VÉRIFICATIONS ET LOIS PSYCHOLOGIQUES DIVERSES
La question est de vérifier cette fonction la plus simple et la plus générale, ï = d X «S pour voir si elle est admissible, cela en attribuant différentes valeurs successivement à un des trois termes, ï, 4, s.
l. Donnons au sujet la. valeur de l'existence entière, c'est-à-dire la valeur 1, qui est celle de l'Être achevé, de Dieu.
Pour S = 1, l'équation se réduit à ï = d, ce qui signifie que, pour Dieu, Fidéeest mathématiquement identique à l'objet; non seulement cette solution est satisfaisante, mais aucune autre ne serait concevable.
II. Si l'on fait tendre le sujet vers le néant, vers zéro, l'idée tend à s'annuler, .s = o donne ï = o.
s = 0 pour ï = 0.
III. Lorsque l'objet tend vers le néant, l'idée encore tend à s'annuler :
u = 0 pour i
IV. Lorsque l'objet ô demeure constant, l'équation différentielle (3) se réduit à dï — ôds ; la variation de l'idée est proportionnelle à celle du sujet; les deux variations ont l'objet pour mesure, c'est-à-dire que, pour le sujet, l'effet de l'idée est l'objet.
Ces solutions II, III, IV sont évidemment rationnelles.
V. Donnons à l'objet la valeur maxima, qui est la totalité, le monde entier 1, en valeur absolue. On trouve ï == s, à savoir que l'idée vaut le sujet, mesure sa capacité de réflexion et de représentation. C'est une solution convenable.
VI. Si l'objet est le sujet lui-même, il vient ï — a^. L'idée se conçoit comme existence réfléchie et comme
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composée par une multiplication du sujet sur lui-même; d'une part, cela se concilie avec la méthode réilexive de la psychologie; d'autre part, cela correspond à la conception de l'esprit composé chez les êtres capables de réOexion. On en tire \lî = s] la racine de l'idée est le sujet. En terme logique, le substrat passif de l'idée est le sujet, de l'activité duquel se dégage la pensée (t) et le sujet pensant (.s^).
VIL 11 est encore possible d'attribuer à l'idée une valeur constante ; cela veut dire que le sujet s'immobilise vis-à-vis d'un objet qui devient son corps. Pour ï constante, i=: K l'objet est proportionnel à l'inverse du
sujet, 0 — -•
Si d'abord l'on considère que rexterne, comme on Fa déjà vu, est mathématiquement l'inverse de l'interne, cela est vraisemblable; d'ailleurs l'expérience nous montre que nous voyons droites les images qui se peignent renversées sur notre rétine; d'ailleurs la psychologie conçoit que l'idée s'objective en se projetant, et que cette projection est invertie à la manière d'une réflexion.
IL L'intégration de (5 = ■- est :
1 (52 :r= log népérien s* — log nép de g,
q étant une constante.
46 ESSAI SUR LES FONCTIONS MÉTAPHYSIQUES On peut prendre les exponentielles des deux membres,
on a :
ou :
iô-2
e base des logarithmes népériens.
Il est fort remarquable que cette dernière formule, aux paramètres ou aux constantes près, soit en résumé la formule psychophysique de M. Henry ; le sujet s'identiliant dans ce cas avec sa sensation, avec la sensation de son corps, Texcitation a pour équivalent, sinon l'objet même, du moins quelque puissance de l'objet affectée d'un coefficient.
IX. Quand le sujet s demeure sensiblement ûxe, l'équation différentielle (3) se réduit à dï = s X dû; la variation de l'idée est proportionnelle à celle de l'objet; ces variations ont pour mesure le sujet; c'est-à-dire,
attendu que dô = s, l'effet idéal ou l'effet inverse de dï
l'objet est la conscience, est le sujet en tant que conscient.
X. Enfin, étant donné encore un sujet assez fixe, qui perçoit des objets divers ô^, o^, 03, qui, par conséquent, forme des idées ^^y Ï2, Ï3, on a:
- 5 __ i3 __ ^. (^te.
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Il y a ainsi proportion entxe ridée et l'objet, proportion dont le sujet est la mesure, est la loi ; or c'est bien là une condition nécessaire de l'intelligence, une condition de la continuité consciente, c'est une loi d'in-
^ telligibilité.
1 De ces dix vérifications, plus ou moins fortes, dont on
saisira l'imporiance psychologique, il résulte que la for-
|É mule (1) semble bien correspondre à la fonction réelle,
dans sa généralité, quoi qu'on puisse penser que la fonc-
I tion se complique et qu'elle se diversifie dans l'applica-
tion, et cela quand un sujet complexe développe son activité dans son milieu, qui est un objet très composé, et quand ce sujet se modifie par l'émotion, et quand ce sujet introduit un facteur propre, sa volonté. Les vivants de notre nature, qui n'ont pas l'unité des esprits purs, qui ne sont pas ordonnés rien que par intraposition qui sont des juxtapositions d'existences, doi?ent probablement s'exprimer par des formules psychologiques
moins simples.
L'équation i = ô y< s peut se mettre sous la forme
i2 X î^ = <5 X s ; en adoptant «2 = i, on a :
d'où :
Donc IHdée simple {i = Vï) est un moyen terme entre le