat, le dernier article des palpes de la même longueur que le précédent, sont vraiment curieux par leur genre de vie. 11 y a les Anophthalmes, Insectes étiolés, pi-esque transparents, qui, vivant dans les cavernes, sont aveugles, leur nom l'indique; tandis que des espèces du genre résidant dans les parties des grottes où pénètre un peu de lumière possèdent des yeux imparfaits : M. Grenier a fait cette intéressante observation. 11 y a les Blemus et les /Epus ; les premiers sans armature aux tarses, les seconds avec une épine recourbée sous l'avant-dernier article. Le type du genre Blemus (Blemus areolalus), observé par Victor Audouin sur la côte de l'île de Noirmoutier, passe la plus grande partie de son existence sous l'eau à une grande profondeur ; on ne le trovive que lors des grandes marées, lorsque la mer se retire au loin. Il se tient sous des pierres, dans des anfractuosités, où une certaine quantité d'air demeure emprisonnée, et comme notre Insecte porte des poils rares, mais très-longs, il est probable qu'il retient aisément autour de son corps de petites bulles d'air suffisantes pour les besoins de sa respiration. Les /Epus vivent dans les mêmes conditions (yEpus fulvescens, etc.). La larve d'une espèce de ce genre, observée par Co([uerel, a une grosse tête comme les larves d'Omophrons [JEpus llobinii).

Les Panagéites sont des Carabides dont la tête est petite, les palpes élargis à l'extrémité, les jambes échancrées vers le milieu, poiu- fouiller le sol, les mandibules dentées. Le type du genre Panagée [Panagœus crux-major) est un joli petit Coléoi)tère, noir velu, ayant les élytres ornées d'une bordure et de deux bandes transversales d'un rouge ferrugineux très-vif. Cet Insecte s'enfonce babituellement dans la terre au pied des arbres.

On distingue les Chléniites, qui sont étroitement liés aux précédents, à leurs mandibules acérées. Les CUlénies, d'une taille

LES COLl'îOPTfcRES. âlO

inoyeiiiic, Irès-gôiiôralomcut d'une couleiu' vorlo ot revêtus (Viiiic fine i»ubescoiice, sont répandus clans presijue toutes les parties du monde. Le Chlénie velouté [Chlœnius velulinus), long d'une ([uinzaine de niillinjètres, d'un vert vif, avec une bordure ja^ne autour des élytres, se trouve parfois eu bandes nombreuses sur les bords des rivières, ce qui est du reste le séjour li;il)ilut"l de la plupart des espèces du genre.

Une immense suite d'espèces de la famille des Carabides constitue le groupe des Féroniites, le grand genre Féronie, où les articles des tarses, assez élai'gis, affectent une forme triangulaire. Insectes noirs ou bronzés, les espèces se ressemblent d'une façon désespérante pour les classificateurs. Ces Insectes errent dans les (■ham[)s, dans les endroits arides, rocailleux, et se réfugient sous les pierres. L'une des Féronies que l'on rencontre le plus souvent sur les cbemins est la Féi'onie cuivrée (Feronia cuprea, genre Pœcihis de divers auteurs), qui est, en effet, d'un vert cuivreux. A ce groupe des Féroniites se rattachent les Amares, i[\n se reconnaissent à leur corps court et assez large, à peu [irès ovalaire. Ceux-ci grimpent souvent après les Graminées, et l'on a constaté que parfois ils rongeaient les épis. Ce qui méi'ite d'être remarqué, c'est la forme des ai'ticles de leurs tarses, leur permettant de monter sur les végétaux. Les Zabres, beaucoup plus gros que les Amares, au corps oblong, massif, voûté, grimpent avec la même facilité, et l'on croit que l'espèce la plus commune, le Zabre bossu (Zabrus gibbus), Insecte d'un noir brun, dévore leâ jeunes pousses de blé.

Les llarpalites, comme les Féroniites, sont des Insectes d(^ taille moyenne, bi'onzés ou noirâtres, difficiles à distinguer les uns des autres, dont les habitudes ne présentent aucun intérêt particulier. Il est une esiièce de Ilarpale, le llarpale bronzé [Harpalusœneus) ([ne l'on rencontre à chaque pas, courant à teri'e sur les chemins et dans les champs. Malgré son abondance dans toute l'Europe tempérée, il n'a pas encore été étudié dans ses métamoi'phoses.

