SYSTÈME NERVEUX DE LA LARVE DE L'ABEILLE
ailes postérieures. Les origines de ces nerfs sont invariables, quel que soit le degré de diffusion ou de centralisation de la chaine ganglionnaire.
Les ganglions de l'abdomen sont au nombre de neuf paires
chez une infinité de larves. Ce nombre persiste parfois jusque
dans l’état adulte. Dans les larves où l’on compte dix anneaux à l'abdomen, on n'a jamais observé plus de neuf centres médullaires. La marche du perfectionnement organique d'avant en arrière, que nous avons constatée dans l'étude du système tégumentaire, est bien manifeste aussi pour le système nerveux. Relativement aux centres médullaires du thorax, les ganglions de l'abdomen sont petits; les deux noyaux, presque toujours confondus dans les centres nerveux thoraciques, demeurent souvent distincts dans les ganglions abdominaux. Les ganglions du thorax étant ramassés sur le même point ou tout à fait réunis, les ganglions de l'abdomen, dans la plupart des cas, restent espacés. La centralisation ne se prononce pas au même degré dans la région postérieure du corps que dans la région moyenne, ni dans celle-ci au mème degré que dans la région antérieure.
Dans une chenille, le Ver à soie par exemple, la chaine ganglionnaire abdominale présente huit ganglions. Les sept premiers, reliés les uns aux autres par de longs connectifs, sont logés dans les sept premiers anneaux de l’abdomen.
Le huitième ganglion, notablement plus gros que les précédents, a déjà été refoulé vers la partie antérieure du septième anneau. Son volume indique qu'il est le résultat de la fusion d'au moins deux ganglions. Un mouvement vers la centralisation s’est donc prononcé dans la partie postérieure de la chaîne abdominale. En effet, dans d’autres Insectes moins avancés dans leur développement, le huitième et le neuvième ganglion de l'abdomen occupent le huitième et le neuvième anneau.
À peine la chenille est-elle transformée en chrysalide, que la chaine ganglionnaire offre un changement manifeste : les cordons qui unissent les centres nerveux ont subi une ondulation ; bientôt ils se sont raccourcis ; les centres nerveux se sont ainsi rapprochés les uns des autres. Chaque jour, les premiers ganglions de l'abdomen se sont portés davantage vers les cen-
tres médullaires thoraciques, et les derniers se sont rassemblés. C'est la portion moyenne de la chaîne qui éprouve le moins de changements ou qui éprouve les changements les plus tardifs. Le papillon est éclos : la chaîne abdominale semble formée de quatre ganglions seulement ; les ganglions des deux premiers anneaux de l'abdomen de la chenille ont entièrement disparu, en se confondant avec le centre médullaire du métathorax ; ceux des quatre derniers anneaux se sont réunis en une seule masse. Ce sont là des faits faciles à observer, en étudiant jour par jour le système nerveux sur des chrysalides transformées dans le même temps.
Un autre Insecte, l'Abeille, peut nous fournir l'exemple d’un changement plus considérable que celui qui nous est offert par le Bombyx du Mürier. La larve de l’Abeille est un être plus imparfait ou moins avancé dans son développement que la chenille ; l'Abeille est un être plus parfait que le Papillon. Dans cet Insecte, trois des ganglions abdominaux sont venus se confondre avec le centre nerveux métathoracique.
Il est un groupe de l’ordre des Coléoptères, la famille des Scarabéides, dont toutes les espèces ont les ganglions abdominaux remarquablement centralisés. Dans la larve du Hanneton, le Ver blanc, ces ganglions sont rassemblés vers la partie antérieure du corps et accolés les uns aux autres. Chez le Hanneton adulte, tous ces ganglions ne forment plus qu’une masse allongée, unie au centre nerveux métathoracique.
Chez tous les représentants de la classe des Insectes, les progrès du développement amènent des changements analogues dans le système nerveux. Le développement s'arrête plus tôt ou plus tard, suivant les types; la centralisation est poussée ainsi plus où moins loin, portant tantôt davantage sur une portion de l'appareil, tantôt sur une autre portion. Le degré de centralisation donne donc le degré de perfection relative auquel parviennent les différents types.
