‹ Métamorphoses moeurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 81 sur 102 · I.KS IIKMII>TI>UI':s. (ill · texte numérisé non relu

I.KS IIKMII>TI>UI':s. (ill

siii;oir, iilusiL'iirs autours oui vu deux types tlonlivs parmi les Ilémiptèros; copendaut tous ces luscctes étant liés par les alTinités naturelles les plus évidentes, l'expression de leurs i-elations demeure infiniment préférable, si l'on conserve dans son ensemble l'ordi'e des Hémiptères, en le partageant en deux sections : les Hétéroptères, où les ailes, coriaces dans leur moitié antérieure, sont transparentes dans le reste de leur étendue, où le suçoir naît de la partie inférieure de la tète ; les Flomoptères, où les ailes sont entièrement membraneuses, où le suçoir naît de la région frontale.

Dans la section des Hétéroptères, nous l'cconuaîtrons quatre familles : les Scutellérides, les Lygéides, les Réduviides et les Népides; quatre également dans la section des Homoptères : les Cicadides, les Fulgorides, les Apbidides et les Coccides.

Les ScuTELLiiuiDEs sont les Insectes auxquels s'applique particulièrement le nom de Punaises de bois. Ayant le corps court et large, ils se font surtout remarquer par l'énorme dimension de leur écusson. On distingue deux types principaux : les Scutellérites, chez lesquels l'écusson couvre tout le corps en arrière du prothorax, et les Pentatomites, dont l'écusson triangulaire n'en couvre qu'une partie.

^ Les premiers ont peu de représentants dans notre pays; ceux qui composent le genre Tetyra [Tetyra maura et T. hoUentota), Insectes d'un gris ou brun terne, sont parfois nuisibles aux céréales. Les espèces de l'Inde, des Philippines, desMoluques, etc., sont parées de couleurs métalliques ou de vives nuances.

Parmi les Pentatomites les plus communs, nous avons le Pentatome gris (Penlatoma grisea), que l'on renconti'c en groupes plus ou moins nombreux sur une infinité de plantes basses, que l'on voit aussi grimpant après les murailles; puis le Pentatome orné ou le Pentatome du Chou (P. ornata), de taille q-''^ un peu moindre, offrant sur tout son corps un mélange de noiijr^ ^ et de rouge. Des centaines d'individus se trouvant parfois ras- ^

semblés sur les Choux et les tiges d'autres Crucifères, devieunent fort nuisibles. L'odeur caractéristique de Punaise est trèsprononcée chez ces Hémiptères.

VMORPHOSES DU PENTATOUE GRl:

{Pentatoma grisea).

Les Lygéides ont une forme assez élancée et un écusson toujours assez petit. Ils offrent trois types principaux : les Lygéines, aux antennes insérées au-dessous des yeux, avec le dernier article

M':s IIÉMIPTÈRKS. f,13

Cil fuseau; les Mirines, distiacts par le deniier article des antennes très-grèle, et les Coréines, qui ont les antennes insérées sur la même ligue que les yeux, et les tarses pourvus entre leurs crochets de deux lamelles (pii n'existent pas chez les précédents. Parmi les Lygéines, il y a une espèce devenue le type du genre

l'astemme aptère

{Asiemma uptera).

Astemme (A. optera), caractérisé par l'absence d'ocelles, que l'on rencontre à chaque pas pendant l'été, dans les jardins comme dans la campagne; un Insecte noir et rouge, qui court à terre par les chemins et les avenues. Cet llémiptère offre une intéressante particularité : ses ailes sont d'ordinaire imparfaitement développées, leur partie membraneuse demeure rudimentaire. Quelquefois, cependant, il arrive au même degré de perfection

6i;, LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

que les autres Lygéines; nous en représentons un individu chez lequel les ailes sont complètes.

Les vrais Lygées ont des ocelles sur le front. En général, ils sont de couleur noire et rouge, ou d'une teinte plombée avec des espaces rouges rehaussés par des taches noires. Ces Insectes se tiennent habituellement en groupes, serrés les uns contre les autres sur les tiges des plantes (Lyyeus mililaris, L. equeslris, etc.).

