‹ MétaponteChapitre 10 sur 18 · PLANCHE IL · texte numérisé non relu

PLANCHE IL

La planche n° II offre deux antéfîxes extraits des ruines de maisons particulières. Le premier antéfixe est décoré dune tête de femme, vue de face , et d'une élégante exécution. Le caractère du visage est très noble : la tète est ceinte dune sphendonè d'où sortent des cheveux frisés, tombant jusqu'aux boucles d'oreilles ; vers la région du front paraissent deux saillies tronquées encore assez proéminentes. On juge par leur fracture que ce devait être des cornes de vache.

Reconnaître ici une Io, paraîtrait d'abord assez étrange, parce qu'on ne trouve aucun rapport entre Métaponte et l'Argolide 9 et , par conséquent, pas de vraisemblance dans l'explication. Mais lorsque, faute d'une autre femme ainsi représentée , on revient au premier mythe qui s'est offert à l'esprit, quelques recherches font disparaître les principales difficultés.

Nous avons déjà constaté , en traitant des médailles , que les Métapontins reçurent de bonne heure le culte d'Ammon , divinité égyptienne , liée naturellement avec Io , devenue Isis , lorsqu'elle eut repris sa première forme. Or Hérodote nous apprend que les Grecs et les

Egyptiens représentaient Isis de la même manière , c'est-à-dire , comme une femme à cornes de vache. 1

Souvenons-nous, maintenant, que les Eléens, fondateurs de Métaponte, adoraient ensemble Ammon, Junon Ammonienne , et Mercure Parammon \ Junon Ammonienne était donc la même qulsis, et celle-ci à son tour identique avec Io et Cérès , selon Hérodote et Apollodore. 5 Sur le second antéfixe on voit une tête virile , jeune et imberbe , de face, et coiffée du bonnet phrygien. Cet attribut caractéristique renferme nécessairement l'explication dans des limites assez étroites. Paris et Ganymède, Mithras, Atys et le dieuLunus, sont les principaux personnages de l'antiquité mythologique auxquels la mitre convient particulièrement. Nous ne pourrions établir ici, sur des preuves assez évidentes, les rapports des deux premiers avec les idées religieuses des Métapontins. Les trois derniers qui, sous plusieurs points de vue, paraissent se confondre , se lient plus clairement aù culte de la terre , divinité principale de Métaponte. Ces héros lunaires rappellent naturellement Endymion, vénéré dans l'Asie comme dans l'Elide, et rattaché au culte de la lune par les traditions fabuleuses , tandis qu'il ouvre 1 histoire de Métaponte par sa généalogie héroïque. 4

La petite lagune aujourd'hui nommée Lago di Santa Pelagma, et formée par la mer à peu de distance de Torre di Mare , paraît avoir servi de port à Métaponte : lorsque les eaux sont basses, on y voit encore des restes de constructions antiques. Une partie de ces eaux forme , dans les terres , un canal profond et resserré , qui servait , sans doute , de communication entre la ville et le port. Du côté de la mer, l'entrée est presque entièrement barrée par les sables.

tt A * UU TTT n t,8 3 Herodot. lib. II , p. ia6. Apollod. Kv. II, chap. i.

Herodot. ho. 111, p. no. . , j u „„„ Ao Wap

Pausan. lib. V, c i 5. 4 Les deux aatéfixes ont 1 7 centimetreS de h&Ut SU g

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