Les Scarites (groupe des Scaritites), qui atteignent souvent une forte taille, se font remarquer par leurs jambes antérieures élai^gies et comme palmées en dehors; particularité qui donne l'idée de mœurs dont les autres Carabides ne nous ont pas offert d'exemples. En effet, les Scarites, Insectes nocturnes du midi de l'Europe et des régions chaudes des autres parties du monde, ordinairement de couleur noire, habitent le bord des rivières et plus encore les i-ivages dé la mer. Pour se cacher, ils creusent le sable à l'aide de leurs jambes antérieures parfaitement appropriées à cet usage. En Provence, on rencontre sur les bords de la Méditerranée le Scarite géant (Scarites gigas), qui n'a pas moins de 4 centimètres de long. Chez cet Insecte, une tète forte, des mandibules longues, acérées, annoncent le carnassier au plus haut degré. Sous les climats froids ou tempérés de l'Europe, les Scaritites sont représentés par de très-petites espèces, dont les mandibules sont peu saillantes et les jambes antérieures pourvues de trois digitations. Ce sont les Clivines, qui ont aussi riialjitude de fouir dans le sable (Clivina arénaria).

Il nous faut citer certains Carabides particuliers aux contrées brûlantes de l'Afrique et de l'Asie, à cause de leurs formes remarquablement caractérisées, les Graphiptérites, chez lesquels le pj'otliorax est cordiforme et les élytres tronquées au bout.

Les Graphiptères, de taille médiocre, sont larges et aplatis ; mais les Anthies, de beaucoup plus belles proportions, avec leur corps oblong, convexe, leurs longues pattes, leurs fortes mandibules, Coléoptères noirs, souvent parés de lignes ou de taches formées par un duvet blanc, sont admirablement organisés pour la course et d'un port magnifique.

Les Brachinites, qui s'en rapprochent par leur conformation générale, n'ont pas cette fière allui'o. Plusieurs espèces de Brachines sont communes dans notre pays. Ces Insectes, qui se tiennent habituellement sous les pierres en troupes plus ou moins nombreuses, ont un moyen de défense vraiment singulier, qui

LES COI^KOPTÈRES. ;V2I

Iciii' est propri'. Sont-ils inquiétés, ils lanconl par rcxtrémité tlo leur corps, avec détonation, nnc vapeur qui les enveloppe comme (l'un nuage ou plutôt d'une fumée, llien de plus curieux, lorsque soulevant une pierre, on met à découvert une troupe do Bracliines; tous les individus, se hâtant de se dérober, commencent par lancer leur décharfj;e : on dirait ime suite de coups de feu. Ces Carabides ont dans leur abdomen une glande rameuse dont les branches aboutissent à un conduit commun. La glande est le siège de la séCTétion d'une liqueur extrêmement volatile. L'Insecte se mettant en défense, projette le liquide par la contraction de ses muscles abdominaux, et à peine au contact de Taii', le licpiide se volatilise en produisant une explosion énergique. Le nom vulgaire de Canonniers, aux Braohines, leur convient parfaitement. Beaucoup do noms spécifiques donnés à ces Insectes font allusion à leur étrange faculté. Nous avons le Brachinc crépitant [Brachinus crepitans), le Brachinc bombardier [B. bombarda), le Brachinc à explosions (B. explodens), le Brachinc pétard [B. sclopela), etc., etc.

•Nous avons encore une foule de petits Carabides dont les mœurs n'offrent aucun intérêt spécial : les Dromies au corps aplati, comme les Lébies, aux élytres larges, les Dryptes au prothorax étroit, les Odacanthes au corps grêle, délicat, types de groupes représentés par de nombreuses espèces.

Les Cicindélines constituent un ensemble inhniment moins considérable que les Carabines. Par les formes, ce sont les plus élégants des Coléoptères, et les nuances variées de la plupart des espèces les rendent tout à fait charmants ; aussi ont-ils bien des fois excité un vif intérêt chez les naturalistes. Ces Insectes ont de grandes mâchoires, de longs palpes, des mandibules dentelées et acérées, instruments de carnage des mieux construits ; ils ont des pattes longues et d'une extrême ténuité. Les Ciciudèles ont été nommées par Linné les Tigres dos Insectes : Tigrides Inseclorum.

522 LES MriTAMORPIIOSKS DES INSECTES.

Au printemps, sur tles chemins sal)lonneux, les jours où brille un beau soleil, c'est merveille de voir s'agiter la Cicindèle champêtre [Cicindela campeslris). La vie ne semble se manifester nulle part avec autant d'énergie. Les Cicindèles ravissent l'observateur, leurs mouvements d'une incroyable agilité éblouissent ses yeux. 11 faut considéi"er de près le gracieux Coléoptère qui abonde presque partout, dans les campagnes de l'Europe, dans les champs de l'Afrique et de l'Asie Mineure. L'animal, d'un ]>eau vert de mer, a sur la tète, sur le corselet, sur les bords des élytres, des teintes cuivrées qui au soleil semblent des marques de feu.

