‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 103 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DU DERMESTE DU LARD ET DU DERMESTE RENARD · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DU DERMESTE DU LARD ET DU DERMESTE RENARD

(Dermestes lardarius et Dermestes vulpinus).

facile de faire périr les Dermestes au moyen d’une évaporation de benzine, de sulfure de carbone, ete.; seulement il est nécessaire d'opérer à diverses reprises, et surtout dans le temps où les Insectes adultes éclosent, afin de les faire périr avant la ponte.

Un Dermestine de forme ovalaire, ayant des antennes de onze articles, et bien reconnaissable à sa couleur noire, avec un point blanc au milieu de chaque élytre, est le type du genre Mégatome. Le Mégatome des pelleteries (Hegatoma pellio) se trouve trèsfréquemment dans les maisons. Sa larve, d’un brun roux, cou— verte de longs poils lustrés, portant en arrière un pinceau figurant une sorte de queue, dévore toutes les fourrures et même les plumes.

De très-petites espèces an corps court, ramassé, presque globuleux, les Anthrènes, se voient fréquemment sur les fleurs pendant la belle saison. L’Anthrène des musées (Anthrenus museorum), un Coléoptère long de 2 à 3 millimètres, noirâtre, orné de trois bandes transversales blanches ou grises sur les élytres, est la terreur des entomologistes. Sa larve, couverte de poils bruns et grisâtres disposés par petits faisceaux, attaque les collections d’Insectes et exerce dans un très-court espace de temps d'irréparables dégâts. Elle se tient cachée dans l’intérieur du corps qu'elle ronge,-et ne se montre guère qu'à l’époque de sa métamorphose. La nymphe reste protégée par la peau de la larve.

Les Byrrhines, qui se rattachent à la famille des Dermestides par l’ensemble de leur organisation, affectent une forme globuleuse. Comme les Dermestes, ils ont la faculté de replier leurs pattes et de contrefaire le mort pour échapper à l’ennemi, mais leurs jambes sont larges et comprimées, et cette forme caractéristique trahit chez ces Insectes l'habitude de fouir le sol.

Les Byrrhes, qui portent des antennes grêles, avec une mas— sue formée par les cinq derniers articles, se rencontrent sous les pierres, sous les mousses. Le Byrrhe pilule (Byrrhus prlula), dont le nom fait allusion à la forme ronde, n’est pas rare dans notre pays. Sa larve, trouvée dans la terre, sous des gazons, est assez molle, rose, un peu courbée, pourvue de pattes de médiocre longueur.

Une multitude de petits Insectes de formes assez diverses composent la tribu des Mycétophagines; on les distingue des Dermestines et des Byrrhines à leurs pattes qui ne sont pas contractiles. Les Mycétophages, leur nom l'indique, vivent dans les Champignons. Ce sont de petits Coléoptères, au corps large, un peu déprimé, ayant souvent les élytres parées de taches ou de points jaunes ou rouges. Leurs larves ressemblent à celles des

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Dermestines, mais elles s’en distinguent dans leur apparence générale par la rareté de leurs poils.

Les Hypropmumes, Insectes pour la plupart herbivores, conformés pour nager et pour vivre dans les eaux, ont des antennes courtes, insérées sous les bords latéraux de la tête, terminées par une massue formée des derniers articles, et de longs palpes filiformes pendants. L'allongement remarquable de ces appendices avait fait attribuer autrefois aux Hydrophilides le nom de Palpicornes.

Une des particularités les plus notables de l’organisation de presque tous les représentants de cette famille, se trouve dans la présence, chez les femelles, de glandes abdominales produisant une sorte de matière soyeuse servant à la confection d'une coque destinée à loger les œufs. Ce qui est unique parmi les Coléoptères, les Hydrophilides femelles, dont l’extrémité de l'abdomen est pourvue de deux filières affectant la forme d’appendices cylindriques, se mettent à tisser, au moment de leur ponte, une coque d’un tissu assez serré, fournissant ainsi à leurs œufs une protection qui leur est sans doute bien utile dans les eaux toujours peuplées de multitudes d'animaux voraces.

Les larves des Hydrophilides sont généralement oblongues, avec une tête avancée, sans rétrécissement postérieur en forme de cou; des mandibules grandes, courbées vers le haut, souvent dentées; des antennes de trois ou quatre articles; des plaques de consistance coriace sur les anneaux thoraciques; un abdomen plissé, avec le dernier anneau très-petit; des pattes assez longues, avec les tarses ordinairement unguiculés. Ces larves, sans avoir l’agilité de celles des Dytiques, sont cependant fort actives; se nourrissant surtout de matière végétale, elles attaquent néanmoins des Insectes. Presque amphibies, on les voit assez souvent sortir de l'eau et marcher péniblement entre les herbes du rivage. Pour se transformer en nymphes, elles s’enfoncent dans

la terre ou dans la vase, où elles se façonnent une loge en imprégnant les parois de leur salive.

Sans être très-nombreuse en espèces, la famille des Hydrophilides renferme plusieurs types bien caractérisés. Nous recon— naîtrons les Hydrophilines à leur corps ovalaire, à leurs mâ-— choires entièrement de consistance solide, à leurs tarses dont le premier article est beaucoup plus court que les suivants.

Les Hydrophiles proprement dits sont de gros Insectes de forme ovalaire, ayant des antennes de neuf articles dont les quatre derniers constituent là massue. Ils ont une longue pointe sternale aiguë dirigée en arrière, blessant la main qui saisit l’Insecte sans précaution. Il y a des Hydrophiles dans les diverses régions du monde ; un seul habite l'Europe, et c’est le plus grand, l'Hydrophile brun (Hydrophilus piceus). 11 est connu de tout le monde : long de plus de 6 centimètres, d'un noir olivâtre, nageant avec facilité à l’aide de ses pattes postérieures apla— ties, ciliées, converties en rames, il figure très-bien dans les bocaux à Poissons rouges. On observe toujours avec intérêt la manière dont il vient respirer à la surface de l’eau; c'est une manœuvre bien différente de celle du Dytique, qui a été minutieusement décrite par Lyonet. L'Hydrophile, de construction massive, ne saurait se maintenir à la surface de l’eau dans une position bien horizontale. Il sort de l'eau seulement l'extrémité de sa tête, et repliant contre le corps son antenne dont la massue est en partie canaliculée, il entraine, en redescen— dant dans l’eau, une bulle d’air qui, par le secours de la pubescence des parties inférieures de l’Insecte, s'étend et chemine sur les côtés du thorax et de l'abdomen, et arrive ainsi jusqu'aux orifices respiratoires. L’Hydrophile n’est pas moins curieux à observer au moment de la ponte, lorsqu'il file son cocon. Accroché aux plantes aquatiques, la tête en bas, il émet ses œufs, et tout aussitôt, promenant ses filières à l’entour, il les enveloppe et façonne la coque en la fixant, soit à une feuille, soit à une

tige. Cette coque, d'un gris clair et en ovale très-court, porte un

on

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