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pend pour l’allonger, puis le laisse entrainer par le vent; le voyant accroché à une branche, elle s’élance sur cette corde tendue et va l’assujettir; revenant au milieu, elle descend avec un fil qu'elle maintient perpendiculaire, dispose ensuite les rayons, et établit enfin les cercles. L'Epéire, qu'il serait pour nous trop long de suivre dans tous les détails de son opération, répare avec une intelligence parfaite les déchirures faites à sa toile, sans jamais se donner plus de besogne qu'il n'en est besoin. Notre Araignéé des jardins enferme ses œufs dans un cocon, et, comme elle doit périr aux approches de l'hiver, comme ses jeunes ne doivent naître qu’au printemps, de son mieux elle cache son cocon dans une cavité ou sous une pierre.
La toile de l'Epéire diadème est jolie, mais les immenses toiles des grandes Epéires de l'Inde, des iles de la Sonde, de la Polynésie, de Madagascar, souvent suspendues au-dessus des rivières, accrochées aux arbres des deux rives, sont admirables, nous disent les voyageurs.
A l'île Bourbon et à Madagascar, il est une Araïgnée, l'Epéire de Maurice (Epeira, Mauritia), qui, au milieu de sa toile, tend un énorme fil d’un blanc d'argent plié en zigzag. Des Mouches, des Insectes légers viennent à se jeter sur sa toile, l’Araignée jette quelques fils légers et les enlacent. Survient-il une Sauterelle, un gros Insecte, que les fils ordinaires seraient impuissants à retenir, aussitôt l'Epéire détache son gros fil, son cäble, et enroule le volumineux animal. Voilà ce que nous a appris le docteur A. Vinson.
Les Sazranes sont de petites Araignées parées des couleurs les plus vives et les mieux nuancées; ayant un corps court etlarge,un céphalothorax carré ; des pattes courtes et trapues; des yeux au nombre de huit, quatre sur le’ front, les deux du milieu énormes, et quatre en arrière, disposés en carré. Ces yeux placés sur divers points permettent à l’animal chassant au grand jour, de voir partout autour de lui; ces pattes si robustes lui permettent de
- sauter, et ainsi de saisir une proie ou d'échapper à un danger. Les Saltiques, comme le dit leur nom, sont les Araignées sauteuses : ils produisent peu de soie; ils se confectionnent seulement de petites cellules, et souvent ils errent sur les murailles et les troncs d'arbres
Les Lycosies, aux couleurs sombres, se voient partout, errant à travers les chemins, courant au bord des eaux et même sur les plantes aquatiques. Ce sont les Vagabondes pour Valckenaer, car elles ne construisent pas de toiles, elles chassent et se retirent dans tous les endroits qui peuvent leur fournir des abris. Elles enveloppent leurs œufs dans un cocon de soie pure, et, mères excellentes, elles portent constamment avec elles ce précieux fardeau et souvent aussi leurs nouveau-nés, au besoin, défendent cette progéniture avec le plus brillant courage. Il y a dans notre pays beaucoup de petites espèces de ce genre; il y en a de grosses dans le midi de l’Europe, notamment la Tarentule (Lycosa tarentula) du midi de l'Italie. Chacun a entendu parler des accidents qu'occasionne la piqûre de cette espèce. Que l’on demeure bien assuré que, pour nous, l'effet de sa piqûre est insignifiant. La fable de la Tarentule a été inventée par les Napolitains ou par les habitants de la Pouille, afin de se donner un prétexte pour danser la {arentola.
L'ordre des PéniParpes comprend le genre des Scorpions et quelques formes voisines. Ce sont les Arachnides qui ont le corps revêtu d’un tégument de, consistance coriace ; l'abdomen formé d’anneaux très-distincts ; deux yeux sur la ligne moyenue du céphalothorax, et sur les côtés, des yeux plus petits en nombre variable; des antennes-pinces pourvues d'un doigt mobile, et ne donnant passage à aucune sécrétion ; de grandes pattes-mâchoires terminées, soit en pince, soit en griffe. Ces Arachnides sont dépourvus d'organes affectés à la sécrétion de la soie; leur respiration s'effectue par des sacs pulmonaires en ab variable, ouverts à la base de l'abdomen.
