‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 102 sur 174 · MÉTAMORPHOSES DU STAPHYLIN ODORANT · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES DU STAPHYLIN ODORANT

(Staphylinus olens ).

anneaux thoraciques cuirassés, les pattes longues, l'abdomen attéuué vers Le bout et muni d’un long appendice servant à la marche, est fort agile, rappelant d’une façon remarquable la démarche et les attitudes de l'adulte. Néanmoins elle se lient sousles pierres, dans les endroits cachés, et ne sort que la nuit. Elle hiverne, et, s'établissant au retour de la belle saison dans une cavité, elle

LES COLÉOPTÈRES. h97

se transforme en nymphe. Celle-ci, en entier d’un Jaune Juisant, porte une couronne de poils au bord antérieur du prothorax.

D'autres Staphylins recherchent les charognes, comme le Staphylin à grandes mâchoires (Staphylinus maxillosus), d’un noir brillant, et en partie couvert d’un duvet cendré, comme le Staphylin bourdon (Staphylinus hirtus), le plus grand de tous, qui est vêtu d’une pubescence noire, jaune, rousse, offrant une certaine ressemblance de coloration avec plusieurs de nos Bourdons.

Des Staphylinines, dont le corps est mince, presque linéaire, les Xantholins, fort abondants dans les bois humides, sous les feuilles tombées, les vieilles écorces, se nourrissent de proie vivante. La larve d’une espèce de ce genre, observée par M. Schiodte, vit sous les écorces et attaque des larves ligni— vores. Dans l'Amérique du Sud, on rencontre dans les mêmes conditions des Insectes voisins des Xantholins, les Sterculies, remarquables par leur grande tête et surtout par leurs couleurs éclatantes : bleues, violettes, vertes, dorées.

Un petit groupe de la même tribu (Oxyporites), caractérisé par des antennes un peu élargies et comprimées vers le bout, se compose de plusieurs genres qui méritent d’être signalés. Les Oxypores, à l’état de larves comme à l’état adulte, vivent dans les végétaux pourris, et surtout dans les Champignons. L'Oxypore roux (Oxyporus rufus) est d’une jolie teinte rougeätre. Les Quédies se plaisent dans le fumier; on y trouve aussi leurs larves, qui, assurent quelques observateurs, dévorent des larves de Diptères. Une espèce de plus grande taille que les précédentes, toute noire, avec le prothorax très-élargi, présentant du reste les caractères des Quédies, le Velléie dilaté (Velleius dilalalus), habite constamment les nids de Frelons (Vespa crabro) où, sans doute, elle mange les larves des grosses Guêpes.

Les Tachyporines constituent une immense légion. Les Tachines et les Tachypores, au corps très-atténué vers le bout,

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rappellent la forme des Poissons. Ils se trouvent en abon— dance parmi les détritus végétaux humides, et dans les matières stercoraires. Les Alcochares, caractérisées par leurs antennes insérées au devant du front, ont les mêmes mœurs, tandis que les Loméchuses sont les hôtes respectés des Fourmiliers.

Des Staphylinides, appartenant à la même division, découverts dans des nids de Termites du Brésil, se signalent par l'énorme développement de leur abdomen qu'ils portent relevé et recourbé au-dessus du thorax. Cette énorme distension de l'abdomen es due à un mode de gestation unique parmi les Coléoptères. Ges Insectes ne pondent pas d'œufs; vivipares, ils donnent naissance à des larves. Nous devons la connaissance de ce fait à M. Schiodte, qui a publié, en 1864, une très-intéressante étude de ces curieux Coléoptères. Ces Insectes, de la longueur de 2 à 3 millimètres, avec leur abdomen mou, doivent demeurer cachés. IL est à supposer que les poils de leur abdomen, comme ceux des Loméchuses, sont le siége d’une sécrétion qui est recherchée des Termites.