Les Cicindèles sont bien intéressantes dans leur état de hirves. Elles ont des particularités de structure, des haJjitudes, des ruses qu'on n'observe pas ailleurs. Dans les lieux mêmes où vivent les adultes vivent les larves. Les adultes possèdent réunis tous les avantages des animaux de proie. Puissamment armés, ils n'ont guère à craindre la résistance des Insectes destinés à être leurs victimes; couverts d'une enveloppe solide, ils n'ont point à redouter les blessures ; doués d'une merveilleuse agilité , ils échappent aisément à l'ennemi trop puissant pour lui résister. Larves, les Cicindèles ont toute la voracité de leurs parents : avec leurs téguments minces, elles pourraient facilement être déchirées ; avec un corps allongé et des pattes courtes, elles n{; sauraient fuir avec i-apidité; néanmoins ces êtres imparfaits savent atteindre leur proie sans s'exposer à de graves dangers. Us ont des pattes courtes, épaisses, épineuses, qui leur permettent de creuser le sol, une tête aplatie avec laquelle ils rejettent au loin la terre détachée ; munis de ces instruments, ils se construisent un tuyau vertical qui se courbe à une ceiiaine profondeur et devient une galerie horizontale. La larve de la Cicindèh; porte à chacun des anneaux de son corps une plaque de consistance coriace et au cinquième anneau de l'abdomen, plus, renflé que les autres, deux mamelons charnus pourvus d'un crochet

LKS C.OLÉOPTIÏRES. -,1^

couiiiiMMi av.uil. L'Insoclemoiitu dans son tron avec nue exlirnic facilité; par nn monvonicnt do contraction, il appnio la partie l'enflée de son corps contre la paroi, et se fixe solidement à l'aide de ses crochets. Le voilà blotti comme un ramoneur dans une

MÉTAMORPHOSES DE I.A CICINDÈLE CHAMPÊTRE Jlinndela cainpestris ] .

cheminée; avec sa tète susceptible de se plier en avant, il ferme l'entrée du tuyau, et dans cette attitude il attend avec une patience inébranlable qu'une Fourmi ou tout autre petit Insecte vienne à passer sur sa tète. Au premier contact, la larve de la (.'/uindèle descend précipitamment : le sol a manqué sous les pattes de la Fourmi ; tombée dans le précipice, elle est mangée par la larve carnassière, et celle-ci, son repas fini, remonte ù son poste pour recommencer son jeu de piège vivant. Au moment de

yih LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

se transformer en nymphe, l'Insecte mure l'orifice de son trou, et le voilà tranquille dans sa retraite.

11 y a un peu plus de cent ans, Geoffroy, l'auteur de l'Histoire (les Insectes des environs de Paris, a, le premier, signalé la larve (le lu Gicindèle champêtre ; elle a été ensuite étudiée au commencement de ce siècle par Desmarest^ et, depuis, de nombreux observateurs ont revu et souvent décrit les habitudes et les manœuvres de la larve de la Gicindèle la plus répandue en Europe et de quelques espèces voisines.

Une légion d'Insectes d'aspj3ct triste, souvent presque lugubre, compose la famille des Piméliides. Ge sont des Goléoptères faciles à distinguer de ceux dont nous nous sommes occupés jusqu'ici à une différence dans le nombre des articles de leurs tarses. Gbez tous les Piméliides, les tarses des pattes antéi'ieures et intermédiaires ont cinq articles, les tarses des pattes postérieures seulement quatre articles. Au temps où les Goléoptères étaient groupés par les naturalistes d'après le nombre des articles de leurs tarses, les Piméliides, avec les Gautharidides, étaient les Hétéromères. En général, les représentants de cette famille ont des téguments très-durs, une tète un peu enfoncée dans le thorax, des antennes à articles grenus ou sensiblement élargis.

Sous leur première forme, les PiméUides sont allongés, presque cylindriques, ayant tous les anneaux du corps presque entièrement revêtus de plaques de consistance coriace, le dernier portant deux crochets courbes et en dessous deux mamelons servant à la marche ; ils ont de petites antennes formées de quatre articles, des mandibules fortes ne faisant pas saillie au devant de la tète, des pattes assez courtes, terminées par un tarse dont l'apparence est celle d'un petit crochet. L'Insecte si connu sous le nom de Ver de farine peut être pris ici comme exemple.

