Métaponte
Après avoir visité en i825 les ruines de Métaponte, j'y revins en 1828 avec M. Debacq , compagnon de mon premier voyage, dans l'intention d'entreprendre une fouille générale sur le lieu où nous avions remarqué les plus nombreux vestiges d'architecture.
Malgré la bienveillante assistance du propriétaire, nos recherches furent arrêtées par la crue récente du Bradano dont les eaux infiltrées
dans les terres, remplirent les tranchées, avant que nous ne fussions parvenus à découvrir la base des colonnes.
Trompés dans notre attente, quand nous pensions avoir acquis la certitude du succès, nous fûmes réduits à mesurer, copier ou extraire les débris amoncelés au-dessus du niveau de la rivière. M. Debacq releva soigneusement tout ce qui pouvait jeter quelque lumière sur le bel édifice dont, par une circonstance imprévue, la disposition générale devait nous rester cachée.
Les produits de nos fouilles me parurent cependant assez intéressans pour être soumis aux savans et aux artistes , afin d'exciter des voyageurs plus heureux à terminer l'ouvrage que nous avions commencé.
J'ai cru devoir réunir à nos planches un résumé historique, non pour en faire une monographie complète , mais dans l'espoir de voir un jour nos antiquités de Métaponte servir d'introduction à quelque livre, où les ruines de la grande Grèce seraient retracées avec ses annales si variées, si dignes de souvenir, et qui n'ont point encore trouvé d'historien.