‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 57 sur 174 · TARIÈRE DE L'HYLOTOME DU ROSIER · texte numérisé non relu

TARIÈRE DE L'HYLOTOME DU ROSIER

(Aylotoma Rosæ ).

Très-grossie,

qu'à ces Insectes, les dénoncent aux yeux des moins elairvoyants. Leur corps est court, ramassé, avec les côtés le plus souvent très-parallèles. Ils ont des mandibules longues, aplaties, tranchantes; des mâchoires courtes, assez faibles, munies de palpes divisés en six articles; des antennes tantôt filiformes, tantôt épaissies vers le bout, tantôt garnies de rameaux. Les Tenthrédides se distinguent en outre par un caractère des plus frappants. L'’abdomen des femelles est pourvu d’une tarière mobile dentelée, dont la ressemblance avec une scie est saisissante,

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C’est le plus joli petit instrument dont on puisse concevoir l'idée : une double scie, dont la longueur varie de 2 à 3 millimètres, suivant les espèces, où sur cette longueur il y a quinze, vingt dents ou même davantage, taillées avec une régularité absolue, une perfection incomparable. La petite scie de la Tenthrédide n’est pas toujours aussi simple pourtant que la scie d'un menuisier où d'un charpentier; ses dents, parfois, ont ellesmêmes des dents secondaires. Ce sont des dents dentelées. N'y at-il pas dans ce fait une indication pour créer un instrument d'un nouveau genre, ou pour donner un perfectionnement à l'un des instruments le plus en usage dans l’industrie humaine.

La double scie correspond aux stylets de l’aiguillon du Frelon et de l’Abeille. Les deux valves sont maintenues par un support fixé à une écaille adhérente aux parois de l’abdomen. Le gorgeret qui enveloppe les stylets de l’aiguillon se retrouve ici à l'état membraneux, cette enveloppe n'ayant plus d'importance chez les Tenthrédides.

Les Tenthrédides, aux mouvements agiles, ont des couleurs variées, le corps très-lisse et luisant ; consommant peu de nourriture à l’état adulte, elles paraissent s'attaquer de préférence à des fruits, qu’elles entaillent sans peine avec leurs mandibules tranchantes. ;

Les larves ressemblent à des chenilles par leurs formes extérieures comme par leur genre de vie. Depuis longtemps l'épithète de fausses chenilles leur a été attribuée. Plus d’un observateur, en effet, a pu s’y laisser tromper. Des amateurs de Papillons ont nourri, soigné des larves de Tenthrédides, dans l'espérance d'avoir une espèce de Lépidoptère à mettre dans leur collection, et se sont trouvés confus en voyant naître des Mouches à scie. Malgré l'apparence, la confusion est impossible, si l'on y regarde de près. Nous avons vu que les chenilles n’ont jamais plus de cinq paires de pattes membraneuses; les larves des Tenthrédides en ont, en général, sept ou huit paires, et jamais moins de

six. Ces pattes, du reste, ont des cercles de crochets, de même que chez les chenilles. La tête est toujours plus arrondie, plus globuleuse, avec des yeux déjà très-distincts, ce qu’on ne voit guère dans les larves des Lépidoptères.

Les fausses chenilles ont en outre des mouvements qui leur sont propres : ainsi elles ont la faculté de s’enrouler en spirale, et pendant la chaleur du jour il est ordinaire qu'elles conservent cette position des heures entières. Ensuite elles prennent une attitude singulière, si elles se croient menacées; relevant brusquement la partie postérieure de leur corps, elles semblent chercher de la sorte à effrayer l'ennemi. Rongeant le feuillage d’une foule de végétaux, ces Insectes, souvent réunis en groupes plus ou moins nombreux, occasionnent des dégâts fort appréciables. Au moment de se transformer, les larves des Tenthrédides filent une coque soyeuse, parcheminée par suite de l’abondance de la matière, comparable à un vernis, qui agglutine tous les fils. Les unes établissent leur coque entre les tiges et les feuilles, les autres s’enfoncent dans la terre. Ces dernières, ne produisant que peu de soie, emploient presque toujours des grains de terre pour renforcer les parois de leur coque.

La chenille qui a achevé son cocon subit aussitôt sa transformation en chrysalide; la larve de Tenthrédide, au contraire, demeure toute ramassée, absolument inerte, sans éprouver d'autre changement pendant une période qui peut avoir la durée de plusieurs mois.

