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CHAPITRE V

LES LOIS PRIMAIRES DE LA RAISON DANS LEUR RELATION A L'ACTE DE PERCEVOIR. .

Sans nuire à la thèse générale de ce livre, je puis introduire ici, en connexion étroite avec le chapitre précédent, quelques remarques sur les lois primaires ou fondamentales traitées par les logiciens en général, que j'ai présentées au lecteur comme des moments dans l'acte un ou le mouvement un de la Perception.

La loi d'Identité A=Apeut être déduite de la loi de Contradiction, c'est-à-dire qu'elle y est contenue implicitement. Si A n'est pas « non-A », il est A. A son tour, la loi de Contradiction peut être déduite de la Loi

dans leur Relation à r Acte de Percevoir. 53

d'Identité, car, que A n*est pas « non -A », c'est ce qui est contenu implicitement dans A = A. Toutefois, il est tout à fait clair que ni Tune de ces lois ni Tautre ne peut être conçue que comme conséquence d'une loi antécédente, à savoir a A est ou bien A ou bien non-A » — loi du Milieu Exclu. C'est ce que nous apercevons clairement en suivant, comme j'ai essayé de le faire plus haut, . le processus vital du penser ; et par « penser » j'entends ici l'acte élémentaire du Percevoir dans lequel doit être découverte, si elle doit l'être quelque part, la différenciation de la Raison d'avec Tattuition sensible. La Loi des Alternatives ou du Milieu Exclu étant le prius logique des quatre autres lois, il est évident en même temps que la Loi de Négation ou non-contradiction apparaît en qualité de prius -de la Loi d'Identité.

Pour plus de clarté, il est préférable de désigner « non-A » par le symbole B. Donc, Loi d'Identité, A est A.

Loi de Contradiction, A n'est pas B (non-A).

A est K parce qu'il n'est pas quoi que ce soit d'autre ; il n'est pas quoi que ce soit d'autre ou B parce qu'il est A. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que, d'autre part, A ne peut être à la fois A et B (non-A) et qu'il doit être l'un ou l'autre. C'est-à-dire : A (quelque chose que ce soit) doit être lui-même ou quelque chose d'autre. Pourquoi quelque chose que ce soit. A, doit-il être ou lui-même ou quelque chose d'autre, B ? Le démontrer serait manifestement raisonner en cercle.

Il me semble que nous simplifions beaucoup les choses en évitant de parler de ces faits de l'esprit comme de

54 Les Lois primaires de la Raison, etc. *

Principes ou Lois de tout raisonnement, car on suggère par là qu'ils sont des généralisations et on leur donne un air dogmatique. C'est là, à mon sens, le résultat auquel on arrive quand on considère les questions logiques et psychologiques d'un point de vue anatomique ou morphologique. Voyons les plutôt du point de vue physiologique *- c'est-à-dire observons le Penser (ici le Percevoir) dans le processus organique ou vital par lequel il s'effectue — ' voyons-le doué d'une existence véritable et animé de la vie [as truly being and breathing]. Ces « lois » se révèlent alors à nous comme implicitement contenues dans le processus organique et, dans leur véritable ordre logique, comme des moments ou pulsations d'un acte unique — chaque moment étant implicite dans l'autre.

Le sujet conscient fonctionnant comme Volonté se met lui-même en mouvement dans le but de séparer ou de déterminer un attuit (ou plus) parmi la multitude mêlée d'attuits qui le pressent ; et il se meut d'une certaine manière ou selon un certain processus qui est une succession logique de moments, dont aucun n'est intelligible sans l'autre.

A (Quelque chose que ce soit) est ou lui-même (A) ou B (non- A), quelque chose d'autre. [Milieu Exclu].

A n'est pas B (non- A) [Contradiction].

A est A [Identité], Il me faut maintenant poser encore la question : pourquoi A est := A ? Et la réponse est : parce qu'il n'est pas (non-A) B et qu'il doit être ou bien A ou bien B (non-A). La cause ou la raison de « A est A » se découvre donc dans le moment antécédent de la

VActe de séparer et VActe de nommer. 55

Négation et elle exige qu'on corrige Ténoncé et qu'on lui donne la forme conclusive que voici : Cest pourquoi « A est A » ; et c'est là ce qu'on appelle le « principe » de Raison Suffisante.

Nous devons encore ajouter que le sujet conscient fonctionnant ainsi comme Volonté, cherche une fin au mouvement qu'il a commencé — cette fin se trouvant implicitement (comme moment formel) dans l'acte de commencer le mouvement. Cette fin, il la cherche formellement par le moyen ou par le processus de mouvement ci-dessus décrit, atteignant le résultat positif par l'entremise d'une Négation qui sert de fondement.

Dans sa substance donc, le prime acte-de percevoir est tel que je l'ai expliqué plus haut.

Ainsi, la Raison est une unité vivante de mouvement. L'ego empirique, pourrait-on dire, est le sujet conscient; l'ego transcendental est le pur Ego ou la personnalité ou. le soi, constitué par l'action fonctionnelle [the funçtioning] du sujet conscient dirigée sur lui-même. Il n'y a pas deux esprits ou raisons.

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