LES ÉTOURNEAUX CHERCHANT LES OESTRES SUR UN DAIM
Hypoderma Diana).
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LES DIPTÈRES. 657 par les voies naturelles, et, aussitôt tombées, se changent en pupes. La Céphalémyie du Mouton (Cephalemyia Ovis), qui cause la terreur dans les troupeaux, vit à l’état de larve dans les sinus frontaux des Moutons. D'autres espèces, les Hypodermes, pondentsur divers Ruminants ; mais c’est sous la peau de ces animaux que se développent les larves, où elles déterminent des tumeurs, comme l'Hypoderme du Bœuf(Hypoderma Bovis), l'Hypoderme Diane (A. Diana) qui attaque les Chevreuils, et que M. Lucas a trouvé aussi sur des Daims pourchassés par des Étourneaux cherchant les OEstres pour les manger. En Amérique, des OEstrides du genre Cutérèbre ont élé observés vivant, au moins accidentellement, sous la peau de l'Homme, par MM. Roulin, Goudot, etc. (Cuterebra noxiakis). Les Orxrrnomyies, enfin, forment une petite famille des plus curieuses par les caractères, l’organisation, les mœurs. Ces Diptères ont un suçoir analogue à celui des Anoplures, des antennes
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CHR LE MÉLOPHAGE DU MOUTON LEPTOTÈNE DU CERF (Melophagus Ovis). (Leptotæna Cervi).
d’un seul article, des ailes rudimentaires, ou même point d'ailes. Les Ornithomyides ne pondent pas d'œufs. Un seul embryon à la fois se développe dans le corps de chaque femelle, et se trouve expulsé à l'état de pupe. Ces Insectes sucent le sang des Mammifères et des Oiseaux. L'Hippobosque se trouve sur le Cheval (Hippobosca Equ), les Ornithomyies sur les Oiseaux. Ceux-ci ont des ailes étroites, ils peuvent se porter d’un animal à un autre. Le Leptotène du Cerf (Leptotæna Cervi), le Mélophage du Mouton (Melophagus Ovis), n'en ont pas: ils vivent tout à fait en parasites.
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LES ANOPLURES — LES THYSANURES
Voici les êtres les plus dégradés de la classe des Insectes, les êtres chez lesquels n'existent jamais les attributs les plus remarquables du type auquel ils appartiennent. Les espèces de ces deux ordres, les Anoplures et les Thysanures, sont toujours privées d'ailes; elles deviennent adultes en demeurant dans la condition de larves. Par ‘suite de cet arrêt de développement, l'appréciation rigoureuse de leurs affinités naturelles reste incertaine. Plusieurs auteurs ont été d’avis que des espèces groupées ensemble n'avaient de commun que leur imperfection organique, et qu’elles étaient les représentants inférieurs de divers types. Parmi les Anoplures, c’est-à-dire les parasites de l'Homme et des Animaux, les uns sont pourvus d’un appareil buccal qui rappelle celui des Orthoptères, les autres d’an suçoir dont toutes les parties sont intimement unies, qui a les plus grands rapports avec celui des Diptères de la famille des Oruithomyides. Les Anoplures ont des pattes d’égale dimension, avec les tarses terminés par des crochets diversement conformés, selon la
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LES ANOPLURES. — LES THYSANURES. 659
nature des animaux sur lesquels ils se fixent. De là cette possibi= lité de discuter si les Anoplures appartiennent à des types essentiellement distinets, ou s'ils appartiennent à un même type général, modifié pour s’adapter à des conditions d'existence particulières. C'est de ce côté que nous croyons être la vérité, tout en reconnaissant que l’organisation interne de ces Insectes est loin encore d'être connue suffisamment dans tous ses détails, pour permettre une démonstration complète.
Pendant longtemps, les Anoplures n’eurent pas d'autre nom que celui de Parasites. Celui qui est adopté aujourd’hui, proposé il y a cinquante ans par Leach, fait allusion à l'absence de toute armure à l'extrémité du corps de ces animaux (x, privatif; omdev, arme ; oupa, queue). Ces êtres qui répugnent, offrant un intérêt par leur genre de vie et leur multiplication d’une incroyable rapidité, ontété l’objet d'une foule d’écrits. En 1668, FrancescoRedi a donné des descriptions et des figures d’un certain nombre d'espèces; en 1842, M. H. Denny a publié une monographie des Anoplures de la Grande-Bretagne. Faut-il s'étonner que l’on ait fait de nombreux portraits de ces parasites, quand un médecin de Montpellier, Amoreux, déclare, dans un livre sur les Insectes venimeux , publié en 1789, qu’un Pou est des plus curieux à voir en peinture.
