‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 131 sur 174 · LE PHYLLIE FEUILLE-SÈCHE · texte numérisé non relu

LE PHYLLIE FEUILLE-SÈCHE

(Phyllium siccifolium),

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gues et les ailes postérieures fort amples; les femelles ont les antennes très-courtes et les aïles antérieures seules très-développées; dans les deux sexes, les pattes offrent des dilatations foliacées et épineuses tout à fait bizarres. Plusieurs fois la Phyllie feuille-sèche de l'Inde(Phyllium siccifolium) a été apportée vivante en Europe. Nous avons fait représenter le jéune et la femelle d'après des individus qui ont excité la curiosité des visiteurs du Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne, et que le directeur de cet établissement a bien voulu mettre à notre disposition. Les Phasmides sont nombreux dans toutes les régions intertropicales, mais leurs espèces sont surtout multipliées en Australie. Sur cette terre, habitent les espèces les plus grandes que l’on connaisse, les plus joliment colorées, les plus étranges par les formes.

Tousles Orthoptères que nous venons de signaler étaient autrefois réputés les Harcheurs, et ceux dont nous allons nous occuper, les Sauteurs. Il y a, en effet, peu d’exceptions de part et d'autre.

Les Locusrines, ce sont les Sauterelles, mais seulement, qu'on y fasse attention, les vraies Saulerelles, c'est-à-dire les Orthoptères ayant les cuisses postérieures renflées, propres au saut, les tarses composés de quatre articles, les antennes très-longues, l'abdomen terminé par une paire d'appendices articulés et pourvu, chez les femelles, d’une grande et robuste tarière dont la forme rappelle un sabre ou un yatagan.

Chez la plupart des Sauterelles, les organes du vol sont bien développés, les ailes antérieures ou élytres sont longues, les aïles postérieures fort amples. Il est des espèces où ces organes demeurent toujours à l’état rudimentaire. Mais, dans tous les cas, les ailes de la première paire, chez les mâles, offrent une disposition des plus curieuses, qui les convertit en instruments de musique. À la base des élytres, les nervures, diversement contournées et toujours très-élevées, laissent entre elles un espace plus où moins grand, occupé par une mince membrane transparente bien ten-

due, que l’on nomme le miroir. L'animal, soulevant un peu ses

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ailes, les frotte-t-il avec force et rapidité, l’une sur l’autre, qu’un son se manifeste, rendu intense par la membrane mise en vibration. Ainsi est produite la stridulation aiguë, pénétrante, des mâles qui, le soir, appellent leurs femelles, et sans doute les charment par leur chant.

Les Locustides, qui volent assez facilement, malgré leur corps lourd, marchent péniblement à cause de la disproportion qui existe entre leurs pattes de devant et leurs pattes de derrière. C’est par des sauts répétés qu'ils se portent d'un point à un autre. Le mode d'exécution est simple : les jambes, mues par des muscles très-volumineux logés dans les cuisses, forment avec ces dernières arc-boutant pendant la contraction musculaire ; la con traction venant à cesser, les cuisses se redressent subitement sur les jambes, et le corps de l’animal est projeté en l'air. Il faut ajouter que des rangs d’épines garnissant les jambes assurent encore la fixité du point d'appui.

Les Locustides font usage de leur tarière, ou oviscapte, pour entailler le sol et y enfouir leurs œufs. Cette ponte a été plusieurs fois observée pour nos espèces indigènes, et de vieux auteurs ont représenté des Sauterelles dans l'attitude qu'elles prennent en accomplissant cet acte important de leur vie. Tous les Locustides vivent à peu près dans les mêmes conditions, mais pour effectuer leur ponte, ils n’agissent pas tous de la même façon; si l'observation directe manque, les formes et les dimensions variées de la tarière, selon les espèces, nous en fournissent la certitude, bien

que personne ne paraisse y avoir encore songé. Les vraies Sauterelles (Locusta) portent sur le front une émi-

nence tuberculiforme et possèdent des élytres plus longues que les ailes postérieures. Le type du genre, la grande Sauterelle verte (Locusla viridissima), que les habitants du centre et du nord de l'Europe qualifient si improprement de Cigale, est bien connue de tout le monde.

On distingue, sous le nom de Dectiques, des Sauterelles chez

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