‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 18 sur 174 · LARVE ET NYMPHE AQUATIQUES, — PHRYGANE · texte numérisé non relu

LARVE ET NYMPHE AQUATIQUES, — PHRYGANE

(Phryganea flaviconnis).

ples ou lames étroites et frangées, formées par des expansions cutanées, sont attachées par paires aux sept premiers anneaux de l’abdomen. Des trachées se ramifient dans l'épaisseur de ces lamelles, et, au travers de leur tissu perméable, puisent le fluide respirable. Chez les Phryganes, larves et nymphes, ce sont des paquets de filaments ou des houppes branchiales qui sont affectés au même mode de respiration.

En considérant d'une manière un peu superficielle les stigmates des Insectes, il vient aisément à la pensée que ces ouver— tures doivent être singulièrement exposées à laisser pénétrer des poussières ou d’autres corps étrangers. Mais lorsqu'une attention sérieuse se porte sur le mode de construction des orifices respiratoires, dans les divers groupes de la classe des Insectes, l'admiration pour les infinies ressources de la nature saisit l'observateur.

L'Insecte at-il une peau très-molle, ce qui est le cas ordinaire pour les larves, les stigmates ont leur bord corné, le péritrème, assez large, assez épais, assez dur pour résister à tout froissement, et les deux bords de la boutonnière si bien taillés, qu'en se rapprochant, ils déterminent une ocelusion parfaite de l'orifice respiratoire. L’Insecte est-il destiné à vivre dans une condition où ses stigmates se trouvent fort exposés, soit au contact de corps étrangers, soit à l'introduction de poussières, les bords de ces stig— mates sont garnis alors de cils, de franges, de plumules, d'une délicatesse sans pareille, affectant la plus merveilleuse disposition pour empêcher l'entrée des plus petits corpuscules.

La vie de l'animal pouvant être mise en danger par l'intro duction, dans l'appareil respiratoire, de matières gazeuses, esl également protégée par Îles dispositions organiques les plus curieuses. De petits muscles placés dans diverses directions, el devenant, par cette différence de direction, antagonistes les uns des autres, permettent à l'Insecte d'ouvrir et de fermer com plétement ses stigmates. Ces muscles sont sous la dépendance de ln volonté de l'animal, comme le montrent toutes les expériences. Tandis que chez l'Homme, que chez les Animaux à sang chaud en général, la respiration peut à peine être arrêtée quelques instants sans amener l’asphyxie, elle peut être suspendue chez les Insectes pendant un temps fort long, sans accident grave.

Il y a plus de quarante ans, un ingénieux physiologiste, William Edwards, remarqua le premier que des Insectes entièrement plongés dans les gaz les plus délétères continuaient à marcher, à agir, sans manifester un grand trouble. Il vit en même temps que des Insectes placés dans un air atmosphérique très-légèrement chargé de vapeurs délétères ne tardaient pas à être asphyxiés. Au premier abord, un pareil résultat devait paraître inexplicable ; mais la connaissance exacte des dispositions organiques des orifices respiratoires devait bientôt

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conduire à tout expliquer. En effet, l’Insecte plongé dans du gaz acide carbonique, dans de l'hydrogène sulfuré et saisi soudaine ment par l'impression violente que produit le gaz délétère, ferme ses stigmates et cesse de respirer. Il ne périra alors qu'après un

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