‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 164 sur 174 · TA · texte numérisé non relu

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Les Pnazanenes se composent essentiellement du genre Faucheur. Tout le monde connaît ces Arachnides aux pattes grèles, démesurément longues, qui arpentent les murailles. Nous en avons une espèce bien vulgaire, le Faucheur commun (Phalangium opilio). Nous ne connaissons pas le développement de ces curieux animaux, qui naissent probablement sous une forme différente de celle des adultes.

L'ordre des AcarmEns comprend une prodigieuse multitude de petites espèces vivant dans les conditions les plus diverses. Ces Arachnides, qui naissent n'ayant que trois paires de pattes, ont un corps dont toutes les parties sont plus ou moins confondues, les antennes en pinces ou en griffes, la bouche conformée le plus ordinairement pour la succion.

Les Trowsinupes se tiennent dans les Mousses, sous les pierres, dans tous les endroits humides. Les jeunes, au sortir de l'œuf, ressemblent aux adultes, mais ils n’ont alors que trois paires de pattes. Une espèce de l’Inde, d'assez forte taille et d’un beau rouge, fournit une matière tinctoriale (Trombidium tinciorium) ; une petite espèce ayant la même coloration est commune dans notre pays : c’est le Trombidion soyeux (Zrombidium holosericeum).

Les Hypracexwes vivent dans l’eau, venant prendre l'air à la surface, en grimpant sur les plantes. Ces Arachnides ont de eurieuses métamorphoses ; leurs larves, avec le corps en forme de poire, de très-petites pattes, vivent en parasites sur des Insectes aquatiques, les Dytiques, les Nèpes, les Ranatres. Découvertes par Victor Audouin, qui croyait observer un type nouveau, leur véritable nature a été bientôt reconnue par Dugès et Burmeister.

Les Ixonnes, qui ont un long suçoir, vivent du sang des animaux. Les Chiens sont fréquemment atteints par l’Ixode ricin ou la Tique (Ixodes ricinus). Les GamasiDEs, ORIBATIDES, AGARIDES; sontles plus petits. Les Sarcopripes, aux pattes courtes, terminées par des ventouses et de longs filets, sont les Acarus de la gale de l'Homme et des Animaux (Sarcoptes scabiæ, ete.).

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Les Insectes, les Myriapodes, les Arachnides sont les Articulés terrestres. Parmi eux, à la vérité, certaines espèces vivent dans l’eau, mais c’est une condition de séjour transitoire, ou une condition qui ne les empêche pas de conserver le caractère essentiel de la vie des Animaux terrestres, c’est-à-dire une respiration aérienne. Au contraire, les Crustacés sont les Articulés aquatiques, et si quelques-uns d’entre eux séjournent à terre, ils n’en conservent pas moins le caractère des êtres destinés à vivre dans l'eau, une respiration aquatique.

Les Crustacés, formant dans leur ensemble une division très naturelle, présentent néanmoins peu de particularités, communes à toutes les espèces, que l’on puisse opposer aux caractères des animaux appartenant aux trois autres classes de l'embranchement des Articulés. Le caractère tiré de leur respiration est le plus général. Les Crustacés respirent par des branchies, ou simplement par la peau. Le nombre des pattes, souvent de cinq à sept

paires chez les Crustacés, a été pris comme signe propre à faire

distinguer ces animaux de ceux des autres classes; mais le

caractère perd toute sa valeur avec les espèces qui restent tou-

jours dans un état d’imperfection très-marquée, comme nous en avons de nombreux exemples. Aussi, quand un zoologiste émi-

nent, de Blainville, proposa une classification des Articulés, où

les grandes divisions étaient distinguées les unes des autres

d'après le nombre des appendices de la locomotion, le résultat

fut complétement malheureux à l'égard des Crustacés.

Quoi qu'il en soit à cet égard, les Crustacés ont ordinairement, outre les pattes ambulatoires, une à trois paires d'appendices analogues, s’ajoutant aux pièces buccales ordinaires, et que l'on nomme des pattes-mâchoires, deux paires d'antennes, un abdomen pourvu d’appendices, les orifices des organes de la reproduction doubles.

Chez ces Animaux, les téguments sont formés des mêmes éléments que chez les Insectes et que chez les autres Articulés; seu-

-lement, dans une infinité de Crustacés, particulièrement ceux de l'organisation la plus parfaite, il se fait un dépôt de sels calcaires dans la couche épidermique, constituée essentiellement par la chitine, et le test acquiert de la sorte une épaisseur considérable et la dureté de la pierre. Dans les Crustacés supérieurs, de même que chez les Arachnides, les anneaux de la tête et du thorax se soudent d’une manière complète, et, les pièces dorsales unies, deviennent cette carapace des Crabes, des Écrevisses, etc.

