PLANCHE III
Saint-Non , clans son Voyage en Italie , donne de ces ruines deux vues très inexactes : les grands arbres qu'il y ajoute détruisent entièrement le caractère du pays dont toute la végétation se compose de quelques bouquets de lentisques.
Les i5 colonnes qui restent debout sont situées sur un plateau dont le terrera va en «'abaissant vers la plaine d'une manière peu sensible, tandis qu'il forme une pente assez rapide du côté du Bradano, qui coule à droite. Ces colonnes paraissent avoir fait partie d'un temple orienté comme tous ceux de la grande Grèce et de la Sicile. Pausanias n'en fait pas mention en parlant des restes de Métaponte, il est donc permis de penser qu'il était hors de la ville, et notre supposition est encorejustihée par son éloignement des autres ruines et du port. On ne retrouve aucun reste de la frise, ni de la corniche; les murs de la cella ont entièrement disparu ; on ne voit même plus de traces de leurs fondations , qui auront été arrachées , comme les pierres des marches ou socles dans les entre-colonnemens : l'on ne doit, sans doute, la conservation des
colonnes, qu'au peu de facilité qu'offrait l'emploi de leurs matériaux : le sol actuel est plus bas que l'ancien pavé du temple. Les résultats qu'ont dû produire les fouilles entreprises pour retirer toutes ces pierres sont inconnus. Il existe à Naples, chez monseigneur Capecelatro, archevêque de Tarente, deux mosaïques qui, dit-on, en proviennent; mais l'authenticité n'en est pas assez certaine. Ces mosaïques , faites de pierres de diverses couleurs , sont en bas-relief : l'une représente une femme debout, tournée à gauche, tenant dans la main une grenade, et de l'autre main relevant le pan de sa robe ; sur l'autre mosaïque on voit une figure de jeune homme également debout et tourné à gauche , l'épaule couverte d'une chlamyde, la main gauche étendue, et la droite appuyée sur la tête d'un bélier: leur dimension est de 45 centimètres, sur 28 environ. Enfin , à quelques légères différences près ? elles sont semblables à deux mosaïques coloriées du cabinet des antiques de la Bibliothèque Royale, dont l'une a été décrite et publiée par Caylus , qui ignorait le lieu où elle avait été découverte. Recueil d'Antiquités ? t. VI, p. 274 ? pl 86. D.