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LES HYMÉNOPTÈRES PRODUCTEURS DE GALLES

(Cynipsides).

Les Hyménoptères qui produisent des galles sur les végétaux, appelés par Latreille les Gallicoles, forment un groupe à part. Ce sont de très-petits Insectes parfaitement caractérisés, déterminant sur une infinité de plantes des excroissances volumineuses bien connues sous les noms de galles, de noix de galle, de pommes de Chêne, etc. Ces productions bizarres n'échappent à l'attention de personne, mais les êtres qui se sont développés à l'intérieur de ces excroissances, et qui les ont quittées aussitôt arrivés à l'état adulte, échappent pour ainsi dire à tous les yeux. Un Insecte ailé dont le corps mesure 2 ou 3 millimètres de longueur n'est pas toujours facile à apercevoir, et moins encore à saisir dans la foule des Moucherons de toute nature.

Ces petits Hyménoptères appartiennent à une seule famille, la famille des Cynipsides, qui comprend le genre Cynips et quelques formes voisines.

Les Cynipsides ont un corps oblong, très- convexe, avec l'abdomen attaché au thorax par un mince pédicule, et ressemblant ainsi, dans sa portion basilaire, à une clochette. Mais un des traits les plus curieux de leur organisation, c'est la tarière des femelles. Cet instrument, fort long et des plus déliés, est coutourné pendant le repos, et logé en entier dans une rainure de l'abdomen. Par le jeu des muscles, il est étendu au moment où l'Insecte pratique une incision sur une plante.

Dès le printemps et pendant l'été, les Cynipsides sont répandus partout. Au moment de la ponte, les femelles explorent les végétaux à leur convenance, choisissent un endroit favorable, et de leur longue tarière piquent une tige ou une feuille,

el dans la plaie déposent un œuf, quelquefois un assez grand nombre d'œufs. En piquant le végétal, l'animal verse certainement dans la plaie un liquide occasionnant une excitation qui amène le développement de l'excroissance. 11 y a une infinité de plantes attaquées où chaque espèce de Cynips détermine une galle d'une forme caractéristique. Beaucoup de ces productions ont été décrites. MM. Ilartig, Westwood, Giraud, etc., en ont signalé de très-curieuses, mais ici nous ne pouvons que choisir quelques exemples.

Les Chênes nourrissent diverses espèces de Cynips ; ni leurs feuilles, ni les pédicules de leurs feuilles, ni leurs tiges, ni leurs racines, ne sont épargnés.

Lorsqu'on se promène à la fin de l'été, et surtout à l'automne, dans une forêt, l'attention est souvent éveillée par le nombre des corps arrondis attachés aux feuilles de Chêne, les uns tout petits, les autres assez gros : ce sont des galles produites par des Cynips. Volontiers on les prendrait pour des fruits. Ce sont, en miniature, des pommes vertes et rouges; aussi les nomme-t-on vulgairement des pommes de Chêne. Les grosses sont toujours placées à la base des feuilles. A l'intérieur, il n'existe qu'une loge dans laquelle vit une seule larve. Elle y demeure engourdie pendant l'hiver, et se transforme en nymphe au printemps. L'Insecte adulte éclos dans cette étroite cellule est obligé, pour en sortir, de se frayer un passage en rongeant le tissu avec ses mandibules. C'est le Cynips des baies de Chêne (Ctjnips Quercûs baccarum), dont le corps est entièrement d'un brun clair.

Les petites galles qui existent souvent en quantité à la face inférieure d'une feuille appartiennent à une autre espèce : le Cynips des feuilles (Cynips Querciîs folii).

Dès le printemps, on trouve quelquefois des branches de Chêne chargées d'énormes nodosités un peu irrégulières, dont la surface est lisse, de couleur verte, tendre, passant au rouge en certains endroits. 11 est ordinaire que plusieurs de ces galles, sur

LES GALLES DU GYNIPS TERMINAL - , tcrmimli,).

une même tige, soient continues les unes aux autres. Bien différentes des galles de feuilles, elles offrent au centre douze à quinze cellules, ou même davantage, qui sont les logements d'autant de larves. LesCynips éclosent au milieu de l'été, et il semble probable que l'espèce a deux générations annuelles. On l'a nommée, à raison de la coloration de la femelle, le Cynips terminal (Cynips lerminalis). Les deux sexes diffèrent beaucoup entre eux : le mâle,

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