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muraille, où elle se transforme en une chrysalide, attachée comme
une Piéride par une ceinture et un lien à l'extrémité du corps. Les Ornéodes ont leurs ailes bien autrement découpées que
ORNÉODE HEXADACTYLE PTÉROPHORE A CINQ PLUMES. (Orneodes hexadactylus). (Plerophorus pentadactylus).
Grossis et de grandeur naturelle,
les Ptérophores. Chaque aile offre l’image de six petites plumes bien frangées. C’est douze plumes de chaque côté, vingt-quatre plumes que porte le papillon. Au repos, elles se superposent comme les branches d’un éventail. Les Ornéodes n’ont qu'un vestige de trompe; ils déposent leurs œufs isolément sur les fleurs des Chèvrefeuilles des haies. La petite chenille s’introduit dans le calice et en ronge l’intérieur. Quand tout est dévoré, elle va s'attaquer à une autre fleur; puis elle cherche un abri pour subir sa transformation, et se file une petite coque.
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En écrivant l’histoire si curieuse des Insectes qui peuplent le monde, on s'arrête avec une indicible satisfaction au chapitre relaüf aux Hyménoptères. 11 ne s’agit plus ici de formes élégantes, de couleurs magnifiques, d’ornements splendides; les Hyménoptères, pour la plupart, sont de taille assez minime : en général, ils ont les parures les plus modestes. Quelques-uns d'entre eux brillent beaucoup, il est vrai, mais ils constituent l'exception, et encore sont-ils très-petits.
En observant les Hyménoptères, on ne songe plus à rencontrer la beauté; un intérêt d'un ordre plus élevé saisit l'esprit. Voici un Lépidoptère admiré pour la richesse de ses couleurs, pour les formes de ses ailes majestueusement déployées; un Coléoptère qui éblouit par l'éclat de ses élytres plus étincelantes que les métaux ou les pierres fines; mais ce Lépidoptère ou ce
Coléoptère qui étale une orgueilleuse opulence est l'être dont
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l'existence désœuvrée est presque sans attrait. Un Hyménoptère butine sur les fleurs. Il a des teintes grises, des nuances sombres; son extérieur est la simplicité même. L’Insecte qui n’attire l’attention par aucune parure devient bientôt, pour l'observateur attentif, l'objet d’une sorte de surprise, puis d’une séduction extrême, puis d’une admiration à peu près sans limites. Des mouvements agiles, une ardeur infatigable, des allures fières, dénotent chez l'Hyménoptère une véritable supériorité.
Contraste merveilleux dans la nature que celui du splendide Papillon où du magnifique Bupreste avec l'Abeille solitaire. D'un côté, tout l'éclat extérieur imaginable dans une existence vide. De l’autre côté, une charmante simplicité extérieure dans une existence occupée par le travail, par les soins maternels, où se déploient toutes les admirables ressources de l’instinct poussé au degré suprême, les qualités brillantes de l'intelligence.
Au milieu de la création, les contrastes de ce genre abondent, et, comme les moyens infinis de la nature conservent partout leur grandiose caractère d'unité, des contrastes analogues se reproduisent entre les espèces d'une même elasse, entre les espèces d’une même famille, et nous pourrions ajouter avec la même vérité, s’il nous était permis de sortir de notre sujet, entre les individus d’une même espèce, d’une même société.
Chez les Lépidoptères, on observe presque en fout l'uniformité; l’uniformité dans les formes extérieures, dans les caractères organiques, dans les phases du développement, dans les conditions d'existence, dans la nature des instincts. Il y a des nuances infinies, aucune différence considérable.
Chez les Hyménoptères, les différences entre les principaux types sont saisissantes. À l’état adulte, ces Insectes se nourrissent généralement de substances végétales; mais pendant leur période de larves, les uns vivent sur les plantes, les autres demeurent renfermés dans des excroissances qu'ils produisent sur lestiges, sur les feuilles, sur les racines; les autres, absolument
carnassiers, habitent le corps de toutes les espèces d’Insectes ; les autres, êtres voués à l’immobilité, sont approvisionnés par leurs parents, où de proie vivante, ou d’une pâtée composée avec le miel et le pollen des fleurs. C’est la plus grande variété, aussi grande qu'on peut l’imaginer, sous le rapport du régime, sous le rapport des conditions d'existence.
Entre ces larves d’Hyménoptères, les dissemblances sont grandes aussi dans la conformation et dans l’état de développement. Celles d’une famille entière éclosent étant assez bien organisées pour se suffire à elles-mêmes; elles vivent à découvert, elles marchent, elles sont comparables à des chenilles. I en est dont l'existence est cachée, qui se passent de tout secours étranger, parce qu'elles doivent vivre dans l'endroit où ont été déposés les œufs d’où elles sont sorlies, sans jamais éprouver le besoin de se déplacer. Il en est qui naissent privées de tout moyen de locomotion, et si faibles, qu’elles sont absolument incapables de prendre leur nourriture. A celles-là il faut des mères ou des nourrices prévoyantes et industrieuses pour leur fournir des abris et des subsistances.
