‹ Métamorphoses mours et instincts des insectesChapitre 60 sur 61 · JEUNES HOMARDS · texte numérisé non relu

JEUNES HOMARDS

i . L'animal dans l'œuf. — 2. Le jeune an sorlir de l'œuf. — U. Le jeune après la première mue.

soudé au précédent. Le Homard commun (Homarus vulgaris) se pèche sur nos cotes de Bretagne et de Normandie ; on le prend en tendant des pièges, sorte d'appareils d'osier que l'on nomme des casiers. Un appât suffit pour y attirer les Homards, qui, une fois introduits, ne peuvent plus sortir. Ces Crustacés, très-abondants sur les côtes de la Norvège, sont l'objet d'un commerce très-considérable avecl'Angieterre. M. Gerbe a étudié avec grand soin les modifications (pue subissent les jeunes Homards, dans la

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forme de leurs pattes et de leur queue, pour nous faire regretter de ue pouvoir utiliser à cet égard toutes les intéressantes observations qu'il nous a communiquées.

Les Palémonides forment une immense famille de Crustacés que chacun appelle des Crevettes, et que l'on nomme souvent des Salicoques. Un corps svelte, comprimé latéralement, des antennes pourvues à la base d'une grande lame mobile, des téguments flexibles, sont les signes distinctifs de ces animaux. On y distingue plusieurs types. Les Crangons (tribu des Craugonines) ont les antennes insérées sur la même ligne. Le Crangon commun (Crangon vulgaris), notre délicieuse Crevette, donne lieu à une pêche continuelle sur les cotes de la Manche et de l'Océan. Les Palémons (tribu des Palémonines), ayant les antennes insérées sur deux rangs et le rostre très-grand et dentelé, ont des espèces de grande taille dans les régions chaudes du monde. Le Palémon scie (Palœmon serralus), et quelques espèces voisines, qui se trouvent communément sur nos côtes, se vendent sur nos marchés sous les noms de Crevettes, de Salicoques, de Bouquet. Les Alphées (tribu des Alphéines) diffèrent surtout des Palémons par leur rostre très-petit. Une espèce de cette division, la Caridine de Desmarest (Carùlina Desmareslii), qui se trouve dans les ruisseaux de nos départements méridionaux, a été, dans son développement, l'objet d'une belle étude de M. Joly. Les Palémonides subissent généralement des métamorphoses : les uns naissent avec des formes peu différentes de celles des adultes, mais avec les pattes incomplètement développées; d'autres avec une forme de Zoés, d'autres avec une forme rapprochée de celle des Monocles.

Les Crustacés de l'ordre des Stomapodes ont, comme les Décapodes, des yeux portés sur des pédoncules, et ce caractère a conduit à les associer, malgré des différences importantes dans leur organisation. Les Stomapodes ont sept paires de pattes, une nageoire caudale, des branchies extérieures, formées de cylindres rameux et attachées ordinairement à la base des appendices abdo-

minaux. Les Squillides sont les principaux représentants de oc groupe. Leurs anneaux thoraciques sont mobiles les uns sur les autres; la carapace est un bouclier <pii ne couvre qu'une partie du thorax. Les pattes de la première paire, correspondant aux secondes pattes-mâchoires des Décapodes, sont ravisseuses, et d'une conformation très-analogue à celle des pattes antérieures des Insectes Orthoptères de la famille des Mantides. Nous avons, dans la Méditerranée, la Squille mante (Squilla mantis), un joli animal long d'environ 15 centimètres, semi-transparent, d'un vert tendre avec des teintes rosées. Les Squilles sont charmantes à voir nager, agitant leurs belles houppes branchiales. M. Fritz Millier a signalé, il y a peu d'années, les larves de ces Crustacés, qui ressembleraient extrêmement à des Alimes, classés dans un autre groupe de l'ordre des Stomapodcs.

Les espèces de la division des Edriophthalmes ont les trois parties du corps, tète, thorax et abdomen, nettement séparées, point de carapace, les yeux sessiles, les pattes ambulatoires au nombre de sept paires. Ces animaux n'ont pas de véritables branchies, mais seulement des expansions nieinbraneuses ou vésiculeuses, dépendantes, soit des pattes thoraciques, soit des appendices de l'abdomen. Il y a dans cet ordre quatre formes principales, et ainsi quatre sections : les Amphipodes, qui ont des vésicules branchiales sous le thorax et les appendices des cinq premiers anneaux de l'abdomen propres à la locomotion; les Isopodes, sans vésicules sous le thorax, ayant les appendices de l'abdomen propres à la respiration ; les Ljïmodipodes, avec un appareil respiratoire analogue à celui des Amphipodes, qui ont un abdomen rudimentaire.

Dans la division des Amphipodes, nous avons la famille des Gammarides, ou les Crevettines, dont les pattes-mâchoires recouvrent toute la bouche. Parmi ces Crustacés, les uns, au corps comprimé latéralement, sautent au moyen d'appendices eu stylets qui terminent leur abdomen; les autres, au corps plus large,

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ayant les derniers appendices de l'abdomen convertis en lames natatoires, marchent, mais ne sautent pas. Plusieurs Crevettines vivent dans les eaux douces, comme la Crevettine des ruisseaux (Gammarus fluviatilis) et la Crevettine puce (G. pulex). Les Hypérines forment une seconde famille d'Amphipodes se distinguant de la première par des pattes-mâchoires assez petites, par un corps large et une grosse tète. Ces Crustacés nagent, et la plupart d'entre eux s'attachent à des Poissons, quel-

ÉTAMOBPHOSES DE I. ANCÉE MA.NTICOHI.