Les muscles, généralement d’un beau blanc chez les Crustacés, ont les mêmes caractères que chez les Insectes. Il n’en est pas autrement pour le système nerveux. Le nombre des centres médullaires peut être plus considérable, puisqu'il est toujours en rapport avec celui des zoonites et des appendices, mais la disposition reste semblable. Le phénomène de centralisation du système nerveux est soumis à la même loi que chez les Insectes et les Arachnides; cette centralisation se prononce d'autant plus,

que tout l'organisme se perfectionne davantage. C’est ce qui a été démontré, il y a quarante ans, par les belles recherches de MM. Audouin et Milne Edwards.

Chez les Crustacés, les organes de la vision manquent rarement. Il y a, chez la plupart des espèces, des yeux composés présentant des facettes soit hexagonales, soit carrées, et dans quelques genres, à la fois des yeux composés et des yeux simples. Tout donne à penser, mieux encore pour les Crustacés que pour les [nsectes, que l'audition s'effectue au moyen des antennes; car, dans les types les plus parfaits, à la base des antennes internes, il existe de chaque côté une cavité pourvue d’une sorte de capsule auditive, et fermée, soit par une membrane tendue, soit par un petit opercule pierreux. L'existence de l’odorat est facile à constater chez ces animaux, car on les attire avec des substances de leur goût; mais le siége de ce sens n’a pas été mieux déterminé ici que chez les Insectes. Le tact, sans doute fort émoussé sur le corps, doit s'exercer au moyen de poils et d'épines mobiles.

Chez les Crustacés, animaux carnassiers et très-voraces pour la plupart, le tube digestif est droit. Dans les groupes supérieurs, l'estomac, vaste, globuleux, à parois épaisses, est garni d'un appareil osseux ou cartilagineux propre à triturer; dans les groupes inférieurs, les suceurs, par exemple, l'estomac a souvent des prolongements latéraux. Le foie se modifie comme chez les Arachnides; dans les types les plus parfaits, il consiste en grappes de vésicules agglomérées, en simples canaux biliaires dans les types dégradés.

L'appareil de la circulation du sang, dont la connaissance a été acquise pour les types supérieurs par les recherches de MM. Audouin et Milne Edwards, se modifie considérablement suivant les types. Dans les Crabes et les Écrevisses, le cœur est une poche musculeuse, occupant la base du céphalothorax ; dans les types inférieurs, un vaisseau dorsal qui s'étend dans la longueur de l'abdomen. Le système artériel est très-complet dans les pre-

miers; mais, chez tous, le sang veineux circule et se porte aux organes respiratoires par des canaux moins bien endigués que chez les Arachnides, pour être ramené des branchies au cœur par des canaux branchio-cardiaques.

Longtemps on demeura persuadé que les Crustacés ne subis= saient pas de métamorphoses, qu'ils naissaient ayant déjà à peu près toutes les formes des adultes. L'observation des Écrevisses et de quelques autres espèces au sortir dé l'œuf ne permettait pas de soupçonner ce que bientôt on devait rencontrer chez le plus grand nombre des Crustacés. Mais, en 1830, un naturaliste de la Grande-Bretagne, John Vaughan Thompson, annonçait l’existence de métamorphoses presque aussi remarquables que celles des Insectes, chez des Crabes et d’autres Crustacés. Il avait reconnu, dans de petits êtres sortant des œufs d’une espèce de Crabe, des animaux considérés comme appartenant à un type fout particulier. On se refusa d'abord à croire à l'exactitude des observations de l’auteur anglais. Cependant, vers la même époque, par l'étude des premières phases de la vie des Lernées, parasites classés par Cuvier avec les Zoophytes, Nordmann s'était assuré que ces animaux possèdent dans leur jeune âge les caractères essentiels de certains petits Crustacés de nos eaux douces. A l'égard des Cirrhipèdes, rattachés à l’embranchement des Mollusques par tous les auteurs, un résultat analogue avait été obtenu. Depuis trente ans, les recherches sur le développement des Crustacés se sont extrémement multipliées. MM. Spence Bate, Fritz Müller, Gerbe, Hesse, etc., ont beaucoup étendu nos connaissances sur ce sujet, et aujourd'hui il est constaté que les Crustacés, naissant, pour le très-grand nombre, avec des formes et une organisation très-différentes de celles des adultes, subissent, après leur sortie de l'œuf, des changements des plus considérables, de véritables métamorphoses, mais sans qu'il y ait jamais chez ces animaux de période d'inactivité comparable à l’état de nymphe ou de chrysalide des Insectes.

