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LE PHYLLIE FEUILLE-SÈCHE

(Phyltium Itcçifoltimy.

LES ORTHOPTERES. .">77

gues et les ailes postérieures fort amples; les femelles ont les antennes très-courtes et les ailes antérieures seules très-développées ; dans les deux sexes, les pattes offrent des dilatations foliacées et épineuses tout à fait bizarres. Plusieurs fois la Phyllie feuille-sèche de Y\nde(Plujllium siccifolium) a été apportée vivante en Europe. Nous avons fait représenter le jeune et la femelle d'après des individus qui ont excité la curiosité des visiteurs du Jardin d'acclimatation du Bois de Boulogne, et que le directeur de cet établissement a bien voulu mettre à notre disposition. Les Phasmides sont nombreux dans toutes les régions intertropicales, mais leurs espèces sont surtout multipliées en Australie. Sur cette terre, habitent les espèces les plus grandes que l'on connaisse, les plus joliment colorées, les plus étranges par les formes.

Tous les Orthoptères que nous venons de signaler étaient autrefois réputés les Marcheurs, et ceux dont nous allons nous occuper, les Sauleurs. 11 y a, eu effet, peu d'exceptions de part et d'autre.

Les Locustides, ce sont les Sauterelles, mais seulement, qu'on y fasse attention, les vraies Sauterelles, c'est-à-dire les Orthoptères ayant les cuisses postérieures renflées, propres au saut, les tarses composés de quatre articles, les antennes très-longues, l'abdomen terminé par une paire d'appendices articulés et pourvu, chez les femelles, d'une grande et robuste tarière dont la forme rappelle un sabre ou un yatagan.

Chez la plupart des Sauterelles, les organes du vol sont bien développés, les ailes antérieures ou élytres sont longues, les ailes postérieures fort amples. 11 est des espèces où ces organes demeurent toujours à l'état rudimentaire. Mais, dans tous les cas, les ailes de la première paire, chez les mâles, offrent une disposition des plus curieuses, qui les convertit en instruments de musique. A la base des élytres, les nervures, diversement contournées et toujours très-élevées , laissent entre elles un espace plus ou moins grand, occupé par une mince membrane transparente bien tendue, que l'on nomme le miroir. L'animal, soulevant un peu ses

ailes, les frotte-t-il avec force et rapidité, l'une sur l'autre, qu'un son se manifeste, rendu intense par la membrane mise en vibration. Ainsi est produite la stridulation aiguë, pénétrante, des mâles qui, le soir, appellent leurs femelles, et sans doute les charment par leur chant.

Les Locustides, qui volent assez facilement, malgré leur corps lourd, marchent péniblement à cause de la disproportion qui existe entre leurs pattes de devant et leurs pattes de derrière. C'est par des sauts répétés qu'ils se portent d'un point à un autre. Le mode d'exécution est simple : les jambes, mues par des muscles très-volumineux logés dans les cuisses, forment avec ces dernières arc-boutant pendant la contraction musculaire ; la contraction venant à cesser, les cuisses se redressent subitement sur les jambes, et le corps de l'animal est projeté en l'air. 11 faut ajouter que des rangs d'épines garnissant les jambes assurent encore la fixité du point d'appui.

Les Locustides font usage de leur tarière, ou oviscapte, pour entailler le sol et y enfouir leurs œufs. Cette ponte a été plusieurs fois observée pour nos espèces indigènes, et de vieux auteurs ont représenté des Sauterelles dans l'attitude qu'elles prennent en accomplissant cet acte important de leur vie. Tous les Locustides vivent à peu près dans les mêmes conditions, mais pour effectuer leur ponte, ils n'agissent pas tous de la même façon; si l'observation directe manque, les formes et les dimensions variées de la tarière, selon les espèces, nous en fournissent la certitude, bien que personne ne paraisse y avoir encore songé.