Citons encore, parmi les types de la famille des Staphylinides, les Pœdérines, dont le corps est allongé et le dernier anneau de l’abdomen extrêmement petit. Les Pœdères vivent seulement au bord des eaux, courant dans les endroits les plus mouillés. Ils ont des couleurs rouges et bleues très-vives. L'un des plus communs, le Pædère des rivages (Pæderus ripartus), a les élytres bleues, le prothorax rouge, ainsi que les pattes et les quatre premiers anneaux de l'abdomen.

Les Psécarmpes, tout petits Coléoptères, lisses, luisants, fort apparentés aux Staphylinides, ont aussi des élytres courtes qui ne protégent pas l'abdomen en entier. Remarquables par leurs antennes renflées à l'extrémité et leurs longs palpes, les Psélaphes et les Clavigères sont généralement les hôtes des fourmi lières. Les premiers, très-agiles, se voient aussi sous les pierres,

dans la mousse, ete., mais les seconds, observés en 1818, par P. L. Müller, un professeur d'Erlangen, ont absolument besoin des soins des Fourmis.

STAPHYLINS VIVIPARES (d'après M, Schiodte).

1. Goroloca Melantho, — 2, Sa larve, — 3, Spirachtha Eurymedusa.

Il estune petite famille de Coléoptères où l’on compte au nombre des principaux représentants plusieurs espèces fort nuisibles aux matières animales que nous voulons conserver : c'est la famille des Dermesrines. Ces Insectes, d’une taille toujours peu considérable et souvent très-minime, ont en général des couleurs grises, brunes, ternes; leurs antennes sont courtes et terminées en une massue ordinairement très-forte ; leurs mandibules, petites, ne font pas saillie au devant du labre.

Au moins dans leur premier état, les Dermestines vivent de

matières animales; ils attaquent les pelleteries, les fourrures, les cuirs, les animaux conservés dans les collections, la chair desséchée des cadavres, ete. Plusieurs d’entre eux, transportés par les navires, se sont acclimatés et quelquefois singulièrement propagés, au grand dommage des habitants, à peu près dans toutes les parties du monde. Adultes, les Dermestines ont des pattes grêles contractiles; sont-ils inquiétés, il les replient aussitôt coutre le corps, ils font le mort. Larves, ce sont des Insectes revôtus d’un tégument mince, élastique, garni de poils disposés en bouquets, en faisceaux, en pinceaux d'une extrême élégance. Ces larves, douées d'une certaine agilité, ont de petites pattes avec des tarses terminés par un simple crochet, une tête petite, avec les yeux ordinairement au nombre de six de chaque côté.

Les vrais Dermestes, très-reconnaissables à leur corps oblong et à leurs antennes de dix articles, dont les trois derniers forment la massue, se rencontrent dans les maisons, et surtout dans les magasins de denrées. Le type du genre, le Dermeste du lard (Dermestes lardarius), un Insecte noir, avec la base des élytres fauve et marquée de trois points obseurs, consomme peu de nourriture à l’état adulte, mais à l’état de larve, c’est autre chose. Cet Insecte, d’un brun noir, couvert de longs poils touffus disposés par séries assez régulières au bord de chaque zoonite, est un véritable fléau pour les fourrures, pour les peaux, etc. S'il mange du lard comme son nom l'indique, il mange également très-volontiers les peaux des Mammifères et des Oiseaux des musées d'histoire naturelle, et dans les magasins de fourrures il n’est pas moins redoutable.

Une autre espèce du genre, le Dermeste renard (Dermesles vulpinus), pour être répandue d'une manière un peu moins générale, n’en est pas moins quelquefois fort abondante. Elle se trouve dans les mêmes conditions que l’espèce précédente, et il y a vingt-cinq à trente ans, elle causa de si grands ravages

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à Londres, dans les magasins de peaux, qu'une récompense de 20000 livres sterling, rapporte M. Westwood, fut proposée pour un remède propre à la destruction de cet Insecte. Il est

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