La centralisation la plus grande étant reconnue dans l'éco nomie animale, on a le signe de l’organisation la plus parfaite. Il y à dans cette connaissance acquise tout un enseignement qui ouvre la carrière à bien des applications.
Les parties qui viennent d'être décrites appartiennent au système nerveux de la vie animale. Le cerveau fournit principalement les nerfs des organes des sens; la chaine ganglion— naire, les nerfs des mouvements et de la sensibilité.
Nous avons encore à porter une attention spéciale aux parlies du système nerveux affectées aux appareils organiques.
C'est le système nerveux de la vie végétative ou de la vie organique. Autour des ganglions cérébroïdes se trouvent groupés de très-petits noyaux médullaires, signalés depuis longtemps par les anatomistes, mais dont les attributions particulières ont été reconnues il y a seulement une vingtaine d'années.
Cet ensemble de petits ganglions, avec les nerfs qui en dérivent, se partage naturellement en trois portions distinctes : les ganglions et les nerfs intestinaux: les ganglions et les nerfs du vaisseau dorsal ou de l’appareil circulatoire; les ganglions et les nerfs des trachées ou de l'appareil respiratoire.
Les noyaux médullaires de ce système, extrêmement petits chez les larves, augmentent notablement de volume chez les adultes, comme on peut le voir sur les figures où ils sont représentés chez le Dytique sous son premier et son dernier état.
Le système nerveux intestinal règne sur la ligne moyenne du tube digestif. Simple ou impair chez le plus grand nombre des Insectes, il est double dans sa partie postérieure chez plu= sieurs types, notamment dans les Sauterelles. Au devant du cerveau on distingue un petit ganglion ordinairement de forme triangulaire. À raison de sa situation, Lyonet a appelé ce noyau médullaire, le ganglion frontal. Le nom imposé par Lyonet a prévalu. té ganglion frontal offre de chaque côté un cordon qui, en se recourbant, vient s'unir à la face inférieure des
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lobes cérébroïdes. En arrière, il émet un seul nerf qui, en se dirigeant sur l'æsophage, passe sous les ganglions cérébroïdes et s’unit aussitôt à un très-petit noyau médullaire. De ce point descend un nerf envoyant sur son trajet des rameaux trèsdéliés, et atteignant un troisième ganglion placé à l’extrémité du jabot. De ce dernier centre nerveux partent deux ou trois nerfs fort grêles qui s'étendent sur le gésier et l'estomac, où leur ténuité devient telle, qu'il est fort difficile de les suivre davantage. Les ganglions de l'appareil circulatoire situés de chaque côté de l'æsophage, adhérents à la face postérieure du cerveau, reliés l'un à l’autre par une étroite commissure, sont appliqués contre le vaisseau dorsal. Ils fournissent chacun un nerf qui descend sur le côté de cet organe. Chez les Hémiptères, les deux noyaux médullaires passent sous l'aorte et se confondent en une seule masse. Les ganglions de l'appareil respiratoire sont unis aux précédents par un cordon assez court, et, s'appuyant sur les trachées qui pénètrent dans la tête, ils envoient à ces tubes des filets que l’on a réussi à suivre assez loin.
Les anatomistes ont beaucoup cherché à quelle partie du système nerveux des animaux supérieurs il convenait d’assimiler le système nerveux de la vie végétative des Insectes. En considération de ses fonctions, Newport a estimé qu'il répondait aux nerfs pneumogastriques de l'Homme et des Animaux supérieurs. L’appréciation de l'ingénieux anatomiste anglais est évidemment l'expression de la réalité.
Ce n’est pas tout encore. Au-dessus’ de la chaîne ganglion— naire, on découvre aisément, chez les larves, un nerf tirant son origine du ganglion sous-æsophagien, présentant de distance en distance de petits renflements médullaires, desquels dérivent des filets qui vont s'unir aux nerfs naissant de la chaine ganglionnaire. 11 y a un de ces petits noyaux dans chaque zoonite, mais souvent on cesse de les distinguer nettement vers la partie postérieure du corps. Ces noyaux se sont
confondus avec les centres médullaires de l'abdomen. Cependant il arrive que le grand sympathique demeure distinct dans toute sa longueur, même chez des adultes :le Bombyx du Mürier en offre un exemple. C’est de cette portion du système nerveux principalement qu'émanent les filets qui vont animer les orifices