Les Mirines, c'est la foule des Hémiptères les plus mignons, les plus élégants, les plus joliment peints de fraîches nuances, que l'on puisse imaginer. Les Miris et les Phytocoris voltigent et courent avec une étonnante prestesse sur tous les végétaux.

Les Coréines vivent sur les plantes comme les Lygéines, mais en demeurant d'ordinaire plus isolés. Le type du genre Corée est d'un brun uniforme, et comme son abdomen élargi déborde sur les cotés, on l'appelle le Corée bordé (Coreus marginalus) . Jeune, ses antennes paraissent énormes, et les dilatations de son abdomen, un peu festonnées et relevées, donnent à l'Insecte une physionomie assez étrange.

Les Réduviides constituent une grande famille, où l'on compte plusieurs formes nettement caractérisées. Ces Hémiptères se reconnaissent à leur tète rétrécie en arrière, de façon à figurer luie sorte de cou, et à leurs yenx globuleux très-saillants. La plupart des Réduviides sucent le sang des Animaux et même celui de l'Homme ; mais il en est de phytophages, qui, par l'ensemble de leur organisation, s'éloignent médiocrement des espèces carnassières. Nous distinguons dans cette famille : les Aradines, ayant une tête avancée, presque pointue; les Réduviiues, dont la tête, petite proportionnellement au volume du corps, est très-rétrécie en arrière ; les Hydrométriues, ayant seulement deux articles aux tarses, tandis qu'il y en a trois dans les autres divisions ; les Saldines, dont la tête, à peine rétrécie en arrière, porte de gros yeux très-proéminents.

Parmi les Aradines, nous avons les Tingis, tout petits Insectes

LES HÉMIPTÈRES. fi 15

«les plus chfiriiiiuits; leur corselet a des expansions latérales, et ces expansions, de môme que les élytres, sont admirablement réticulées : à la loupe, on croirait voir les plus jolies ciselures.

MÉTAMORPHOSES DU CORÉE BORDÉ [Coreiis marginatus).

les plus délicates broderies. Ces Hémiptères, ayant une nourriture végétale, deviennent parfois très-nuisibles dans les localités où ils se multiplient. C'est ainsi cpie le Tingis du Poirier [Tingis

Piri) cause souvent de graves préjudices dans les vergers. Les Arades, au corps aplati, aux antennes épaisses, vivent sous les écorces, où ils sucent d'autres Insectes. Le nom de Punaises (Cimex), qui s'appliquait pour les anciens auteurs à presque tous les Hémiptères hétéroptères, a été réservé aux espèces dont le corps est ovalaire, la tête peu rétrécie en arrière, les antennes minces vers le bout. Le type est connu de tout le monde, c'est la Punaise des lits (Cimex leclularius). Cet Insecte se nourrit exclusivement du sang de l'Homme. Qui ne connaît ses habitudes? Pendant le jour il se tient caché sous les tentures, dans les fissures des murailles, dans d'étroits interstices ; il sort la nuit pour chercher ses victimes, déployant un instinct surprenant. Des personnes éloignent leur lit des murailles, dans l'idée de se mettre à l'abri de visites trop intimes; les Punaises montent au plafond, et parvenues au-dessus des dormeurs, elles se laissent tomber : leur but est atteint. Elles déposent leurs œufs dans les endroits un peu cachés; les jeunes croissent avec plus ou moins de rapidité, suivant que les circonstances leur sont plus ou moins favorables. Ces Insectes n'ont que des rudiments d'ailes; adultes, ils représentent donc l'état de nymphe des autres Hémiptères : c'est ce qui est attesté par le nombre de leurs mues. On suppose que la Punaise des lits a été importée d'Amérique, et l'on assure qu'elle n'avait pas été vue en Angleterre avant le xvu" siècle ; à cet égard, la certitude est impossible à obtenir. On a décrit deux ou trois autres espèces de Punaises ; l'une d'elles se trouve dans les pigeonniers.

