‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 19 sur 174 · STIGMATES DE DIVERS INSECTES · texte numérisé non relu

STIGMATES DE DIVERS INSECTES

1. De la larve du Hanneton, — 9, Du Dytique bordé, — 3, De la chenille du Sphinx du Troëne.

temps assez long, par le défaut de respiration. Au contraire, l’Insecte placé au milieu d’un air vicié continue à respirer, et alors peu à peu les petites quantités de gaz délétère introduites dans l’appareil respiratoire font sentir leur action toxique, amènent l’asphyxie, déterminent la mort. Les résultats sont analogues avec les substances anesthésiques, l’éther, le chloroforme, etc. Les trachées sont en continuité intime de tissu par leur tunique interne, soit avec les orifices, soit avec les bords des stigmates. Cette membrane, si mince, si délicate, est constituée essentiellement, comme les parties tégumentaires, par la chine. Aussi, comme toutes les parties tégumentaires, elle serenouvelle à chaque âge de l'animal. Quand une larve change de peau, avec la peau abandonnée se trouve abandonnée une dépouille de la tunique interne des trachées. La tunique externe, au contraire, est une membrane celluleuse ne contenant aucune parcelle de chitine ; elle n'adhère point aux parties tégumentaires avoisinant l’ori-

fice, elle demeure libre, simplement accolée au fil spiral. Ce dernier règne dans toute l'étendue des trachées, donnant à ces tubes, même les plus déliés, une incroyable résistance relativement à leur ténuité, et ménageant un espace entre les deux tuniques trachéennes. Les trachées représentent donc un tube renfermé dans un tube d’une capacité un peu supérieure, le tube interne séparé du tube externe par un spiral analogue à un ressort à boudin.

Dans les larves, les conduits respi ratoires sont toujours simples ; dans la plupart des Insectes adultes, ces tubes diffèrent peu de ceux des larves : ce sont toujours des arbuscules infiniment ramifiés. Mais chez les types qui se distinguent par un haut degré de perfectionnement organique, certaines trachées se dilatent et forment des ampoules, de petits ballons plus où moins volumineux. Les Scarabéides, à l'état adulte, ont ainsi un grand nombre de trachées vésiculeuses. Straus-Durckheïm en a donné de magnifiques figures d'après le Hanneton, Des dispositions analogues existent chez divers Orthoptères. Cest parmi les Hyménoptères, cependant, que l’on observe les trachées vésieuleuses les plus remarquables ; à la base de l'abdomen elles forment deux poches immenses d'où partent toutes les branches qui vont se ramifier Sur les parties environnantes.

Le procédé par lequel se modifient les trachées tubuleuses de la larve en trachées vésiculeuses chez l'adulte est simple, de cette simplicité grande qui est le caractère des plus beaux phénomènes de la nature. Dans la trachée tubuleuse destinée à devenir une ampoule, une vésicule, une vaste poche, le fil spiral se retire peu à peu, la double paroi de la trachée affaiblie cède dans une certaine mesure sous l'effort de l'air qui la presse, la trachée s'élargit. C'est un véritable anévrysme normal, mais cest un anévrysme qui s'arrêtera à un point rigoureusement déterminé ; jamais l’affaiblissement de la paroi trachéenne ne sera poussé assez loin pour amener une rupture. Quand le fil spiral a dis-

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paru, les’ deux tuniques de la poche respiratoire se sont rapprochées, ont pris adhérence l’une à l’autre sur certains

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