Dans cet ordre des Anoplures, il y a deux types très-tranchés, deux grandes divisions : l’une est celle des Poux, ou les Parasites à suçoir; l’autre, celle des Ricins, ou les Parasites à mandibules et à mâchoires libres. Les premiers s’attachent exclusivement aux Mammifères; les seconds sont les Poux des Oiseaux. *
Les espèces à suçoir composent la famille des Pércurines. Aux parasites de l'Homme a été réservé en particulier Le nom générique de Poux (Pediculus), Ces Insectes ont des pattes crochues, offrant à l'extrémité des jambes, au-dessus de l'articulation du tarse, une pelote servant à l'animal à prendre forte adhérence après les cheveux et les poils. Parmi ces Insectes, lesmäles sont peu nombreux relativement aux femelles. Swammerdam ;, ayanttrouvé des
ovaires chez tous les individus qu'il avait observés, s'était persuadé que les Poux étaient hermaphrodites; mais Leeuwenhoek réussit à trouver les mâles. Une femelle donne une cinquantaine d'œufs; le savant hollandais constata, par expérience, qu'au bout de deux mois, deux femelles avaient été la souche de 18000 individus. Les œufs de ces parasites, connus sous le nom de lentes, sont fixés aux cheveux et aux poils. En naissant, les Poux sont presque adultes; peu de jours leur suffisent pour être en état de se reproduire. Selon toute apparence, la parthénogenèse s'étend très-loin chez ces Insectes.
Les Poux, proprement dits, qui s’attachent à l'espèce humaine
LE RICIN DU PYGARGUE LE POU DE LA TÊTE (Philopterus sulcifrons). (Pediculus capitis).
sont au nombre de trois : le Pou de la tête (Pediculus capihs), qui s'accroche après les cheveux et se multiplie à foison sur les tètes malpropres; le Pou du corps (Pediculus vestimenh), qui pullule parmi les agglomérations d'hommes où l'on se dispense de soins hygiéniques; etle Pou des maladies (Pediculus tabescentium), cause d’une hideuse affection connue sous le nom de phthiriasis, devepue rare aujourd'hui, mais fréquente autrefois. N'assure-t-on pas qu'à cette horrible maladie succombèrent, dans l'antiquité, Hérode, le gouverneur de la Judée; le poëte Aleman, dont la célébrité fut grande dans la Grèce; le maître de Pythagore, Phérécyde de Syrie; le dictateur Sylla; dans les temps plus rapprochés de nous, le roi des Espagnes et des Amériques, Philippe IL?
Les Singes sont très-fréquemment affectés par des parasites, el
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LES ANOPLURES. — LES THYSANURES. 661
toutes les personnes qui ont visité des ménageries les ont vus faire la chasse, soit sur eux-mêmes, soit sur leurs frères, et manger aussitôt le produit de leur chasse. Ils mangent qui les mangent; rien de plus juste, si l’on n’est pas dégoûté. On affirme que les Africains et les Australiens n’agissent pas autrement.
Les Anoplures à mâchoires libres, les Poux des Oiseaux, forment la famille des PmLoprémnes. Il y en a d’une infinité d'espèces, car tous les Oiseaux peuvent être atteints par des parasites même de plusieurs espèces. Ces parasites entaillent les plumes pour les sucer; on comprend donc l'utilité de leurs mandibules tranchantes. En général, on a donné aux Philoptérides les noms des animaux sur lesquels ils vivent : ainsi, les Philoptères de la Pintade, du Moineau, du Cygne, ete. (Phalopterus Numidæ, P. Fringillæ, P. Cygna).
Les Tuysanures, comme les précédents, sont des Insectes de petite taille, qui ne subissent aucune métamorphose, de leur sortie
ZUREN
LE LÉPISME DU SUCRE LE PODURE PLOMBÉ (Lepisma saccharina ). (Podura plumbea).
de l'œuf à l’état adulte. Leur corps porte à son extrémité, soit un long appendice habituellement replié sous le ventre, soit de longs filets plus où moins ciliés qui rappellent beaucoup les filets des Ephémères. L'appareil buccal des Thysanures, composé de pièces libres, mais faibles, affecte une ressemblance manifeste avec celui de certains Névroptères. Les Thysanures, et surtout les représentants d’une famille de cet ordre, ont des rapports frappants avec des Névroptères, et en particulier avec les Éphémérides. Malgré
tout, quand on compare rigoureusement ces Insectes dans leur conformation, dans leurs habitudes, dans leurs conditions d’existence, il semble bien difficile de les associer.
