‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 107 sur 174 · PATTE ANTÉRIEURE DU DYTIQUE BORDÉ MALE · texte numérisé non relu

PATTE ANTÉRIEURE DU DYTIQUE BORDÉ MALE

Vue en dessous, pour montrer les ventouses du larse,

On donne le nom de Cybisters à des Dytiques n'ayant qu'un seul crochet immobile aux tarses postérieurs. Leurs femelles ont les élytres non pas cannelées, mais seulement striées. Le type du genre, le Cybister de Ræœsel (Cybister Rœselu) est assez commun dans toute l’Europe. Sa larve est dépourvue d’appendices natatoires à l'extrémité du corps.

Les Hydatiques, dont la taille est médiocre, sont les plus jolis des Dyticides; leur corps, brun ou noir brillant, est orné de taches ou de bandes jaunâtres. De très-petits Dyticites, n’ayant que quatre articles aux larses, composent un groupe particulier (Hydroporites). Les larves des Hydropores, moins allongées que celles des autres Dyticides, ont les pattes munies de longues épines et l'extrémité de l’abdomen pourvue de trèslongs appendices.

Les Gyrinines sont des Coléoptères tout brillants que l'on voit pendant l’été nageant à la surface des eaux tranquilles, même sur les bassins des jardins, où ils décrivent des cercles

avec une étonnante rapidité. Ce mouvement leur a valu leur nom scientifique de Gyrins (Gyrinus), comme leur nom vulgaire de Tourniquets. Leurs pattes du milieu et de derrière sont de larges rames, tandis que leurs pattes de devant, toujours fort longues, servent de gouvernail. Ces Insectes, passant une grande partie de leur existence à la surface de l’eau, avaient besoin de voir en dessus et en dessous; soit pour échapper à des dangers divers, soit pour atteindre une proie, ou aérienne ou aquatique, la nature leur a donné quatre yeux. C'est du moins l'apparence ; mais la nature n'’ajoute guère à l’un ce qu'elle refuse à tous les autres, une modification simple suffit pour atteindre le but. Les Gyrins, comme tous les autres Coléoptères, n'ont en réalité que deux yeux, seulement ces yeux sont divisés par le bord latéral de la tête, et par suite de cette division, il y a deux yeux qui voient en haut ef deux yeux qui voient en bas. Les Gyrins disparaissent de la surface des eaux quand viennent les froids, et se cachent au fond, sous les pierres, entre les herbes ou même dans la vase. Leurs larves sont longues, extrêmement minces, blanches, avec les parties coriaces d’un ton jaune; la tête petite; tous les anneaux de l'abdomen pourvus sur les côtés de longs appendices ciliés, servant à la natation et fonctionnant comme des branchies, et le dernier anneau muni de quatre crochets mobiles propres au saut. Ces larves, fort agiles, trèsvoraces, se dérobent à l'ennemi par les sauts brusques qu'elles exécutent.

Les animaux féroces de l’ordre des Coléoptères, les Cara BIDES, sont des carnassiers agiles, rapides à la course, possédant, dans leurs mandibules tranchantes, de puissantes armes de guerre. |

Chez les Carabides, le corps est presque toujours d’une forme élancée ; les antennes longues, cylindriques, comme des fils ; les pattes propres à la course, avec leurs tarses invariablement com-

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posés de cinq articles, minces, presque cylindriques, ainsi qu'il convient pour des animaux qui courent à terre, mais ne grimpent pas ou ne grimpent que difficilement avec le secours de leurs crochets acérés. Mais c’est la conformation des mâchoires qui fournit le caractère le plus remarquable. Ces pièces buccales portent deux palpes; le lobe externe de la mâchoire étant conver en un véritable palpe divisé en deux ou trois articles, comme chez les Dyticides, qui sont les carnassiers aquatiques. Ce caractère, ne se retrouvant nulle part ailleurs, acquiert ainsi une importance considérable. Les mâles des Carabides ont les tarses de devant élargis; c’est pour retenir leurs femelles.

Les larves de ces Coléoptères ne sont pas moins carnassières que les adultes ; la plupart d’entre elles s'emparent de leur proie à la course : aussi les voyons-nous solidement cuirassées; tête, anneaux du thorax et de l’abdomen revêtus de téguments de consistance coriace. Leurs mandibules arquées en forme de faux, ayant une grande dent à leur base, et chez certaines espèces d’autres dents longues et aiguës, donnent à ces parties l'aspect des plus terribles tenailles. Leurs mâchoires bilobées portent un seul palpe de quatre articles ; le lobe externe, destiné à être converti en un palpe chez les adultes, ne consiste encore qu'en un petit appendice dentiforme. Leurs pattes, assez longues, se terminent ordinairement par un tarse de deux articles. L’extrémité de leur abdomen est munie le plus souvent, comme dans les Staphylinides, de deux appendices articulés et d'un tubercule inférieur servant à la marche.

Les Carabides sont en nombre immense par le monde; dans plusieurs groupes, les genres admis par les entomologistes ne sont différenciés que par les plus faibles caractères, et souvent les espèces ne se distinguent les unes des autres que par des détails assez difficiles à saisir. On s'explique cette grande uniformité chez des Insectes dont les conditions biologiques sont à peu près semblables.

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oh LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

La famille des Carabides a deux types principaux : les Carabines et les Cicindélines. Chez les premiers, le lobe des mâchoires est simple comme dans les autres Coléoptères, et les palpes labiaux sont aussi minces que les palpes maxillaires ; chez les seconds, le lobe des mâchoires se termine par un onglet articulé, et les palpes labiaux sont ordinairement plus épais que les maxillaires.

Le groupe le plus remarquable de la première tribu est celui des Carabes (Carabites), Insectes d'assez forte taille ayant leurs palpes terminés en forme de hachette et les jambes antérieures sans échancrure.

Les Carabes proprement dits ont un corps oblong, les élytres soudées sur la ligne médiane et emboïtant l'abdomen très-étroitement; les ailes manquent, les élytres ne doivent jamais ni être écartées, ni être soulevées. Beaux Coléoptères, toujours brillants, quelquefois parés de couleurs métalliques éclatantes, les Carabes, avec leur tête dégagée, leurs longues pattes, leur corps admirablement cuirassé, ont une vraie élégance, une allure fière, une apparence de distinction qu'on trouve ordinairement, du reste, chez les animaux carnassiers. Les Carabes, et l’on en connaît aujourd’hui plusieurs centaines d'espèces, sont répandus en Europe, surtout dans l'Europe orientale, et en Sibérie plus que partout ailleurs. Dans notre pays, l’espèce la plus commune est le Carabe doré (Carabus auratus). Tout le monde le connait ce Coléoptère d’un beau vert doré, ayant les pattes et les antennes roussâtres, les élytres portant, comme si elles avaient été sculptées, trois côtes arrondies. Il court à travers les champs et même à travers les chemins, sans cesse en quête d’une proie, détruisant une foule d'animaux nuisibles aux cultures ; aussi est-ce avec bonheur que les gens des campaones écrasent l’un des Insectes les plus utiles, que les cultivateurs auraient tant d'intérêt à voir multiplier.

Le Carabe doré, habituellement désigné sous les noms vulsaires de Jardinier et de Couturière, mange des Chenilles, des

Limaces, attaquant même des Hannetons, malgré leur poids. Au printemps, on a quelquefois l’occasion d'assister à une curieuse scène de carnage. Un Carabe saisit un Hanneton tombé à terre ; avec ses mandibules il lui entaille l'abdomen comme avec une paire de ciseaux, puis il tire les intestins et se met à les dévorer.

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