A raison de quelques caractères, la famille des Piméliides doit être partagée en plusieurs tribus : les Piméliines, les Blapsines, les Ténébrionines, les Hélopiines.

LKS COLliuPTiaiES. .VJ.".

Los l'opirsoiitaiils des (rois prcinièrcs divisions, unies du reste [i;u' les al'linités les plus étroites, étaient désignés par Latreillc sous le nom commun de Mélasomes, (jui signifie : les Insectes au (•(irps noir. Eu ellet, la plupart des espèces sont d'un noir profond, les autres d'un gris terne, terreux.

Les Piméliiues ont luie forme ramassée, des mâchoires terminées par un onglet, des élytres soudées sur la ligne médiane, embrassant exactement les cotés du corps à la manière d'une carapace; les ailes manquent. Pourvus de longues pattes, les IMniéliincs sont essentiellement coureurs. Ces Coléoiitères sont nocturnes, leur coloration l'indique; ils craignent la lumière, et leurs yeux, toujours petits, suffiraient pour en témoigner. Ils iialjitent les contrées arides, les sables des déserts de l'Afrique, de l'Asie Mineure, des Kirghises, de la Sibérie, du Tucuman, du Pérou, du Chili, et surtout les sables des bords de la mer, vivant de détritus, de matières en décomposition végétales ou animales.

Les Pimélies, dont le corps est d'ordinaire fort élargi en arrière du prothorax et l'écusson bien distinct, ont les jambes antérieures plus ou moins élargies. Cet élargissement a un but : à l'aide de leurs jambes de devant, les Pimélies fouissent le sable, dans le([uel elles aiment à se cacher au moins pendant le jour. Sur nos côtes méditerranéennes, on trouve communément la Pimélic à deux points {Pimelia bipimclala) . Parfois on s'étonne de rencontrer des Pimélies dans des endroits où tout moyen d existence semble leur manquer; c'est ce qui nous arriva pendant une ascension du Stromboli. A une hauteur déjà assez considérable, des Pimélies d'une espèce particulière, jusque-là iuobservée [Pimelia Stromboliana), se trouvaient en abondance sur les cendi*es volcaniques.

A la tribu des Piméliiues se rattachent : les Erodies et les Zophosis au corps ramassé, les Tentyries aux formes grêles, les Akis au prothorax relevé sur les côtés. Insectes vivant à peu près dans les mêmes conditions que les Pimélies.

Les Blaps, ([ui donnent leiu' nom à leur groupe (tribu des Blapsines), privés d'ailes sous les élytres comme les Pimélies, se distinguant de ces dernières par l'extrémité de leurs palpes maxillaires en forme de hachette, sont des Insectes tout à fait lucifuges, d'assez forte taille, entièrement d'un noir profond, répandant autour d'eux une odeur puante. Se nourrissant de détritus végétaux et animaux, ils se tiennent dans les endroits humides les plus retirés et les plus sombres, les caves, les grottes, etc. Prescpic partout on on les remarque, les Blaps sont de la part des personnes ignorantes un sujet de sinistre augure. La seule espèce du genre qui se rencontre dans l'Europe centrale, un Coléoptère long d'une vingtaine de millimètres, ayant les élytres très-linement pointillées et terminées en pointe, a reçu des noms vulgaires qui témoignent de cette superstition : c'est le Blaps portemalheur, le Présage-mort, la Sorcière de la mort, etc. (Blaps morlisaga). L'innocent Insecte, qui, en réalité, ne présage riendu tout, a une larve jaune, luisante, plus large proportionnellement que le Ver de la farine.

Les Ténébrionines sont des espèces ailées de la ianiille des Piméliides. Le genre Ténébrion est représenté, chez nous, ])ar un Insecte au corps long et étroit, d'un brun noirâtre, que tout le monde connaît bien : c'est le Ténébrion de la farine (Tenebrio molilor), qu'en certains pays on appelle le Cafard.

Vivant de farine, de biscuit de mer, il s'établit dans les greniers, dans les moulins et surtout dans les boulangeries, cai'il aime une chaude température, et le voisinage du four semble lui être agréable. Sa larve, longue, cylindrique, d'un jaune fauve luisant, portant deux petits crochets à l'extrémité du corps, le Ver de farine enfin, ainsi qu'on la désigne vulgairement, passe son existence entière enfouie dans la farine et s'y façonne une loge })Our sa transformation en nymphe. Cet Insecte amène souvent (les pertes considérables dans les dépôts de farine, et les détenteurs ne sauraient trouver une compensation dans la vente des

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