Dans l’ordre des Thysanures, il y a deux types bien tranchés, c'est-à-dire deux familles : les Podurides et les Lépismides. Chez les premiers, l'abdomen porte un appendice fourchu propre au saut; chez les autres, de longs filets. Ces Insectes se nourrissent de détritus, de matières en décomposition, molles, plus ou moins fluides. Les Popuriss, tous d’une très-petite dimension, 2, 3, 4 millimètres, se rencontrent sous les pierres, au milieu des mousses humides, sous les écorces, sous les feuilles tombées. Les Podures ont les articles des antennes à peu près égaux et le corps oblong; les Smynthures, les derniers articles des antennes très-petits etle corps massif. Les uns et les autres sautent avec une vigueur extrême au moyen de leur appendice caudal. Cette longue tige bifurquée re pliée sous l’[nsecte, étant fortement contractée, se redresse comme un ressort lorsque cesse la contraction, et l'animal est projeté en l'air à une hauteur considérable. Mécanisme simple, dont certains jouets d'enfants donnent une idée exacte.
Les Lepisupes sont de plus grande taille et bien moins nombreux en espèces. On distingue les Lépismes, ayant de petits yeux et seulement trois filets à l'abdomen, et les Machiles, ayant de gros yeux et cinq filets à l'abdomen. Tout le monde connaît le type du genre Lépisme, etle désigne sous le nom de petit Poisson d'argent : c'est le Lépisme du sucre (Lepisma saccharina). 1 vit dans nos maisons. Sa forme rappelle de loin celle des Poissons, son vêtement a le brillant du métal, et c’est bien un vêtement, car la couleur d'argent est due à la présence de petites écailles implantées dans le tégument. On assure qu'il est venu d'Amérique avec les caisses ou les barils de cassonade. Peut-être ; mais à coup sûr, il ne mange pas notre sucre blanc, ce serait trop dur pour ses petites mandibules et ses faibles mâchoires.
Les Myriapodes, de leur nom vulgaire les Hille-pieds, étaient considérés autrefois comme appartenant à la classe des Insectes. L'étude s’est portée sur la conformation de ces animaux, et alors on les a isolés. Dans nos méthodes naturelles, ils figurent comme une classe particulière. Il suffit d’un rapide examen des caractères de ces êtres pour voir combien cette séparation est justifiée;
“il suffit aussi de les connaître dans les premiers temps de leur
vie, pour apprécier les rapports qu'ils présentent avecles Insectes, rapports qu'on ne soupçonnerait pas, si l’on s’occupait exclusivement des adultes.
Ce qui caractérise manifestement les Myriapodes, même pour des yeux peu accoutumés à l'observation, c’est l'existence d'une multitude de pattes, toutes à peu près semblables les unes aux autres. Dans le corps de tout Insecte, il y a trois parties toujours bien distinctes, la tête, le thorax et l'abdomen; chezles Myriapodes, ily a une tête, puis une longue suite d’anneaux portant chacun une
ou deux paires de pattes. Il est donc difficile, impossible même, de distinguer chez ces animaux un thorax et un abdomen. Ce qui caractérise surtout les anneaux thoraciques dans les autres classes de l’embranchement des Articulés, c’est la présence des appendices de la locomotion, les pattes; or, dans les Myriapodes, tous les zoonites supportent des pattes, car en vérité, on ne saurait voir un abdomen dans un anneau tuberculiforme sans appendice, qui termine le corps. Les Myriapodes apportent la preuve déjà si bien fournie, du reste, par le développement des Insectes, que tous les anneaux ou zoonites des Animaux annelés sont construits sur un plan uniforme, qu'ils appartiennent à la tête, au thorax ou à l'abdomen. Un exemple frappant de cette vérité nous est offert par le système appendiculaire : les Myriapodes, comme les Insectes, ont leur appareil buccal composé d’un labre, de deux mandibules, de deux mâchoires, d’une lèvre inférieure ou seconde paire de mâchoires, mais à ces pièces s'ajoutent, d'une manière plus ou moins complète, les deux ou trois premières paires de pattes, que Savigny regarde avec raison comme correspondant aux trois paires de pattes thoraciques des Insectes.
