‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 9 sur 174 · SYSIÈME NERVEUX DE L'ABEILLE (NEUTRE · texte numérisé non relu

SYSIÈME NERVEUX DE L'ABEILLE (NEUTRE

a. Gorveau et nerfs optiques médians, —b. Nerfs antennaires.—c. Nerfs optiques. — d. Ganglion sous-æsophagien. — €. Ganglion prothoracique. — f. Ganglion mésothoracique, — g. Ganglion mélathoracique, — h, h. Ganglions abdominaux,

Chez les Insectes, assez nombreux, qui possèdent deux sortes | d'organes de vision, c’est-à-dire des yeux simples et des yeux composés, comme l'Abeille par exemple, les yeux simples sont toujours situés sur la portion moyenne,.de la tête et exactement au-dessus du cerveau. Ces organes reçoivent les nerfs internes, les nerfs de la première paire, qui, dans tous les cas, sont d'une extrême brièveté. Les.nerfs de la seconde paire, dans les Insectes pourvus d'yeux simples, deviennent ceux de la première paire chez toutes les espèces où ces organes font défaut. Ils se rendent aux antennes. Très-grêles chez les larves dont les antennes sont fort peu développées, ils prennent un volume assez considérable chez les adultes. Naissant de.la face inférieure des ganglions cérébroïdes, les nerfs antennaires présentent d'ordinaire à leur base un petit renflement médullaire qui, parfois, acquiert une assez forte dimension. Les nerfs de la troisième paire sont les nerfs optiques. Leur grosseur est telle chez une foule d'Insectes, qu'on les prendrait aisément pour des prolongements latéraux des ganglions cérébroïdes. Il est cependant beaucoup d'espèces où la dimension des nerfs est relativement médiocre. Ces nerfs ne prennent en général leur développement que pendant l’état de nymphe. Dans les larves encore aveugles, ils sont fort grèles; dans certaines larves actives où les veux composés ne sont pas constitués, mais où il existe déjà des yeux simples à la place qu'ils devront occuper, les nerfs optiques sont en mème nombre que les yeux. Leur réunion, qui devra s'effectuer par les progrès de l’âge, ne s’est encore opérée que vers l'origine. La larve du Dytique fournit un exemple de ce mode de formation des nerfs optiques. En outre, on remarque deux nerfs grêles qui émergent de la face inférieure des lobes cérébroïdes et vont se distribuer dans les muscles de la lèvre supérieure, et ensuite les deux cordons qui embrassent les côtés de l'æsophage pour s'unir au ganglion inférieur de la tête, le ganglion sous-æsophagien.

En arrivant à l'examen de la chaîne ganglionnaire sous-intes-

tinale, une nouvelle distinction est encore nécessaire. La dis-

CERVEAU ET SYSTÈME NERVEUX VISCÉRAL CERVEAU ET SYSTÈME NERVEUX VISCÉRAL DE LA LARVE DU DYTIQUE. DU DYTIQUE ADULTE.

tinction est de la plus grande simplicité; elle se rapporte aux trois parties principales du corps : la tête, le thorax et l'abdomen. On a ainsi le ganglion sous-æsophagien ou le ganglion de la portion inférieure de la tête, les ganglions thoraciques, les ganglions abdominaux.

Le ganglion sous-æsophagien s'offre d'ordinaire comme une seule masse dont les angles antérieurs, en manière de bras, s'unissent avec les cordons qui entourent l’æsophage. La partie postérieure de cette masse médullaire forme les cuisses, qui se continuent avec les cordons ou connectifs du ganglion prothoracique. Seulement, chez certaines larves, on aperçoit distinctement deux noyaux dans le ganglion sous-æsophagien. En général, leur fusion complète s'effectue de très-bonne heure. Les nerfs des pièces buccales tirent leur origine de ce centre médullaire ; ce sont, de dedans en dehors, les nerfs de la lèvre inférieure, les nerfs des mâchoires, les nerfs des mandibules. La disposition de ces nerfs a une telle fixité chez tous les Insectes, qu'on a pu en tirer une éclatante démonstration de la nature des appendices de divers Animaux articulés. Le volume des nerfs buccaux varie selon le développement des appendices, et, comme il arrive souvent que les pièces de la bouche s’affaiblissent, ou mème s'atrophient quand l'animal passe de l’état de larve à l'état adulte, leurs nerfs s’affaiblissent également pendant la marche du développement.

Les ganglions thoraciques sont au nombre de trois paires ; 1l y en à une paire pour chacune des parties du thorax, le prothorax, le mésothorax et le métathorax. Les deux noyaux composant chaque paire de ganglions se confondent de très-bonne heure; de la sorte, on ne distingue ordinairement, même chez les larves, qu’une seule masse médullaire dans les trois anneaux thoraciques. Chez toutes les larves, et chez un grand nombre d'adultes, les trois centres nerveux thoraciques demeurent noñseulement {rès-distincts, mais encore très-séparés l’un de l’autre.

Ar nl. :

Dans les espèces les plus parfaites, il y a au contraire rappro-

SYSTÈME NERVEUX DU BOMBYX DU MURIER SYSTÈME NERVEUX DU BOMBYX DU MURIER À L'ÉTAT DE PAPILLON. A L'ÉTAT DÉ VER A SOIE,

chement et même fusion complète de ces centres nerveux, ou

au moins des deux derniers.

Comparons les ganglions thoraciques du Bombyx du Mürier à l’état de Ver à soie et à l’état de papillon, nous aurons un exemple frappant des modifications qui peuvent se produire quand se perfectionne beaucoup l'organisation d'un Insecte.

Le ganglion prothoracique est, dans tous les cas, uni au ganglion sous-æsophagien par des cordons ou connectifs plus ou moins longs, comme sont unis entre eux les centres nerveux de toute la chaîne ganglionnaire. Dans le Ver à sote, les trois centres nerveux thoraciques sont petits et espacés de toute la longueur des anneaux. Dans le papillon, ces mêmes centres nerveux, dont le volume a considérablement augmenté, se sont intimement unis, et se trouvent de la sorte ramassés au centre du thorax, c'est-à-dire dans le mésothorax. Il n’y a plus qu'une masse médullaire allongée; mais, à des étranglements assez prononcés, comme à l'origine des nerfs, on reconnait aisément les limites de chacun des trois centres nerveux.

Chez d’autres Insectes, le ganglion prothoracique reste toujours très-distinct du ganglion mésothoracique. Il en est ainsi chez tous les Coléoptères, les Orthoptères, les Hyménoptères; le ganglion du mésothorax et celui du métathorax se confondent seuls chez les espèces qui atteignent le plus haut degré de perfection.

Dans la larve de l'Abeille, les trois centres nerveux thoraciques sont disposés presque exactement comme chez la chenille du Bombyx du Mürier; disposition ordinaire, du reste, dans la plupart des larves. Chez l'Abeille adulte, l'accroissement de volume des parties est énorme ; mais le ganglion du prothorax a conservé sa place primitive, tandis que les ganglions mésothoracique et métathoracique se sont confondus en une seule masse. La centralisation qui amène la réunion des centres nerveux thoraciques ne se produit, au reste, que dans les types les plus parfaits. Dans le très-grand nombre des Insectes, ces centres nerveux demeurent toujours isolés les uns des &utres.

LE SYSTÈME NERVEUX. 91 Le ganglion prothoracique fournit les nerfs des pattes de la première paire ; le ganglion mésothoracique, les nerfs des pattes

de la seconde paire et des ailes antérieures ; le ganglion méta-

{horacique, les nerfs des pattes de la troisième paire et des

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