‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 13 sur 61 · SPHINX DO TBOENE VU EN DESSOUS · texte numérisé non relu

SPHINX DO TBOENE VU EN DESSOUS

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puisqu'elle signifie les Lépidoptères aux antennes de toutes les formes. D'autres noms ont été tirés d'une particularité plus importante. Chez les Diurnes, les ailes postérieures ne sont retenues en aucune façon aux ailes antérieures; leurs mouvements sont indépendants. Chez tous les autres, à peu d'exceptions près, les ailes postérieures sont attachées aux ailes antérieures au moyen d'un frein. Cette différence a conduit à donner à la première grande division lo nom d' Achalinoplères (ailes sans frein), et à la seconde celui de Chalinoptères (ailes pourvues d'un frein).

Rien de plus simple que ce petit appareil. C'est une portion

de la nervure costale de l'aile postérieure qui s'isole sous la forme d'un crin très-roide, et s'engage dans un petit anneau de l'aile antérieure qui repose sur la grosse nervure costale.

Tous les Lépidoptères, uu peu abondamment répandus dans notre pays, portent des noms qui appartiennent à la langue française. Ces noms, probablement d'une origine assez ancienne, ont été consacrés par les naturalistes du dernier siècle. Geoffroy, auteur d'une Histoire des Insectes des environs de Paris, publiée il y a un peu plus de cent ans, les a presque tous enregistrés. Uuelques années après, un moine de l'ordre des Augustins, Engramelle, a ('gaiement désigné par leurs noms vulgaires les Papillons d'Europe, dessinés par Ernst, un peintre allemand, dont les planches sont encore citées dans les ouvrages spéciaux.

LES LÉPIDOPTÈRES AUX AILES DÉPOURVUES DE FREIN (Achalinoptères).

C'est ici que l'élégance des formes, que toutes les splendeurs du coloris apparaissent comme dans une suprême manifestation. Les ailes des Papillons de jour, ordinairement d'une extrême ampleur, offrent tous les contours imaginables. Nous voyons des ailes dont les bords sont gracieusement arrondis, des ailes dont le bord postérieur porte un prolongement tantôt court et élargi, tantôt grêle et allongé, sorte de queue donnant à l'animal un port vraiment majestueux.

Les Lépidoptères diurnes, toujours remarqués même des plus ignorants, ont reçu une infinité d'appellations vulgaires. N'y a-t-il pas les Porte-queue, ceux que Linné avait appelés les Chevaliers (Equités)"? Le naturaliste suédois, souvent animé d'un sentiment poétique, ne distinguait-il pas les Chevaliers troyens

et les Chevaliers grecs? N'y a-t-il pas les Parnassiens, les Argus, les Svlvains, les Satyres, etc. ? Linné n'a-t-il pas nommé les Lépidoptères diurnes aux teintes sombres les Papillons plébéiens ruricoles et les Papillons plébéiens urbicoles?

Les beaux Lépidoptères que les naturalistes ont longtemps

PORTION TERMINALE DE 1. ANTENNE DANS DIVERS GENRES. Papillon Machaon. — 2. Arçrynne Grainl-Nacré. — 3. Thécla W blanc. — i. Hespéric sylvaii

appelé les Diurnes, et que tout le monde appelle les Papillons de jour, n'ayant point les ailes postérieures retenues aux ailes antérieures, ont un vol très-saccadé. Au repos, leurs ailes se redressent contre le corps, ne laissant plus voir que \e\iv face inférieure. Ces Insectes n'emploient leurs pattes grêles, insuffisantes pour la marche, qu'à se poser, Les tarses ont d'admirables

LES LEPIDOPTERES. 173

petites griffes presque imperceptibles à la vue simple. Ces griffes étant diversement construites suivant les types, on ne saurait douter qu'il n'y ait des griffes disposées pour prendre adhérence sur certains végétaux, d'autres conformées pour se fixer sur d'autres végétaux. De petites particularités dans les habitudes de nos Lépidoptères restent encore à observer.

Toutes les espèces ont des antennes qui se terminent par une massue, tantôt grêle, tantôt très-grosse, arrondie ou aplatie. Les différences que présentent ces appendices servent souvent à caractériser certains groupes.

Ces Insectes semblent devoir être partagés en quatre grandes familles, les Papilionides , les Nymphalides, les Erycinides, les Hespériides; auxquelles il convient peut-être d'en ajouter une cinquième, comprenant un fort petit nombre d'espèces de l'Amérique du Sud, des Moluques et des îles de la Sonde, les Cydimonides.

Les Papilionides sont caractérisés par des pattes antérieures bien développées, par des palpes entièrement garnis d'écaillés et si courts, qu'ils ne dépassent pas les yeux, par des antennes terminées en une massue allongée. Cette famille renferme plusieurs genres dont les espèces, abondamment répandues en Europe, attirent l'attention de tous ceux qui, pendant l'été, se promènent dans les campagnes. C'est le Flambé et le Machaon, nos représentants du genre Papillon proprement dit ; ce sont les Papillons blancs ou les Piérides ; les Coliades, que vulgairement on nomme le Souci, le Soufre, le Citron.

Les espèces du genre Papillon, disséminées par la terre entière, peuvent compter parmi les plus beaux ornements de la création animée. Passer la revue de ces espèces dans la collection de notre Muséum d'histoire naturelle, c'est se procurer le spectacle de toutes les élégances imaginables dans les formes, de toutes les merveilles du coloris. Nulle part, en effet, on ne trouverait des ailes mieux découpées. Le prolongement que

nu LES METAMORPHOSES DES INSECTES.

portent les ailes postérieures, figurant parfois une longue traîne, donne à tout l'animal un air de haute distinction. Sur les ailes de ces Insectes souvent ce sont d'éclatantes couleurs. plus souvent de ravissantes nuances, parfois de délicieux effets de I ransparence. Les teintes sont-elles modestes, ces teintes sont si agréablement mélangées, qu'elles produisent toujours un charmant effet.

Trois espèces de Papillons porte-queue vivent en France : le Flambé (Papilio podalxrius), répandu dans toute l'Europe tempérée et méridionale, le nord de l'Afrique et l'Asie Mineure; l'Alexanor (Papilio alexanor), qui habite nos départements des Hautes et Basses-Alpes, et enfin le Machaon [Papilio machaon), le plus commun, qui vit dans toute l'Europe, dans le nord de l'Asie jusqu'aux montagnes de Cachemire et dans le nord de l'Afrique.

11 est le plus commun, nous le prenons pour type du genre. Inutile de le décrire, il n'est personne qui ne l'ait vu voler dans les champs, où il se pose sur les Ombellifères, sur les Luzernes ou les Trèfles fleuris; personne qui n'ait remarqué sa grande taille, ses ailes jaunes rayées et tachetées de noir, ses ailes postérieures ornées d'une rangée de taches ocellées d'un bleu tendre. Le Machaon paraît une première fois, dans l'année, au mois de mai, une seconde fois au mois de juillet.

Sur les Ombellifères, et particulièrement sur le Fenouil et la Carotte, se montre, pendant les mois de juin -et de septembre, une bien belle chenille, longue de 4 à 5 centimètres : c'est la chenille du Machaon. D'une couleur générale verte de la plus grande fraîcheur, elle a pour ornements des anneaux d'un noir de velours et de gros points d'un rouge fauve.

La chenille est-elle au repos, rongeant sa plante hors de toute inquiétude . rien de remarquable ne la distingue des autres chenilles; mais vient-elle à être touchée, que, soudain, elle fait saillir entre la tête et le premier anneau un tentacule fourchu

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