Toutes les Tenthrédides, croyons-nous, passent l'hiver enfermées dans leurs coques, à l’état de larve ou à l’état de nymphe. Adultes au retour de la belle saison, nous les voyons s’agiter au soleil, puis se poser fréquemment sur le feuillage ou les tiges des arbrisseaux. Si l'attention est portée sur une femelle, on remarque qu'elle fait saillir l'instrument qu'elle porte à l’extrémité du corps. La Mouche à scie est en quête d’un endroit propice pour effectuer sa ponte. Pour elle, il s’agit d'une opéra-

tion grave, car elle ne se contentera pas, comme le Papillon, de déposer simplement ses œufs dans un endroit un peu caché du végétal sur lequel doivent vivre ses larves.

La Tenthrède doit mettre plus de soin dans son opération. A l’aide de la petite scie dont elle est pourvue, elle pratique une série d’entailles dans le pédicule d’une feuille, dans la tige d’un arbrisseau, et dans chaque entaille dépose un œuf au fond de la petite cavité, en le recouvrant d'un enduit qui sert à le fixer et à le protéger. Certaines Tenthrédides s'attaquent simplement au pétiole des feuilles; d'autres, au contraire, à des tiges ligneuses quelquefois fort dures. Chaque espèce a un outil adapté à l'usage qu'elle doit en faire. Telle grosse Tenthrède porte une scie toute petite, car elle ne doit entailler que le tissu assez tendre des feuilles; telle autre espèce, d'une taille bien inférieure à la première, est munie d’une scie large, forte, sur-dentelée; elle doit pratiquer des fentes dans un tissu fort dur. Ainsi, d’après une observation de mœurs, le naturaliste peut se douter de quelle nature est l'instrument dont l'Insecte dispose, comme d’après la considération de l'instrument il peut dire quelles sont les habitudes de l'espèce.

Toutes les Tenthrédides sont unies par les affinités naturelles les plus étroites. Quelques caractères extérieurs faciles à saisir ont permis cependant d'admettre des genres assez nombreux dans cette famille et de répartir ces genres en plusieurs groupes et en deux tribus.

La tribu des Tenthrédines, dont toutes les espèces ont le corps court et massif, forme la très-grande partie de la famille. Nous y reconnaissons quatre groupes : les Cimbicites, les Hylotomites, les Tenthrédites et les Lydites.

Les Cimbicites sont les plus grosses Tenthrédides. Ces Insectes ont un corps épais et ‘des antennes renflées vers le bout en une forte massue, auxquelles on ne trouve jamais plus de huit articles distincts. Leur vol est lourd et s'annonce par un bour-

donnement. Les larves de ces Hyménoptères, très-reconnaissables à leur peau chagrinée, n’ont pas moins de neuf paires de pattes membraneuses.

Le genre Cimbex a pour type une grande espèce commune dans les forêts de l'Allemagne et de nos départements de l'Est, le Cimbex jaune (Cimbex lulea). Chez cette Tenthrédide, les différences entre les deux sexes sont telles, que pendant longtemps tous les auteurs ont pris les mâles et les femelles pour des Insectes d'espèces absolument dissemblables. Le mâle est d’une forme un peu allongée avec les pattes très-grosses, et d’une couleur générale brune, à l'exception d’une tache sur le premier anneau de l'abdomen d’un jaune clair; la femelle est d’une forme arrondie et d’une teinte jaune, avec les parties antérieures du corps plus ou moins noirâtres. L'Insecte adulte se montre au mois de mai. Les femelles, malgré leur forte taille, n'ont qu'une tarière assez petite; mais leur instrument n'exigeait pas une grande puissance, car les Cimbex entaillent non pas des tiges ligneuses, comme le font beaucoup de Tenthrédides, mais simplement les pédicules des feuilles.

Les larves de ces Hyménoptères sont d’une belle teinte verte, avec une raie dorsale noirâtre; on ne les voit jamais redresser la partie postérieure de leur corps, mais, pendant le repos, elles se contournent en dedans, et ressemblent par leur attitude, de l'avis de M. Ratzeburg, au chat qui dort.