Beaucoup d'Hyménoptères ne peuvent, comme presque tous les autres Insectes, abandonner leurs œufs. La nécessité de prendre des soins particuliers de leur progéniture leur a été imposée par la nature. Une semblable obligation ne saurait exister sans le travail, sans une industrie, sans l'amour maternel, souvent sans le goût de la famille, sans des instincts variés, parfois sans une certaine intelligence. L'intelligence, ou seul l'instinct très-développé ne se rencontre qu'avec une organisation très-parfaite. Pour accomplir un travail, pour exercer une industrie, des instruments sont indispensables, et des instruments d’une grande perfection ne sont attribués qu'aux êtres assez intelligents pour les utiliser. Il y à des coïncidences inévitables, bien faites pour appeler les méditations du philosophe. Les Hyménoptères sont les mieux organisés de tous les
Insectes, et ils naissent dans la plus misérable condition. N'en est-il pas de même dans les autres classes du Règne animal. Les Oiseaux les mieux doués, lorsqu'ils viennent à la lumière, ne peuvent vivre sans les soins de leurs parents; les Oiseaux les plus ineptes, comme les Gallinacés, les Palmipèdes, en sortant de leur coquille, savent courir après leur nourriture.
Malgré les différences considérables qui existent entre les principaux types de l'ordre des Hyménoptères; différences dans les caractères extérieurs des larves et des adultes; différences dans l’organisation interne; différences dans la marche du développement, dans le genre de vie, dans le régime, dans les conditions d'existence des espèces, tous les Insectes de cette grande division zoologique ont des traits communs faciles à constater.
Les Hyménoptères ont quatre ailes membraneuses (üu»», membrane; rtpa, ailes) nues, parcourues par des nervures plus ou moins nombreuses, mais toujours sans réticulation. Ces ailes, d'une dimension médiocre relativement au volume du corps, sont très-ordinairement d’une parfaite diaphanéité; fréquemment aussi elles ont une teinte enfumée, quelquefois une couleur violacée. Les ailes caractérisent parfaitement les Hyménoptèeres, tous les Insectes que les anciens auteurs appelaient, et que le vulgaire appelle aujourd’hui encore les Mouches à quatre ailes.
Les Hyménoptères ont une tête assez forte, avec des yeux très-gros occupant les côtés de la tête. En outre, il existe d'ordinaire sur le front trois ocelles ou yeux lisses. Les antennes offrent de nombreuses modifications, non-seulement d’une famille à l’autre, mais encore entre les espèces d’une même famille. La bouche de ces Insectes est conformée pour broyer ou triturer, eten même temps, chez la plupart des espèces, pour humer ou lécher. Toutes les pièces sont libres et bien développées : les mandibules sont toujours puissantes, mais diversement con-
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struites, suivant les usages auxquels elles sont particulièrement destinées; les mâchoires et la lèvre inférieure, assez courtes dans la plupart des cas, s’allongent chez les espèces qui pompent le miel; les mâchoires et la lèvre se rapprochant, constituent une sorte de trompe pouvant se replier sous la tête et le thorax, mais non pas se rouler comme celle des Lépidoptères.
Les Hyménoptères ont un thorax bombé et solidement cuirassé, les muscles qui donnent aux ailes leurs mouvements énergiques étant très-volumineux. Les pattes sont d’une force médiocre : les Hyménoptères, bien autrement capables de marcher que les Lépidoptères, ne sont cependant, en général, ni des Insectes marcheurs, ni des Insectes coureurs. Ils possèdent dans leurs ailes les meilleurs instruments de locomotion, et, dans les circonstances où ils ont un faible espace à franchir, s'ils courent, s'ils marchent, ils accélèrent leur mouvement en se soutenant avec leurs ailes. Les seuls Hyménoptères vraiment marcheurs sont ceux qui demeurent privés d'ailes, comme les Fourmis neutres; chacun connaît la mesure de leur agilité. Ce que les pattes de beaucoup d'espèces présentent de plus remarquable, ce sont les dispositions particulières les rendant propres à l'exécution de certains travaux; mais ici rien ne se prête à la généralisation, et c’est dans l’histoire des familles que doivent être consignés les faits de ce genre les plus notables.
Dans la plupart des types, l'abdomen a une extrême mobilité, étant attaché au thorax par une portion fort rétrécie, constituant un véritable pédicule : la {alle de Guêpe est quelquefois prise comme terme de comparaison. Dans les femelles, l'abdomen porte toujours à son extrémité un instrument qui joue un rôle très-considérable dans la vie de ces animaux : la larière ou l’aiguillon. Cette armure, formée invariablement des mêmes parties dans tous les Insectes, ainsi que l’a démontré, il ÿ à une quinzaine d'années, un habile zoologiste, M. Lacaze- Duthiers, à l’état rudimentaire parmi les représentants de
certains ordres, les Lépidoptères, par exemple, conserve une grande importance chez toutes les espèces d'Hyménoptères, en subissant des modifications fort curieuses et assez multipliées.
Les Hyménoptères ont des métamorphoses complètes. Les larves de la plupart d’entre eux, molles, entièrement blanches, absolument privées de pattes, ont l'apparence de vers; Les larves des autres portent de petites pattes écailleuses et des pattes membraneuses analogues à celles des chenilles, et presque toutes, arrivées au terme de leur croissance, s’emprisonnent dans une coque au moyen de la matière soyeuse qu’elles peuvent sécréter, et se transforment ensuite en une nymphe emmaillottée.
Les principaux types de l’ordre des Hyménoptères étant |
parfaitement caractérisés, la classification de ces Insectes est assez simple; ces types sont autant de familles. Diverses particularités de conformation ou de mœurs nous permettent de rapprocher plusieurs d’entre elles d’une façon avantageuse pour notre exposition.