MÉTAMORPHOSES DU GRILLON DES CHAMPS
(Gryllus campestris).
L'auteur d’un mémoire sur la Courtilière, Le Féburier, a affirmé que cet Orthoptère était uniquement carnassier; c’est une erreur : le Taupe-Grillon mange volontiers des Vers ou des Insectes, comme tant d’autres Orthoptères phytophages, mais sa nourriture habi-
tuelle esten grande partie végétale. Les terriers du Taupe-Grillon consistent en un puits vertical plus ou moins profond et en galeries horizontales. C’est dans l’une de ces galeries que les femelles déposent leurs œufs. La fécondité de ces Insectes est considérable.
Les Orthoptères qui nous restent à examiner sont les AGRIDIDES, ou vulgairement les Criquets. Les Criquets sautent comme les Sauterelles ou mieux les Locustides ; leurs pattes postérieuressont conformées à peu près de la même manière : aussi la confusion entre les Criquets et les Sauterelles est-elle faite par les personnes un peu dépourvues de connaissances en histoire naturelle. Le 1® juillet 1866, chacun a pu lire dans le Moniteur universel :
« D’épaisses colonnes de Sauterelles, venues des profondeurs
» du Sud, se sont abattues dans les champs du Tell, et, après avoir .
» dévoré une partie des récoltes sur pied et jusqu'aux feuilles
» des arbres, ont donné naissance à d'innombrables légions de .
» Criquets qui attaquent aujourd’hui tout ce que la première » invasion avait épargné. »
Des Sauterelles qui ont donné naissance à des Criquets! C'est de la même force que si l’on disait que des Chevaux ont donné naissance à des Bœufs. Chez les Acridides, les antennes sont courtes et plus où moins épaisses, les tarses n’ont jamais plus de trois articles ; il n’y a pas d'appareil musical, de miroir à la base des premières ailes des mâles; il n’y a pas de tarière saillante ou de sabre à l'extrémité de l'abdomen des femelles.
Si les Criquets manquent de l'appareil musical des Sauterelles, ils ne sont pas moins de bons musiciens; leur instrument est autre, voilà tout. Leurs élytres ont des nervures très-saillantes, leurs cuisses postérieures des arêtes sur leur face interne; l’animal frotte l’une de ses cuisses contre l’élytre, à la manière d’un archet sur les cordes d’un violon. Musique monotone que celle des Criquets! Un naturaliste, Al. Yersin, a noté cette musique primitive, à laquelle nos grands artistes ne trouveraient rien de savant ; elle suffit cependant aux femelles des Criquets.
LÉ , Dés 4
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