LES NEI'IDES
entre elles si médiocrement, qu'on pourrait dire qu'elles appartiennent toutes au même genre : le genre Cigale (Cîcada). Dans l'Europe méridionale, les Cigales, célèbres depuis l'antiquité, sont connues de tout le monde. Dans le centre et dans le nord de l'Europe, elles n'existent pas, et le vulgaire donne volontiers leur nom à des Insectes d'un autre ordre, comme les Sauterelles. Les Cigales, dont la taille est généralement grande, ont un gros coi'ps,
de petites antennes de trois articles terminées par une soie grêle, des ocelles très-apparents, de gros yeux, des tarses de trois articles, et ce qui est bien plus frappant, de grandes plaques sous l'abdomen des mâles, recouvrant un appareil musical.
L'appareil du chant des Cigales est en effet fort remarquable ; il n'existe rien d'analogue ailleurs. C'est un appareil situé à la base de l'abdomen, qui consiste en deux cavités, recouvertes chacune séparément par une sorte de volet susceptible de se soulever et de s'abaisser. A l'intérieur, les deux loges, séparées par une cloison, offrent en avant une membrane molle; en arrière, une membrane mince, tendue, que l'on nomme le miroir; de chaque côté, une membrane plissée, appelée la timbale, adhérente à une pièce triangulaire de consistance solide. Des muscles puissants attachés à cette pièce mettent les timbales en vibration. Le son se produit dans la cavité, et résonne avec plus ou moins de force, suivant que les volets s'élèvent ou s'abaissent. Les Cigales femelles sont muettes; elles ont un appareil musical rudimentaire. Le chant des Cigales, rauque, désagréable, plaisait beaucoup aux Grecs, si l'on en croit leurs écrivains, et surtout leurs poètes. Dans la patrie d'Homère et de Platon, des amateurs prenaient plaisii' à conserver de ces Lisectes en cage, ainsi qu'on le fait encore aujourd'hui en Chine. La vie des Cigales offre im médiocre intérêt : quand on cbante, on ne travaille pas. Cependant il est curieux de voir les femelles opérer le dépôt de leurs œufs. Pourvues d'une sorte de scie, elles agissent à peu près à la façon des Tenthrédides ; sur les troncs ou les branches, à l'aide de leur tarière, elles pratiquent des entailles et mettent un œuf dans chaque fente. La tarière, en effet, se compose de deux valves et de deux stylets dentelés extérieurement, unis à une pièce médiane aiguë. Les métamorphoses des Cigales, un peu plus considérables que celles des autres Hémiptères, sont analogues à celles des Libellulides. Les larves, à peine nées, descendent au pied de l'arbre et s'en-
MÉTAMOHl'HOSKS DE LA CIGALE DU FRÊNE
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roucoul dans lu toirc pour sucer les racines. Elles ont une l'orme un peu différente de celle des adultes ; des pattes épineuses, avec les cuisses ti'ès-reuflées, sont les instruments qui leur permettent de fouir dans la terre. A un moment, les nymphes sortent de terre et s'accrochent au tronc, ou aux i)lantes du voisinage. Après im temps d'immobilité assez court, leur peau, ([ui s'est desséchée, se fend sur le dos, et l'Insecte parfait, quittant cette dépouille, grimpe sur les arbres.
Dans nos départements méridionaux, sur les Frênes et les Oliviers, on trouve la Cigale du Frêne [Cicada Fraxini) et la Cigale de \Ovne [Cicada Orni). Ces deux espèces ont été prises quelquefois dans la forêt de P'ontainebleau. Nos Cigales indigènes ont des ailes transparentes, incolores; mais, parmi les espèces de l'Inde, des îles de la Soude et de l'Afrique australe, il en est dont les ailes sont magnifiquement colorées. v/
C'est une immense famille par le nombre que celle des Fulgo- RiDES. Les espèces, assez peu nombreuses en Europe, existent en foule dans les régions chaudes du monde. Insectes très-jolis en général, par leurs couleurs vives et infiniment variées, on ne saurait jamais les confondre avec les Cicadides, car ils ne possèdent point d'appareil musical. Cette famille a plusieurs types bien caractérisés. Les Fulgorines ont les antennes insérées dans des fossettes au-dessous des yeux. Chez les vrais Fulgores, Insectes de grande taille, le front est prolongé en une sorte de vessie fort longue et aussi large que la tête. Dans la nuit, cette partie s'illumine d'une vive clarté. A la Guyane et au Brésil, le voyageur qui s'est emparé d'un Fulgore porte-lanterne se réjouit à la vue de la magnifique lueur qu'il répand. Madame Sibylle de Mériau a raconté comment, une belle nuit, elle avait été effrayée en ou\Tant une boîte où plusieurs Porte-lanterne avaient été logés pendant le jour; elle ne s'attendait pas à voir une illumination, y
D'autres Fulgores (genre Pyrops) ont le front prolongé en
une sorte de tube. A la Chine, vit le Fulgore porte-chandelle ^ (Pyrops candelaria), qui est d'un jaune fauve avec les ailes ornées de bandes vcrdàtres tachetées de noir.
LE FULUORE PORTE-I.ANTERNE
Des Fulgoinnes, sans prolongement frontal, tels que les Fiâtes, les Lystras, les Phénax de l'Améi'ique du Sud, n'émett&nt aucune lumière, mais ils sécrètent à la surface et, surtout à