‹ Métamorphoses mœurs et instincts des insectes (insectes, myriapodes, arachnides, crustacés)Chapitre 90 sur 174 · PORTION D'UN GATEAU D'ABEILLE · texte numérisé non relu

PORTION D'UN GATEAU D'ABEILLE

présentant les trois sortes d'alvéoles,

parts des pressions extrêmement égales, les cellules prennent la forme la plus régulière. Chaque alvéole est un petit godet hexagonal, avec un fond pyramidal résultant de la réunion de trois rhombes. Le gâteau est composé ainsi de deux rangs de loges adossées, detelle sorte que le fond des unes est également le fond des autres, et que la base de chaque loge se trouve corresporidre à trois loges du côté opposé. Les constructions géométriques des

h56 LES MÉTAMORPHOSES DES INSECTES.

Abeilles réalisent de la façon la plus complète le problème qui consiste à avoir des logements avec la plus faible quantité possible de matière. Sous ce rapport, nul mathématicien n’a rien trouvé à reprendre. On peut voir, à ce sujet, un mémoire de M. Léon Lalanne, publié en 1840.

Dans une ruche dont les travaux sont avancés, parmi les gâteaux, les uns n'offrent que de petites cellules, d’autres sont formés en partie d'alvéoles plus grands, mais du même système de construction. En outre, quelques loges très-grandes, irrégulières, à parois épaisses, sont ordinairement appendues aux extrémités des gâteaux. Pour toutes les autres parties des gâteaux, la matière première est employée avec la plus stricte économie ; pour les grandes cellules, toujours peu nombreuses dans la ruche, il est vrai, la cire est employée à profusion. Les petites loges hexagonales sont destinées aux larves d’ouvrières, les grandes loges hexagonales aux larves de mâles, et les grands alvéoles irréguliers aux larves de femelles fécondes ou de reines.

Les cellules de tout genre étant construites, la mère parcourt les gâteaux, et dépose un œuf dans chaque alvéole; des ouvrières lui font cortége pendant cette opération, veillant à ce que les choses se passent régulièrement. La femelle a-t-elle laissé tomber deux œufs dans la même cellule, au plus vite des Abeilles retirent l’un d'eux et le détruisent. La ponte achevée, la mère n’a de préoccupation d'aucune sorte, car elle demeure étrangère à tous les actes des ouvrières; aussi la comparaison d’une société d'Abeilles avec une monarchie, ou avec le gouvernement d’une société humaine quelconque, n'est-elle en rien justifiée.

Trois jours après la ponte, les jeunes larves éclosent, mais les Abeilles ne sont pas au dépourvu. Pendant que les unes poursuivaient leur travail de construction, d’autres allaient aux champs, recueillaient le miel et l’entassaient dans des cellules destinées à cet objet. On a cru qu'il y avait deux sortes d'Abeilles ouvrières, les cirières et les nourrices; certainement toutes les Abeilles ont

les mêmes aptitudes, mais ilest possible que les vieilles ouvrières soient moins bonnes cirières que les jeunes et prennent surtout le rôle de nourrices. Les larves, le couvain, dans le langage des éducateurs d’Abeilles, croissent rapidement, et au bout de leur carrière, elles filent une petite coque soyeuse, pour se transformer en nymphes. Ces coques tissées, les alvéoles semblent avoir un couvercle. Les larves d’Abeilles ont les caractères généraux des larves des Hyménoptères nidifiants, avec une faiblesse plus grande que la plupart d’entre elles, car elles ne peuvent prendre leur nourriture qu’en la recevant de la bouche de leurs nourrices.

Un fait des plus étranges, qui n’est pas particulier aux Abeilles, mais qui a été plus observé chez ces Insectes que chez d’autres, c’est leur pouvoir de produire à volonté des femelles fécondes ou

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