De petites Tenthrédides se font remarquer par leurs antennes un peu renflées, où l’on ne distingue pas plus de trois à sept articles; elles composent le groupe des Hylotomites. Le genre Hylotome est le plus important du groupe. Ses espèces, abondamment répandues en Europe, ont la plupart le corps jaune, avec des parties noires et des antennes dont tous les articles, à l'exception des deux premiers, forment une tige sans divisions. Dans l'impossibilité de passer en revue la série entière de ces Hyménoptères, nous signalerons en particulier l’espèce la plus

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répandue dans notre pays, l'espèce dont chacun peut observer les habitudes sans beaucoup se déranger, l'Hylotome du Rosier (Hylotoma Rosæ). On le voit à peu près dans tous les jardins pour la confusion des amateurs de roses, qui ne connaissent guère leur ennemi.

Nous sommes dans un beau jardin par une belle matinée du mois de mai. Tout est verdoyant, les Rosiers semblent devoir bientôt étaler leur magnifique parure de fleurs; le soleil jette ses premiers rayons de la journée ; de divers côtés voltigent des Mouches à scie d'une extrême vivacité, qui viennent fréquemment se poser sur les Rosiers. Les gentils Hyménoptères ont 7 à 8 millimètres de longueur, et, quand ils volent, l'envergure de leurs ailes n'excède pas 12 à 15 millimètres. Leur corps, lisse, poli, luisant, est d'un jaune roux, avec la tête, les antennes, le dos et la poitrine noirs, ainsi que l'extrémité des jambes et les articles des tarses : ce sont les Hylotomes du Rosier. Jusqu'ici rien de notable ne s’est manifesté dans les allures de nos Tenthrédides, mais depuis plusieurs jours ces Insectes se montrent en abondance; les mâles et les femelles se sont rapprochés; le temps de la ponte est arrivé : c’est à présent que l'intérêt commence et qu'il faut être attentif pour bien voir les manœuvres de l’Hyménoptère. Voici un Rosier de belle apparence, un Hylotome que nous reconnaissons pour une femelle à sa démarche alourdie par son ventre chargé d'œufs, parcourt les tiges en marchant; il monte, il descend, sa préoccupation est visible ; il explore, il choisit un endroit à sa convenance. On peut l’examiner de près, ilne fuira pas, si de grands mouvements ne viennent l’effrayer, tant il est à sa besogne. Enfin, notre Tenthrède s'arrête sur une tige et s’y cramponne fortement avec ses pattes, la tête tournée en bas; soudain sa tarière se détend, et se montre en entier, semblable à un large glaive. Du bout, l'Hylotome pique le bois, et les deux lames qui constituent l'instrument se retirent pour étendre leur action; chaque lame agit alors dans un sens diffé

rent pour agrandir l’entaille. Ce n’est pas tout, les lames de cette tarière, outre leurs dents de scie, sont pourvues au côté externe d'aspérités fonctionnant à droite et à gauche à la manière de râpes. En quelques minutes, la fente est devenue assez grande pour l'objet auquel elle est destinée. L’entaille achevée, il ya uu instant où la Mouche à scie est tranquille, sa tarière immo bile; puis les deux lames de la tarière s’écartent doucement, et un œuf descend avec une certaine lenteur. L'œuf est déposé dans la fente qui vient d’être pratiquée. Tout n’est pas fini encore : les fibres du bois sciées et écartées se rapprocheraient, le trou viendrait presque inévitablement à se fermer ; l'œuf serait emprisonné, écrasé peut-être, la jeune larve serait dé- . truite avant d’être née. Oui, mais tout est admirablement prévu pour parer à un si grave accident. À peine l'œuf a-t-il pris sa place, qu'un liquide mousseux se répand autour; des glandes spéciales fournissent ce produit. L'action du liquide ne tarde pas à se manifester sur le tissu végétal; la tige s’épaissit, les fibres ligneuses s’écartent, se durcissent, noircissent autour de la plaie ; l'œuf reste libre et adhérent à la faveur de la substance dont il a été imprégné.

Nous venons de voir le travail de notre Hylotome pour déposer un œuf; ce travail est poursuivi pour un second, un troisième, un quatrième œuf. Sur les tiges des Rosiers, on remarque ainsi des lignées d'œufs logés dans une suite d’entailles. Quelquefois on en compte seulement trois ou quatre, quelquefois dix à quinze où même davantage. Une femelle pond un nombre d'œufs beaucoup plus considérable, mais elle n’en dépose pas la totalité en un seul jour. Dans tous les cas, après s'être attachée à la tige d’un arbuste, elle va chercher une nouvelle tige sur un autre arbuste. Un instinct curieux semble avertir l'Insecte qu'il ne doit pas confier à un frêle arbrisseau sa postérité entière; le feuillage ne suffirait pas à nourrir toutes les larves de l'Hylotome.