Après les travaux de Desmarest en 1825, les études sur les espèces des côtes de la Grande-Bretagne par Leach, de 1815 à 1826, l'exposé de Latreille dans le Règne animal de Cuvier, l'ouvrage où l'on trouve les divisions de la classe des Crustacés bien définies, et les espèces rigoureusement déterminées, est celui de M. Milne Edwards, publié de 1835 à 1840. Cet ouvrage a été le point de départ de tousles travaux les plus récents sur cette branche de la zoologie. Les écrits sur les Crustacés sont nombreux aujourd’hui, et parmi les plus importants, il faut citer un grand ouvrage d’un savant naturaliste des États-Unis, M. James Dana; une série de mémoires par un zoologiste du Danemark, M. Krôyer; une belle étude de M. Van Beneden sur les Crustacés du littoral de la Belgique; divers mémoires sur les Crustacés inférieurs par M. Hesse (de Brest), et de nouvelles études approfondies sur les espèces de plusieurs grandes familles par M. Alphonse Milne Edwards, le fils de notre illustre zoologiste.

La classe des Crustacés comprend plusieurs ordres : les Podophthalmesou les Décapodes, etles Stomapodes, les Edriophthalmes, les Entomostracés, les Xiphosures, les Cirrhipèdes.

L'ordre des Décapones comprend les Crustacés, ayant cinq paires de pattes; les yeux portés sur des pédoncules mobiles; l'appareil buccal composé des parties ordinaires et de trois paires de pattes-mâchoires; la tête et le thorax confondus et formant une carapace; les branchies attachées à labase des pattes et cachées sous cette carapace; l'abdomen pourvu d’appendices servant, chez les femelles, à porter les œufs. Les Décapodes sont en nombre immense dans les mers. Parmi ces animaux, chacun reconnaît aisément deux formes principales : les Crabes, dont l’abdomen, très-peu développé relativement aux autres parties du corps, est reployé sous le thorax : les Décapodes à courte queue, ou les Prachyures; les Écrevisses, les Langoustes, ete., dont l'abdomen, très-développé, se termine par une nageoïre en éventail : les Décapodes à longue queue, ou les Hacroures. Une autre

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forme, intermédiaire aux deux autres, distinguée par M. Milne Edwards sous le nom de Décapodes Anomoures, comprend des espèces chez lesquelles les pattes de la cinquième paire, trèsréduites, sont en général impropres à la locomotion, et l’abdomen de forme anomale. Le type le plus connu de cette division est celui des Pagures, ou Bernard-l'hermite.

On compte quatre familles de Brachyures : les Maiïides, les Cancérides, les Gécarcinides et les Leucosiides.

Les Manvgs sont les Crabes habituellement désignés sur nos côtes sous le nom d'Araignées de mer. Leur corps affecte plus où moins la forme d’un triangle, le front étant toujours assez étroit pour figurer un rostre. Ces Crustacés ont généralement la carapace inégale, hérissée de tubereules et d'épines, de sorte qu'on les trouve toujours salis par des corps étrangers. Les types de cette famille, les Maias et les Inachus, sont au nombre des plus répandus dans nos mers; les premiers ont un gros corps et des pattes de médiocre longueur. Sur les côtes de la Bretagne, on mange les Maias squinade et verruqueux (Maia squinado et M. verrucosa). Les Inachus ont une petite dimension et des pattes grèles, extrêmement longues : tel l’Inachus scorpion (/nachus Scorpio), que l’on trouve parmi les Fucus. Une espèce gigantesque des côtes du Japon, dont la conformation s'éloigne peu de celle de nos petits Inachus, se distingue par sa taille supérieure à celle de tous les autres Décapodes. Un individu mâle, figurant dans les galeries du Museum d'histoire naturelle, mesure, les pates étendues, 2",60. Les larves des Maias ressemblent au plus haut degré à celles des Crabes.

Les Caxcénbes ont une carapace d'ordinaire beaucoup plus large que longue; le front assez large, nullement avancé en manière de rostre; les pédoncules oculaires très-mobiles, pouvant se loger en entier dans une longue fossette. Il y a dans cette famille des espèces dont les pattes en baguettes sont conformées uniquement pour la marche (Cancérines), et des espèces

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