La grande division de l'ordre des Pédipalpes est la famille des ScorPionipes, ou les Scorpions. Ces animaux, propres aux pays chauds, sont un sujet de terreur pour une infinité de gens, et ici la crainte est un peu justifiée.
Les Scorpions, animaux vivipares, ont toujours un corps allongé; des yeux au nombre de six, de huit, de dix ou de
LE SCORPION ROUSSATRE
(Scorpio occilanus).
douze; des antennes constituant des pinces préhensiles; de grandes pattes-mâchoires terminées en forme de main; deux lames pectinéessituées à la base de la région ventrale ; un abdomen rétréci en arrière et figurant une sorte de queue composée de six zoonites, dont le dernier, terminé par un crochet ou aiguillon, livre passage à un venin reproduit par une double glande. Voilà, en effet, le caractère singulier des Scorpionides : ën cauda
venenum. Dans l'attaque ou dans la défense, ces animaux, redressant la partie postérieure de leur corps, frappent de leur aiguillon, dont l'effet est justement redouté. Seulement, les Scorpions vivent sous des pierres, ils chassent pour leurs besoins; mais s’il y à des personnes qui se font piquer par ces animaux, c’est par suite d’une grande maladressé ou d’une grave imprudence, car les Scorpions sont inoffensifs pour qui ne les touche point.
Nous n'avons en France que deux espèces de Scorpions, et encore ces espèces ne se trouvent-elles qu’au voisinage de la Méditerranée : l'une est le Scorpion roussâtre (Scorpio occilanus), long de 8 à 9 centimètres; l’autre, noirâtre, de petite taille, peu dangereux, ayant la queue mince, se cachant souvent dans les maisons, dans les interstices des boiseries, est le Scorpion d'Europe (Scorpio europæus). C’est principalement avec le Scorpion roussâtre qu'ont été faites les expériences dans le but de déterminer les effets du venin. On a constaté que la piqüre des Scorpions est mortelle pour eux-mêmes, comme pour de petits animaux. En effet, si l’on place plusieurs individus dans une même boîte, ils ne tardent pas à se frapper, et bientôt il ne reste plus qu'un individu vivant. Les anciens, cherchant toujours le merveilleux dans leur imagination, assuraient que les Scorpions se piquaient eux-mêmes dans des circonstances désespérées, par exemple si on les entourait d’un cercle de feu; personne n’a été témoin d’un pareil suicide. Tout Scorpion est disposé à piquer ce qui l approche, mais jamais à se piquer lui-même, si mauvaise que soit la situation où il se trouve.
À l'ordre des Pédipalpes se rattachent encore deux types dont nous n'avons aucun représentant en Europe, les Télyphones et les Phrynes (familles des Télyphonides et des Phrynides). Les premiers, ayant une longue queue mince, éjaculent par deux petits pores un liquide d’une saveur acide; ce qui leur fait donner aux Antilles le nom de Vinaigriers; les Phrynes, avec de trèslongues pattes-mâchoires et le corps aplati, n’ont aucune arme.
L'ordre des Térracères comprend un seul type, celui des Galéodes, ou la famille des Garéonipes. Ce sont, comme tous ceux qui viennent à la suite, des Arachnides à respiration trachéenne, d’une belle conformation, au corps élancé, aux anneaux thoraciques séparés, aux antennes-pinces didactyles d’une grande puissance. Les Galéodides ont en outre deux petites antennes grêles; de sorte qu'il existe ici deux paires d'antennes, comme chez la plupart des Crustacés, et seulement deux yeux placés sur le front. Les Galéodes sont propres aux pays chauds; généralement d'assez grande
taille, très-velues, de couleur fauve, d’une extrême agilité, n ‘ayant d'autres armes que les antennes-pinces, ne possédant aucune industrie, elles chassent bravement. Les voyageurs qui les ont