‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 62 sur 174 · LA FOURMI ROUSSE · texte numérisé non relu

LA FOURMI ROUSSE

(Formica rufa ).

Mâlo, Ouvrière, Femelle.

tout sur son chemin. Il n’est assurément personne, dans l’Europe centrale, qui ne l'ait vue et remarquée en maintes circonstances, quin'ait remarqué tout au moins les ouvrières, sans cesse en excursion. Notre Fourmi est la Fourmi rousse (Formica rufa) ; le nom ne convient qu'à l'ouvrière, mais l’ouvrière surtout mérite notre intérêt. Son corps est d’un roux ferrugineux, avec une tache noire sur la tête et quelquefois sur le thorax, l’abdo= men noirâtre en dessus, à l'exception du pédicule. La femelle, ayant la même teinte générale que l’ouvrière, est luisante et comme polie, avec les parties supérieures de la tête, du thorax et de l’abdomen d'un beau noir et les ailes un peu enfumées à la base. Le mâle, presque de la taille de la femelle, est tout noir et couvert d’une très-fine pubescence.

Examinons les demeures de notre Fourmi rousse. Nous sommes dans un bois, là, où le fourré n’est pas très-épais; au pied des Chênes apparaissent des monticules peu élevés,. mais! d’une

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étendue parfois très-considérable. A la surface, c'est un amas de petits morceaux de bois, de brins de chaume, de cailloux, de grains de blé ou d'avoine, et de terre. Au premier abord, on ne se doute pas de la manière intelligente dont ces matériaux, entassés confusément en apparence, ontété disposés. Nous donnons un coup de pioche dans ce nid, voilà une partie de la toiture brisée ; les pauvres Fourmis, fort inquiètes, arrivent en foule du côté où la brèche a été pratiquée : on Les voit aussitôt s'occuper de réparer le dégât; l’activité qu’elles apportent à ce travail est inouie. Mais avant que la toiture aitété reconstruite, nous avons le temps de reconnaître les dispositions intérieures de l'édifice. Quelquefois l'habitation descend à une assez grande profondeur ; les Fourmis ont exécuté successivement des travaux de déblai, de façon à agrandir le domicile quand la population s’est accrue. Partout c’est un enchevêtrement de morceaux de bois, tous à peu près de la même dimension, que l'on pourrait croire empilés au hasard. En y regardant avec attention, on voit que ces büchettes sont disposées de façon à circonscrire des chambres, des couloirs, des avenues un peu irrégulières, il est vrai, mais réunissant tous les avantages pour une cireulation facile dans toutes les parties de l'édifice. Une inspection attentive fait bientôt reconnaitre que les petits morceaux de bois sont placés avec une singulière habileté; étayés les uns par les autres, ceux de la partie profonde de la fourmilière enfoncés dans la terre, soutenus enfin de manière à ne jamais s’affaisser les uns sur les autres, à moins d'un choc très-violent. En différents endroits, les intervalles que laissent entre elles les bûchettes sont remplis par certains matériaux, des brins d’herbes desséchés, de la terre, des graines. C'est la présence des graines employées par les Fourmis comme matériaux de construction qui a donné à croire que ces Insectes amassaient des provisions. Les Fourmis ne mangent pas de blé; leur nourriture consiste en matières fluides ou au moins assez molles; elles vivent au jour le jour, la prévoyance dont on les a trop

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