Les vraies Sauterelles (Locusta) portent sur le Iront une éminence tuberculiforme et possèdent des élytres plus longues que les ailes postérieures. Le type du genre, la grande Sauterelle verte (Locusla viridissima), «pie les habitants du centre et du nord de l'Europe qualifient si improprement île Cigale, est bien connue de tout le monde.

On distingue, sons le nom de Hectiques, des Sauterelles chez

MÉTAMOIU'UOSES DE LA SAUTERELLE VERTE

lesquelles le front, large et bombé, n'offre aucune éminence. Plusieurs espèces de ce genre sont communes clans notre pays ; elles ont leurs ailes tachetées de brun : tel le Dectique rongeverrues [Becticus verrucivorus), ainsi nommé parce que cet Insecte, qui mord volontiers ce qu'on lui présente avec ses fortes mandibules, était souvent pris par les gens de la campagne pour mordre et détruire les verrues qu'ils avaient aux mains.

I:\IUIIT1STE PORTE-SELLE, MALE ET FEMELLE ( Barbitistes ephippijer).

Sous le nom de Barbitistes, les naturalistes désignent les Locustides dont les ailes rudimentaires affectent la forme d'écaillés. L'espèce la plus répandue, le Barbitiste porte-selle {Barbitistes ephippiger), est quelquefois nuisible aux vignobles.

Qui n'a vu le Grillon des champs, le Grillon domestique? qui ne connaît aussi le Taupe-Grillon ? Les Grillons et les Taupes- Grillons ou Courtilières sont les types de la famille des Gryllides.

Ces Insectes ont de grands rapports avec les Sauterelles, et cependant leur aspect est bien différent. Les Gryllides sont des Insectes nocturnes, de couleurs sombres, brunes, grises; les Locustides, des Insectes qui aiment la lumière, tout en se plaisant à faire entendre leur cri d'amour pendant les chaudes soirées.

Comme les Sauterelles, les Gryllides portent de longues antennes minces; ils ont de même des pattes propres au saut, sou-

lement il n'y a d'ordinaire que trois articles à tous les tarses. Les élytres des mâles ont un très-large appareil musical; chez les femelles, il existe une tarière longue, mais très-frêle.

Dans cette famille, nous comptons deux types principaux : les Gryllines, où les pattes de devant sont simples, et les Gryllotalpines, où les jambes antérieures sont palmées. Pour une foule de gens, les Grillons sont tout simplement les Cri-cris, car ces Insectes, que l'on ne voit pas dans le jour, s'annoncent la nuit dans les champs et dans les maisons par la stridulation des mâles. Les Grillons sont, au reste, en tout autre temps que celui de la pariade, de véritables solitaires. Chaque individu creuse un trou, se cache dans son terrier , ne sort de sa retraite que pour des excursions nocturnes. Il en est ainsi de notre Grillon des champs (Gryllus campestris), que les enfants de la campagne réussissent à prendre dans son trou en lui faisant mordre un fétu de paille. Le Grillon domestique (Gryllus domeslicus), plus petit, d'un jaune gris, avec quelques marques brunes, se tient dans les crevasses des vieilles murailles ou des vieilles cheminées. 11 est frileux, il cherche les endroits chauds et les endroits où il trouvera de1 la nourriture. Dans les villes, c'est dans les boulangeries qu'on l'entend, là où il peut trouver du pain à discrétion; dans la campagne, il affectionne les cuisines des humbles maisonnettes, où des débris de toute nature lui fournissent de copieux repas.

Le genre Taupe-Grillon (Gryllotalpa) a une espèce européenne, la Courtilièrc (Gryllotalpa vulgaris). Ici le type Grillon est notablement modifié, il y a des adaptations à un genre de vie particulier. Les Taupes-Grillons demeurent dans la terre, et sortent peu de leurs retraites. Leur corps presque cylindrique, leurs pattes trapues, les jambes de devant courtes, étonnamment larges, digitées en quelque sorte, sont des instruments des plus parfaits pour fouir le sol. Aussi, comme s'en acquittent les Taupes-Grillons! les véritables Taupes de la classe des Insectes. Ges Orthoptères, cependant, choisissent des terres meubles

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