‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 49 sur 174 · CHENILLES D'UNE PHALÉNIDE DANS LEURS DIVERSES ATTITUDES · texte numérisé non relu

CHENILLES D'UNE PHALÉNIDE DANS LEURS DIVERSES ATTITUDES

(Ennomos illustraria).

musculaire, on les voit, le corps dressé, rigide, demeurer fixés pendant des heures entières par leurs pattes postérieures seules. Dans cette attitude, leur immobilité est complète, et leurs couleurs, ordinairement vertes ou brunes, étant précisément celles des végétaux et du bois, il est difficile, sans un examen fort attentif, de ne pas les prendre pour de petites tiges ou pour des

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morceaux de bois. Il est peu d'Insectes mieux conformés pour dissimuler leur présence. C’est un moyen donné par la nature à des êtres sans défense, d'échapper à leurs ennemis. Lorsque ces chenilles se trouvent inquiétées, elles se dérobent aussitôt en se laissant choir suspendues à un fil, de façon à ne pas se blesser et à pouvoir remonter sans grande difficulté.

La famille des Phalénides est très-nombreuse en espèces, toutes de taille médiocre et vivant à peu près dans les mêmes conditions. On les a réparties dans une longue suite de genres, mais tous ces genres sont séparés les uns des autres par des caractères trop faibles pour qu'on ait avantage à en constituer des groupes d’un ordre plus élevé.

Ces Lépidoptères ne sont pas sans analogie avec les Bombycides: de même que parmi ces derniers, il en est dont les femelles sont privées d'ailes ou n’en ont que des rudiments ; il est aussi une infinité de mâles dont les antennes pectinées ou plumeuses ont l’aspect de véritables panaches.

Les Phalénides mâles étant comme les Bombyx attirées de fort loin par leurs femelles, il y a une double coïncidence nous donnant à penser que le grand développement des antennes a réellement un rapport avec l'aptitude singulière de beaucoup de Bombycides et de Phalénides.

Examinons maintenant les formes principales de la famille des Phalénides ou des Géomètres. Une espèce assez répandue en Europe, remarquable par ses ailes antérieures anguleuses et ses ailes postérieures prolongées en une sorte de queue, comme chez divers Papilionides, est devenue le type du genre Urapteryx, l'Urapteryx du Sureau (Urapteryx sambucaria), dont les ailes jaune-soufre sont traversées par des raies brunâtres. Sa chenille, qui est ridée et tuberculeuse, file une coque soyeuse pour y subir sa transformation. Cette coque ayant des parois peu résistantes, l’Insecte la protége au moyen de quelques feuilles et la suspend aux branches par de longs fils.

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Les Ennomos, dont la taille est très-inférieure à celle des Urapteryx, ont aussi des ailes dentelées, mais sans prolongement caudiforme. Elles ont des teintes jaunes roussâtres, avec des bandes et une multitude de petits traits d’une nuance plus intense (Ennomos illustraria).

On a réservé le nom de Géomètres pour des Phalénides ayant des antennes pectinées, des palpes terminés par un long article dégarni d’'écailles, par des ailes larges faiblement dentelées et très-généralement d'un beau vert. La plus grande espèce de nos contrées est la Géomètre papillonaire (Geometra papilionaria), qui babite les forêts. Sa chenille, entièrement verte, offrant des gibbosités sur plusieurs anneaux, vit sur les arbres de haute futaie.

Il est de charmantes Phalénides, dont les ailes larges sont presque toujours élégamment peintes, dont les antennes, chez les mâles, ressemblent à des plumes t; on les nomme les Fidonies. Elles volent en plein jour, et au repos redressent les ailes comme de véritables Diurnes.

La Fidonie à plumets (Fidonia plumistaria), Vune des plus jolies espèces du genre, habite la Provence. Ses ailes fauves, couvertes d'atomes noirs agglomérés en certains endroits, de façon à figurer des taches et des bandes, ont un aspect charmant. La chenille de cette espèce, qui a été observée par M. Millière, vit sur les Légumineuses du midi de l'Europe que l'on appelle les Dorychum. La Fidonie du Pin (F. piniaria), fort abondante en Allemagne, et quelquefois aussi en France, dans les plantations d'arbres verts, a été signalée en certaines contrées comme nuisible aux Pins.

Une de nos plus remarquables Phalénides est le type du genre Zérène, caractérisé par des antennes simples, des ailes amples et arrondies. Cette Phalénide est la Zérène des Groseilliers ou la Mouchetée de Geoffroy (Zerene grossularia). A la fin du mois de

(1) Voyez page 210,

mai et dans les premiers jours du mois de juin, les Groseilliers épineux, souvent les Groseilliers rouges ou noirs, et quelquefois les Pôchers et les Abricotiers, ont leurs bourgeons et leurs jeunes feuilles attaqués par les chenilles de cette espèce. Ge sont des Géomètres d’un aspect très-particulier, faciles à apercevoir sur les feuilles et les tiges. Par une singularité presque exceptionnelle, leurs couleurs ressemblent à celles des Papillons et ne servent guère à dissimuler leur présence. Une teinte générale d'un blanc mat un peu jaune, et des séries de taches oranges et noires, leur font un uniforme très-voyant. Des poils noirs, assez roides, très-disséminés, leur donnent un tact très-sensible. Averties d’un danger, ces chenilles se laissent choir au plus vite, suspendues par un fil. Ayant peu de soie, elles établissent leur coque sous des feuilles. Les Papillons éclosent au mois de juillet; près des haies, des champs de Groseilliers, ete., ils se montrent en plein jour. Ne sont-ils pas parés comme des Diurnes? Les écailles de leurs ailes, il est vrai, sont mates, mais leurs nuances sont vives. Le corps de ces Papillons est fauve et tacheté de noir, Leurs ailes sont d’un blanc un peu roux et chargées de gros points noirs; sur celles de la première paire, il y a en outre deux raies fauves

Les Phalénides qui volent en plein jour sont assez nombreuses. Ainsi on voit continuellement, au printemps et à la fin de l’été, dans tous les endroits un peu humides, une espèce assez voisine de la Zérène des Groseilliers, et que sans doute on devrait placer dans le même genre. Ses ailes, d’un beau jaune, sont tachetées de noir : c’est la Phalène panthère de Geoffroy (Melanippe macularia). On remarque également pendant tout l'été, sur les champs de Luzerne, la Phalène aux barreaux (Acidaha clathrata), petit Papillon aux ailes d’un jaune pâle, ornées de raies et de taches noires figurant une sorte de grillage.

Nous avons réservé le nom générique de Phalène pour des espèces qui diffèrent beaucoup de toutes les précédentes par leur

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corps robuste. Véritables Lépidoptères de nuit, elles ont des ailes

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