L'organisation interne des Myriapodes s'éloigne peu de celle des Insectes. Le système nerveux est formé d'une chaîne ganglionnaire dont les noyaux sont en nombre égal à celui des z00nites. L'appareil respiratoire est un système de trachées, diffus comme celui des Insectes. L'appareil circulatoire et le mode de circulation du sang ne diffèrent de ce qui existe chez les Insectes que dans les détails. Il y a un cœur, consistant en un vaisseau dorsal divisé en une longue suite de chambres, et de ce cœur naît une aorte qui fournit plusieurs artères, ainsi que l'ont appris de minutieuses recherches de George Newport.
Les ovaires ne sont pas des gaines analogues à celles des Insectes, mais des sacs auxquels se trouvent appendus des loges ovifères,
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La marche du développement chez les Myriapodes est d’un haut intérèt, Ces animaux, qui à l’état adulte rappellentles allures de certains Vers marins, les Néréides par exemple, et diffèrent d'une façon alors si frappante des Insectes, ressemblent à ces derniers dans leur premier âge. Les Myriapodes n'ont d'abord que trois paires de pattes. Le fait fut constaté au siècle dernier
DÉVELOPPEMENT DU IULE TERRESTRE (lulus terrestris ).
4. L'embryon au moment de la rupture de l'œuf. —2 et 3. Nouveau-né à la fin du premier jour. — 4. Le jeune, à son neuvième jour, — 5. Au dix-seplième jour, — 6, Au dix-neuvième jour. — 7. Au vingtième jour, — 8. Au vingt-sixième jour, (Ces figures sont empruntées au mémoire de Newport.)
par de Geer. En 1823, un professeur de Pise, M. Savi, poussa un peu plus loin les investigations; MM. Brandt, Waga, Gervais, firent de nouvelles observations sur le développement de ces animaux, et en 1841 Newport ajouta beaucoup à ce que l'on connaissait déjà sur ce sujet, par l'étude très-attentive d'une de nos espèces les plus communes.
Comme le remarque ce savant, tandis que, chez les Insectes
Le Dei
arrivant à leur état parfait, s'opère une soudure des anneaux, qui se traduit par une diminution apparente dans leur nombre, chez les Myriapodes, au contraire, le nombre des anneaux du corps ne cesse de s’accroitre jusqu’à la fin du développement.
Dans le type observé par Newport (lule), le jeune qui, au sortir de l'œuf, est recouvert d’une enveloppe, porte une attache à l'extrémité de son corps : il a alors neuf anneaux distincts après la tête. L'accroissement de l’Animal marche rapidement, les anneaux se montrent bientôt avec plus de netteté, et l’on commence à apercevoir les premiers vestiges des pattes. Les anneaux se multiplient, et à un moment l'animal a trois paires de pattes; il continue à s’allonger, de nouveaux anneaux se dessinent, de nouvelles pattes se forment d'avant en arrière, comme les figures en donnent l’idée la plus exacte.
La classe des Myriapodes a été partagée en deux ordres : les Cnoëxarues, chez lesquels les pièces buccales sont assez faibles, les pattes courtes, attachées par double paire à chacun des anneaux du corps; et les Cnizorones, chez lesquels les pièces de la bouche sont fortes, la seconde paire de mâchoires auxiliaires trèsdéveloppée, les pattes attachées par paire simple à chacun des anneaux du corps.
Les Chilognathes se cachent dans la terre humide, où ils vivent de substances végétales en décomposition ; quelques-uns atta— quent aussi les jeunes pousses des plantes. La famille des lunes est la plus importante de l’ordre. Les Iules sont au nombre des Myriapodes qui méritent le mieux le nom de Wille-pieds; ils n’en ont jamais mille, il est vrai, mais parfois quelques centaines. Ces animaux, ayant le corps fort long et cylindrique, se con tournent en spirale et s’échappent en glissant, car leur surface est lisse et luisante. Dans tous les champs, dans les jardins, dès qu'on remue un peu la terre, on découvre le Iule terrestre (Zulus lerrestrs), qui est d’un noir bleu, avec les bords des anneaux jaunâtres. Dans l'Amérique du Sud, il existe des lules très-sem-