Les œufs viennent d’être fixés aux tiges des Rosiers; huit à dix jours s’écoulent, et les jeunes larves éclosent; celles-ei se répandent sur les feuilles et commencent à les ronger. Leur croissance est rapide, leurs mues se succèdent, sans amener de changements notables, soit dans leur forme, soit dans leurs couleurs. Le corps de ces larves, d’un jaune plus ou moins foncé, suivant les individus, avec les côtés verts, est parsemé dans toute sa longueur de nombreux tubercules noirs et luisants sur montés de poils. La tête est jaune avec deux taches noires entourant les yeux, qui sont de la même couleur.

.Ces fausses chenilles, si semblables d'aspect aux chenilles, principalement lorsqu'elles marchent, en diffèrent par les attitudes étranges et caractéristiques qu’elles prennent fréquemment. Souvent fixées aux feuilles par leurs pattes écailleuses seules, elles redressent en entier la partie postérieure de leur corps. Vient-on à les inquiéter, elles exécutent ce mouvement avec une étonnante rapidité, comme si, par ce moyen, elles voulaient menacer. Dans d’autres circonstances, elles contournent en dedans les derniers anneaux de leur corps, sans jamais cependant se rouler en spirale, comme le font tant d’autres larves de Tenthrédides.

Vers la fin de juin, les fausses chenilles de notre Mouche à scie sont parvenues au terme de leur croissance. La plupart d’entre elles abandonnent alors le feuillage, et se cachent en terre sans beaucoup s’enfoncer. Quelques-unes s'arrêtent sur des murs, sur des troncs d'arbres, même, ce qui n’est pas ordinaire, sur les tiges de l’arbrisseau sur lequel elles ont vécu. Dans tous les cas, à l'endroit où elles se sont arrêtées, elles se construisent une coque ovalaire composée d’une soie fortement mêlée de matière agglutinante, mais toujours exempte de terre ou de tout autre corps étranger.

Les coques de l’Hylotome du Rosier, d'un jaune terreux, ont une structure singulière déjà signalée au siècle dernier par

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LES HYMÉNOPTÈRES. 319 Réaumur. À l'extérieur, leur tissu élastique, capable de résister à d’assez fortes pressions, est un réseau qui, examiné à l’aide d’une loupe, a, suivant une comparaison de Réaumur, l'appa— rence du réseau d'une raquette. C’est une première enveloppe ; il y a une coque sous-jacente d’un tissu mince, serré, flexible et moelleux, sans adhérence avec la coque extérieure.

On a lieu sans cesse d'admirer l’étonnante perfection des œuvres de la nature. L'Insecte a besoin d’une loge douce et soyeuse pour attendre le moment de sa transformation; il aura cette loge aux parois moelleuses, mais comme cette enveloppe délicate serait insuffisante pour le protéger contre les dangers extérieurs, il sait se construire une enveloppe assez solide pour garantir efficacement la première.

Quand l'Hylotome, débarrassé de la peau de la nymphe, doit venir à la lumière, il déchire avec ses mandibules la double paroi de sa prison, élargissant l'ouverture jusqu’à ce qu'elle soit assez grande pour lui livrer passage.

Vers la fin de juillet et le commencement d'août, paraissent les Hylotomes de la seconde génération de l’année. Ils produisent bientôt, et leurs larves se montrent sur les Rosiers pendant tout l'automne. Celles-ci, avant les derniers beaux jours, s’enfoncent dans la terre et y construisent leurs coques; on n'en verra aucune demeurer sur les arbres et les murailles. N’ont-elles pas besoin, cette fois, d’être complétement à l'abri? elles doivent passer l'hiver; les Insectes adultes n’écloront qu'au printemps. Les larves, bien enfermées dans leurs loges, ne se métamorphoseront point alors; leur transformation en nymphes n'aura lieu qu'au retour de la belle saison. Si l'Hylotome du Rosier est un véritable fléau pour les horticulteurs, ceux-ci, Connaissant les habitudes et le séjour de l’Insecte à toutes les époques de sa vie, peuvent facilement le détruire. Pendant l'hiver, il suffit de racler un peu la terre autour des arbres pour atteindre les coques et les anéantir. Un autre moyen de destruction est encore

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très-possible. IL suffit d’épier le moment où nos Tenthrédides effectuent leur ponte. On découvre aisément leurs œufs sur les tiges; avec une matière visqueuse, un enduit quelconque, il suffit de remplir la fente dans laquelle les œufs sont logés, pour empêcher les larves d’éclore.

