DES AMES EN TANT QU'IDÉES VIVANTES
Des idées vivantes, ou des êtres composés dedans i/esprit. — S'il est vrai d'affirmer que les idées sont des objets lnternes et que les objets sont des idées externes, il
n'est pas moins VRAI d'aFFIRMER QUE LES IDÉES SONT DES ÊTRES INTERNES ET QUE LES ÊTRES SONT DES IDÉES EXTERNES.
Les systèmes naturels de divers ordres, qui sont des êtres vivants de divers degrés d'existence, sont des enchaînements de monades, sont des figures, dont les centres, dont les nœuds, dont les points, sont des monades. Les idées ne sont pas moins de telles figures dans le continu d'une ûme ; les monades qui composent cette âme, la composent de systèmes variables, qui sont des idées vivantes. Ces formations sont éminemment vivantes, sont, si Ton peut dire, plus vivantes, car elles ont une cohésion plus grande, une solidarité plus intime que les figures vivantes de l'espace : animaux, plantes, organismes et sociétés, dont la cohésion psychique est souvent très imparfaite, dans lesquels l'intraperception relative se manifeste par une conscience très limitée.
C'est par une figure interne vivante que l'àme revêt
une forme perso nncUe. que Tàme se détermine en une personnalité (jui a ses rapports, et qui alors a sa traduction spatiale ou mécanique. Un esprit est une synthèse d'idées vivantes ([ui s'harmonisent entre elles et avec le dehors, grâce à la direction de Fâme monadique et à la hiérarchie qui se poursuit en sous-ordre d'âmes en
âmes.
Toutefois ces idées vivantes doivent être très nettement distinguées des idées représentatives, des idées cérébrales, vis-à-vis d'ollos, moules expressibles et réminiscibles; ces dernières ne sont, à notre estime, que des sortes d'épreuves photographiques et acoustiques, qui représentent seulement dos états des idées vivantes; elles ne sont que des schèmes partiels, ([ui sont abstraits des idées vivantes pour en signifier les phases et les moments : elles ne sont que des matrices dynamiques tirées sur les idées vivantes, conservées et transmises automatiquement, afin de leur faire produire en temps et lieu tous leurs effets, afin de réaliser le synchronisme de l'annexion vivante qu'est le corps organique, et aHil d'agir par ce corps sur le monde extérieur des corps et des vivants corporés.
Désormais on peut concevoir comment, au fond, des relations définies, mathématiques ou algébriques, sont possibles entre des idées et des choses et des êtres, par suite, comment identi.iuement elles sont possibles entre des forces, et des causes et des elfets, et des espaces et des figures, pourvu que Ton se place au point
ESSAI SUK LES FONCTIOISS MÉ TAPII VSIQLES
de vue (.run obseivateiir impassible t'I neutre, toujours extérieur.
Quelque osé que cela pnisso paraître, ef quoique éventuel <|u'il soit (le se tromper dans des tentatives si avancées, comme il y a uu début approximatif à toute recherche, il faut iniinédiatoment essayer d'exprinier toutes ces existences mclapiiysiques par des fonctions algébriques, et il faut commencer par chercher une fonction qui lie l'idée à Tobjet.
Existences métaphysiques exprimées pau des fonctions
MATHÉMATIQUES. — FONCTION 1>E l'iDÉE EN ELLE-MÊME ; QUE CETTE FONCTION EST UNE MOYENNE PROPORTIONNELLE ENTRE LE SUJET ET l'oBJET.
Que ridée en elle-même dépende du sujet qui l'a, et de l'objet qui est la chose à idéer, cela ne peut faire aucun doute ; le sujet est la matière animi(iue, qui revêtira la forme de l'objet. Dire que l'idée est une relation entre les deux termes, sujet et objet, c'est poser que Vidée est une fonction dont les variables sont le sujet et Vohjet, Cette fonction est continue : parce que tout objet, en devenant difTérent, produit sur un sujet une idée différente, parce que tout sujet, en devenant dilTérent, tire d'un objet une idée dilîé rente, parce que toute idée suppose constamment son objet et son sujet.
C'est pourquoi on a: idée = f (objet, sujet), f (...) étant, on le sait, la notation qui veut dire fonction.
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Les témoignages de la science physique comme ceux de la science psychologique ont pour base nécessaire cette relation ; la première étudie rol>jet pour tirer son idée de rol)servatiou, tandis que la seconde étudie l'idée pour en concevoir la cause en tant qu'objet et en tant que sujet.
Cette fonction capitale existe; comment la déterminer, fut-ce provisoirement, en une forme rudimentaire 1
Premièrement, l'homogénéité de l'équation doit être requise ; si le second membre est du premier degré en objet et du premier degré aussi en sujet, comme l'idée est un dualisme, un produit, et non pas une coexistence d'un objet à côté d'un sujet, elle doit être du second degré. Il est admis qu'objet et sujet ont des valeurs comparables d'existence, sont tous deux des êtres aussi réels, concrets, psychiques. En supposant que le sujet et l'objet agissent l'un sur Fautre sans intermédiaires, chacun imposant sa loi à l'autre par leurs pénétrations, nous sommes conduits à poser la raison la plus simple : c'est que Vidée a une valeur proportionnelle à celle du sujet, en même temps que proportionnelle a celle de Vohjet, ces valeurs étant des valeursexistences concrètes. En écrivant par conséquent que l'idée
est un produit de l'objet et du sujet, on a cette fonction : Idée = objet X sujet, soit en désignant, par ?, Fidée ; par 0, l'objet ; par s, le sujet :
Le membre ?, l'idée, qui ligure dans cette formule, vaut une deuxième puissance en existence ; l'idée réfléchie, consciente d'elle-même, que signifie/, est dans un état du sujet qui embrasse l'objet ainsi que l'acteur embrasse son rôle ; elle est un dynamisme de deux existences qui se pénètrent, qui se communiquent, qui s'unissent et s'opposent ; mais une dualité n'a pas lieu subjectivement, mais l'idée est une, parce que chacun des êtres, objet et sujet, ne retient que le sentiment de l'autre par rapport à lui. Nous ne connaissons le sujet, s, en nous, que par l'affection agréable ou pénible, que par le vouloir ou le désir, tandis que nous connaissons vraiment i par la perception intelligible, par l'aperception, par l'image ou par la relation qui la mesure.
Si on a (1) ï = ôx s, on sait en calcul infinitésimal qu'on a les équations différentielles :
d^^dà ds ï ô s'
et (3) produit membre à membre de (1) et (2)
dï = s X dû + 0 X ds,
rfï, dô et ds étant les accroissements différentiels de ï, d et s.
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