Les Réduviines, aux formes sveltes, ont beaucoup de représentants dans les régions chaudes du monde, mais peu d'espèces en Europe. Nous avons un Réduve assez singulier, qui vit dans les maisons malpropres: le Réduve masqué [Redmius personatus). A l'état de larve ou de nymphe, cet Insecte, en effet, est toujours masqué ; il se tient dans la poussière ; il en couvre son corps avec des filaments de toute sorte, et dissimule ainsi sa pi'ésence, tant

LES MILMIPïÈRES.

([ii'il (liMnoiuT innii()l)ili'. Il sm-c les Punaises des lits. Adulte, son amsi[ue est tombé ; il vole dans les campagnes, et revient dans les habitations pour y pondre. Sa pi([ûre est extrêmement douloureuse.

Les llydrométrines sont les iléduves a([uatiques. Sur les eaux stai^nantes, on aperçoit fré((uennnent, [)endant l'été, un Insecte

METAMORPHOSES DU RKOCVE UASQDK

{Reduvius personatus).

tout effilé, avec de longues pattes grêles, qui semble mesurer l'espace : c'est l'Hydromètre des étangs (Hydrometra slagnorum). Les Gerris, dont le corps est plus épais et les pattes de devant assez courtes, se pi'omènent sur l'eau de la même façon, et l'on a recueilli dans les mers équatoriales des espèces au corps trèsramassé, les Halobates, marchant sur les vagues avec la même facilité. Ces Insectes ont le corps garni en dessous d'une pubes-

ceuce très-serrée, qui retient une mince couche d'air; il no leur en faut pas davantage pour marcher sur les eaux avec une parfaite sécurité.

Les Népides, ou les Punaises d'eau, carnassiers comme les Réduves, se distinguent par leurs antennes très-courtes, cachées dans des cavités au-dessous des yeux, et par deux tiges à l'abdomen, constituant un siphon respiratoire. Nous en avons de plusieurs groupes. 11 y a les Népines, pourvus de pattes grêles, les antérieures ravisseuses, la jambe se repliant sous la cuisse comme chez les Mantides. C'est à l'aide de ces instruments que les Népines saisissent leur proie. Ces Insectes déposent leurs œufs par plaques sur les plantes aquatiques ou sur les pierres, et plusieurs d'entre eux les portent sur leur dos.. Les Ranatres ont le corps long et mince et de très-grandes pattes; les Nèpes, le corps assez large et tout plat. Les Bélostomes, les géants de l'ordre des Hémiptères, sont particuliers aux contrées les plus chaudes du monde. On en a découvert une espèce en Algérie.

Les Notonectines sout les. vrais nageurs de la famille des Népides; ils ont une grosse tète, des pattes antérieures courtes, des pattes postérieures en longues rames. On distingue les Corises, ayant des tarses antérieurs d'un seul article, qui nagent sur le ventre, et les Notonectes, ayant des tarses de deux articles et un corps très-convexe, qui nagent sur le dos. On les a nommés quelquefois les Punaises à avirons. Les Corises et Notonectes attachent leurs œufs sur les plantes aquatiques. Dans les lacs du Mexique, et particulièrement dans le lac Tezcuco, abondent une espèce de Notouecte et ime espèce de Corise, et à une époque de l'année les habitants du voisinage fauchent les herbes chargées des œufs de ces Insectes. Les œufs, détachés, sont convertis ensuite en une sorte de farine dont on fabrique des galettes ou du pain que l'on appelle, dans le pays, du nom de haulle, et que l'on vend sur les marchés de Mexico. Ce pain, assurent des voyageurs, n'est jtas désagr(''altle à manger, malgré une saveur de poisson assez

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prononcée. L'usage de cet iiliinent existait parmi les anciens Aztèques, il s'est transmis chez les nouveaux liabitants du Mexique. Sans transition bien manifeste on passe des Hémiptères hétéroi»tères aux llomoptères. I.esT-icAiiinF.s constitnent une famille (les mieux circonscrites et (l(>s mieux caractérisées, l*JUes diffèrent

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