Les larves d'une espèce du Brésil (Hylotoma formosa) offrent cette singularité qu'elles construisent un nid en commun. La connaissance de ce fait curieux est due au docteur Sichel.

Les Tenthrédites forment le groupe le plus nombreux de la famille. Ce sont toutes les espèces dont les antennes sans renflement n'ont pas moins de neuf à quatorze articles distincts. Elles ont des mœurs, des transformations très-analogues à celles des Hylotomes. Nous n’anrons à mentionner à leur égard que des particularités dans leurs caractères extérieurs et dans leurs conditions de séjour.

Les Athalies, toutes de petite taille, ont à peu près la coloration de la plupart des Hylotomes, mais leurs antennes ne permettent pas la confusion. Finement pectinées chez les mâles, elles n’ont pas moins de neuf à dix articles bien distincts dans les deux sexes. L’Athalie de la Cent-feuilles (Athahia C'enhfohæ) est l’une des plus communes. Ses larves, d’un noir verdâtre, pourvues de huit paires de pattes membraneuses, se montrent parfois en abondance sur les plantes potagères et causent la dévastation. Réunies en groupes nombreux sur chaque plante, elles rongent tout le feuillage et même les tiges les plus tendres. Une espèce voisine (Athalia spinarum) s'attaque aux Crucifères, et occasionne également, en certaines années, de très-grands dégâts.

Les larves de ces petites Tenthrédides se transforment dans la terre; ne produisant pas de soie en quantité suffisante pour se construire une véritable coque, elles se forment simplement une cellule dont elles solidifient les parois en agglutinant les parti-

cules terreuses.

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Les Sélandries, dont les antennes, de neuf articles, sont un peu épaissies vers le bout, ont des larves de l'aspect le plus singulier. Des pattes extrêmement courtes, le corps enduit d’une substance visqueuse, donnent à ces larves l'aspect de petites Limaces. Réaumur les avait observées et les avait désignées sous le nom de larves Limaces. Souvent très-communes sur les Gerisiers, les Poiriers et d’autres arbres à fruits, les larves de la Sélandrie noire (Selandria æthiops) deviennent fort nuisibles. Immobiles pendant la chaleur du jour, la tête retirée dans le premier anneau du corps, protégées por la matière. visqueuse qui suinte à la surface de leur peau, on a peine à les reconnaitre pour des Insectes. Le soir ou la nuit, elles se mettent en mouvement et rongent le feuillage.

Les Tenthrédides, aux antennes composées d’un grand nombre d'articles, constituent le petit groupe des Lydites. Ce sont les Tenthrèdes du Nord, les espèces des arbres des sombres forêts de Pins, de Mélèzes et de Sapins.

Les Lophyres ont un corps épais et des antennes doublement pectinées, en panache dans les mâles. Il y a plusieurs espèces de ce genre assez semblables les unes aux autres, pour qu’on soit obligé d'examiner la disposition des nervures de leurs ailes, si l'on veut les distinguer avec certitude. L'espèce la plus répandue est le Lophyre du Pin (Lophyrus Pini). Le mâle est tout noir; la femellé, en grande partie jaune, marquetée de noir, L'Insecte adulte se montre pendant l'été; les femelles déposent leurs œufs sur les tiges des Pins, par les procédés ordinaires aux Tenthrédides. Les jeunes larves vivent toujours réunies en groupes très-nombreux; mangeant d’abord les jeunes pousses, elles finissent par s'attaquer au feuillage le plus dur.

Les arbres qu’elles dévorent sont bientôt mis dans la pire condition. Il y a peu d'années, dans les Vosges et en Alsace, beaucoup d'arbres ont été fort maltraités par le Lophyre du Pin. Les larves des Lophyres ne s’enfoncent jamais dans la terre

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comme tant d'autres Tenthrédides, elles construisent leurs coques sur les branchages mêmes où elles ont vécu. Au moment

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