I Anceus manlicorns).

h Pranizc. — 2. Mâle adulte. — :!. Femelle

quefois à des Méduses. Le développement de ces animaux n'a pas encore été étudié.

La seule famille des Cyamides compose l'ordre des Laemodipodes. Les Cyames ont des pattes crochues plus ou moins préhensiles; ils sont connus sous le nom de Poux de Baleines, et en effet ils se fixent sur ces énormes Cétacés et rongent leur peau.

La forint,- typique des Isopodes est celle des Cloportes, mais les représentants de cette division sont en nombre très-considérable,

et ils se rangent dans une suite de familles que nous ne pouvons même énumérer. Les espèces marines, telles que les [dotéides et les Asellides, se rencontrent près des côtes, parmi les Fucus. Les Oniscides ou les Cloportes ont des espèces marines et des espèces terrestres. Les vrais Cloportes, pour les besoins de leur respiration, ne peuvent vivre que dans les endroits chargés d'humidité. Tout le monde connaît le Cloporte des murailles (Oniscus murarius). D'autres Isopodes nagent au moyen d'appendices lamelleux qui terminent leur abdomen. Ces Ancéides ont des formes singulières, et, en général, de vives couleurs. Les adultes, surtout les mâles, se font remarquer par leur énorme tète. Longtemps on pensait qu'il y avait deux genres bien distincts dans cette famille : les Pranizes et les Ancées. M. liesse (de Brest) a constaté la métamorphose des Pranizes en Ancées : les premiers étaient les larves, les autres les adultes.

En se dégradant, les caractères des Crustacés deviennent trèsvariables : c'est ainsi que dans l'ordre des Entomostkaces, on est conduit à réunir des formes assez diverses, la plupart fort curieuses. Sous le nom de Branchiopodes, on désigne de petits Crustacés dont les membres thoraciques, devenus foliacés, servent à la respiration aussi bien qu'à la locomotion. Les Apusides ont le dos couvert d'une carapace en forme de bouclier. L'Apus cancriforme (A. cancriformis) se trouve quelquefois par milliers dans nos eaux stagnantes. Les Limnadies, d'une taille très-inférieure, ont une carapace qui ressemble à une coquille bivalve. Les Buanchipides n'ont pas de bouclier, mais le corps grêle et allongé. Le Branchipe des étangs (Branchipus slagnalis) est une espèce des eaux douces, longue de 1 0 à 1 2 millimètres, qui naît avec une forme très-différente de celle de l'adulte et très-analogue à celle des Monoculides. Les Daphnides ont une tête distincte, de grandes antennes divisées en deux ou trois branches, le corps revêtu d'une carapace formée de deux valves. La Daphnie puce (Daphnia pulex), longue de 3 à 1 millimètres, abonde dans toutes nos eaux

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L'ANATIFE LISSE (bpu analifera).

stagnantes. Chez les Cyprides, où la carapace ressemble également à une coquille, les pattes ne sont pas foliacées. 11 y a un grand nombre d'espèces de Cypris vivant en compagnie des Daphnies. Les Monoculides, qui habitent dans les mêmes conditions, n'ont pas de carapace, mais ils sont caractérisés surtout, comme l'exprime leur nom, par la présence d'un seul œil au milieu du front. Ils naissent avec des caractères tout différents de ceux des adultes, n'ayant d'abord qu'une paire d'antennes et deux paires de pattes. C'est particulièrement à ces petits Crustacés (pie ressemblent dans leur jeune Age des types que l'on croirait s'en éloigner considérablement à l'état adulte. Les Lernéides, ou Crustacés suceurs, sont les représentants les plus bizarres de la classe.

LA DAPHNIE PUCE

(Daphnia pulc.v .

,E CYPRIS BRUN l Cypris fusca''.

Parmi les Lernéides, les uns, qui pourraient être pris pour des Monocles, quand on les observe dans leur jeune âge, ont trois ou quatre paires de pattes et plusieurs anneaux thoraciques distincts : les autres, privés de pattes, ont le thorax sans divisions. Ces animaux, parasites sur des Poissons, venant à se fixer de bonne heure, leurs membres s'atrophient bientôt, et leur corps ne conserve rien de sa forme primitive.

Les Xiphosures sont d'étranges Crustacés offrant certains rap-

ports avec les Arachnides, comme les Isopodes en offrent avec les Insectes. Animaux de grande taille, ils ont un large bouclier eéphalothoracique, un abdomen bien séparé et une queue articulée. Privés de mandibules et de mâchoires, des pattes en remplissent les usages. Ces Crustacés composent la famille des Limdlides, dont on connaît plusieurs espèces, des Moluques, des mers de Chine, des Antilles, des cotes de l'Amérique septentrionale.

1ÉTAMOHPHOSES Il'uN I.ERNlilDË : LE IJIACH

( Trnchcliustcs iiulycolinis ..

Les Cirrhipèdes, animaux hermaphrodites, enveloppés dans une coquille à plusieurs valves, ayant des pattes multiarticulées, en forme de cirrhes, vivent fixés sur divers corps. Comme l'ont montré les observations de MM. Thompson, Burmeister, Martin Saint-Ange, ils naissent libres, et ressemblent alors à des Monocles. Les jeunes Cirrhipèdes s'attachent bientôt par une saillie de la région frontale, qui devient, chez certains d'entre eux, comme les Anatifes, un tube d'une longueur énorme. Nous représentons comme exemple les Anatifes (Lepas anatifera), h coquille formée de plusieurs pièces, que l'on trouve souvent attachés en grandes masses à des bois flottants ou à la coque des navires. Ces Animaux, condamnés à l'immobilité, attirent vers leur bouche, à l'aide de leurs pattes frangées, les corpuscules qui doivent servir à les nourrir.

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