MÉTAMORPHOSES DE LA ZÉRÈNE DES GROSEILLIERS
(Zerene grossularia),
élroites, avec des teintes grises ; un thorax très-velu, comme lai-
neux ; des antennes pectinées dans les mâles ; une apparence enfin qui rappelle beaucoup celle des Bombyx. Plusieurs de ces Phalènes ont aussi, comme certains Bombyx, des femelles dont les ailes sont à l’état rudimentaire. Le type de ce genre Phalène, restreint à des limites étroites, est la Phalène du Bouleau (Phalæna betularia). La chenille, une des plus grosses arpenleuses, de couleur verte ou brunâtre et couverte de petites verrues, vit sur les grands arbres des forêts, et particulièrement sur les Bouleaux, les Trembles, les Peupliers. Au mois de septembre, quand elle a acquis toute sa taille, elle descend dans la terre, s’y forme une loge ovalaire, etse transforme en chrysalide. Le Papillon éclôt au mois de mai ou de juin de l’année suivante; son corps, ses ailes d’une teinte grise, presque blanche, sont parsemés d’une multitude de petites taches et d’atomes confus d’un gris sombre. Les plus grands individus de cette espèce ont une envergure de plus de 5 centimètres.
Sous le nom de Nyssies (Nyssia), on distingue des vraies Phalènes des espèces à antennes plumeuses chez les mâles, à thorax épais, revêtu de longs poils soyeux, dont les femelles ue portent que de petits moignons d'ailes tout fripés. Les. Hiberuies, ainsi nommées à cause de leur apparition pendant les mois d'hiver, ont le corps moins robuste, les antennes finement pectinées, lesailes larges ; les femelles n’ont que des rudiments d'ailes, et quelques-unes même sont complétement aptères. L’'Hibernie effeuillante (Hibernia defoliaria), aux ailes d’un jaune terne, avec de petites lignes et deux raies brunes, est commune dans les jardins comme dans les bois. Sa chenille vit indifféremment sur les arbres fruitiers et sur les arbres des forêts.
La dernière grande division de l’ordre des Lépidoptères que nous ayons à signaler est la famille des Pyrarines. C’est la foule des petits Lépidoptères; aussi n'est-ce pas autrement que les désignent souvent les entomologistes : les HMicrolépidoptères. Les Pyralides, répandues en nombre immense par le monde entier,
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ont très-vivement excité l'intérêt des naturalistes modernes. Extrèmement variés sous le rapport des formes typiques, ces Lépidoptères sont aussi des plus remarquables par la diversité de leurs habitudes. Malgré l’exiguïté de leur taille, ils peuvent compter parmi les mieux partagés sous le rapport des ornements, et ils comptent parmi les plus curieux sous le rapport des habitudes, des mœurs, des transformations. Cependant, malgré des différences notables entre les principaux types, il ne semblerait pas heureux de séparer nos Pyralides en plusieurs familles ; des types intermédiaires rapprochent ceux que l’on peut regarder comme les plus éloignés, comme les Pyralines ou Tordeuses, d'une part, et les Teignes ou Tinéines, d'autre part.
Dans leur ensemble, les Pyralides sont caractérisées par un corps assez frêle, des ailes amples, une trompe généralement bien développée, des palpes labiaux, toujours longs et souvent d'une très-grande dimension. Dans la première phase de leur existence, ces Insectes sont pourvus, comme la plupart des chenilles, de cinq paires de pattes membraneuses. Les chenilles des Pyralides n'ont jamais que des poils épars. D'une agilité sans égale parmi les chenilles, à cause de la grande flexibilité de leurs téguments, elles avancent ou reculent sans plus de difficulté. Fuyant la lumière, demeurant cachées, ayant à redouter des chutes qui les blesseraient, la nature leur a donné le moyen de se soustraire au danger. Pourvues de glandes soyeuses assez développées, ces chenilles laissent continuellement échapper des fils, et si un choc vient à les faire tomber, elles se trouvent suspendues, de façon à pouvoir remonter au moyen de la corde qu'elles ont fixée à l'instant même de leur chute.
Toutes les Pyralides sont d’une taille fort exiguë, c'est à peine si quelques-unes de leurs espèces atteignent l’envergure des petites Noctuelles. On sait combien tous ces petits Lépidoptères sont attirés par les lumières : le nom de Pyrale est tiré du mot grec qui signifie le feu.
Il y a deux types principaux parmi les Pyralides : les Pyrales ou Tordeuses, et les Teignes. Pendant longtemps les petites espèces, qui ont fourni à notre Réaumur le sujet de quelques-uns de ses plus intéressants mémoires, furent étudiées d’une manière assez superficielle : il y avait tant de difficultés à les recueillir sans lesendommager, tant de difficultés à les préparer pour mettre en évidence tous leurs caractères; il fallait une telle patience pour les suivre dans leurs habitudes et dans leurs métamorphoses, qu'on les délaissait. Mais dès le moment où l'attention s’est portée de leur côté, un intérêt nouveau a saisi les amis de la nature; on ne s'imaginerait pas combien alors ces Insectes ont été recherchés. Le jour où l’on s’est mis à recueillir les Pyrales, et surtout les Teignes, à en faire des collections, à les décrire, à les représenter par le dessin, à observer leurs mœurs, l’engouement pour ces mignonnes créatures a gagné beaucoup d’entomologistes en Allemagne, en France, en Angleterre.
Dans cette nombreuse famille, nous distinguons d'abord une première tribu (Botynæ), dans laquelle les naturalistes placent des types qui peut-être ne sont pas tous unis par des affinités bien étroites. Chez tous ces Lépidoptères, néanmoins, les antennes, longues et minces, sont ciliées et quelquefois pectinées dans les mâles ; les palpes, de formes très-diversifiées, dépassent la tête; les ailes, plus ou moins larges, sont presque horizontales pendant le repos.
Des espèces de cette division présentent un peu l'aspect de certaines Noctuélides (groupe des Herminites). Les Hypènes ont les ailes de la première paire aiguës, les ailes de la seconde paire larges, la trompe courte, les palpes droits. Leurs chenilles, ayant une extrême vivacité, sont remarquables par l'absence de la première paire de pattes membraneuses. Les deux espèces les plus communes du genre (Hypena proboscidals et I. rostrals) vivent sur les Orties et le Houblon. Les Herminies ont des palpes recourbés au-dessus de la tête. Leurs chenilles sont