‹ MétaponteChapitre 15 sur 18 · PLANCHE VII · texte numérisé non relu

PLANCHE VII

Les fragmens de terre cuite, contenus dans les Planches VII et VU!, proviennent d'un édifice dont aucune partie n'est restée debout , et qui n'offre plus qu'un amas de débris informes, où l'on reconnaît à peine des restes de chapiteaux et de colonnes cannelées. La place de ces ruines, aujourd'hui nommées Chiesa di Sansone, est indiquée sur le plan topographique, à-peu-près à égale distance entre Torre di Mare et la Tavola dei Paladini, et dans la direction de Torre di Mare à Torre di Mattonl

La découverte de ces fragmens est due au hasard. En examinant ces débris, au milieu d'une quantité de tuiles brisées, nous trouvâmes d'abord un morceau de terre cuite avec des ornemens en relief : une recherche plus attentive nous en fit ensuite découvrir quelques autres.

De tels indices étaient trop importans pour ne pas nous déterminer à entreprendre une fouille. Ayant donc reconnu , d'après l'étendue des ruines , la direction de l'édifice que nous croyons un temple , nous fîmes ouvrir une grande tranchée dans le sens de la longueur, et à-peuprès à la place où devait se trouver le portique latéral à droite. Presque

aux premiers coups de pioche, on découvrit de nombreux morceaux d'oves, de méandres, de palmettes, de gueules de lion, mêlés à des débris de chapiteaux doriques et de tronçons de colonnes cannelées.

L'exhaussement du terrein nous avait donné l'espérance de retrouver l'ancien sol de l'édifice, et de pouvoir continuer alors notre fouille d'une manière plus régulière et plus certaine; mais, à la profondeur de cinq pieds environ , les ouvriers arrivèrent à un sol boueux et détrempé , résultat des inondations du Bradano , dont les eaux débordées avaient couvert toute cette partie de la plaine pendant l'hiver précédent. Obligés de renoncer à une fouille générale, nous fumes dédommagés en quelque sorte par la découverte de deux grands morceaux à têtes de lion, dont un tout entier, et de fragmens qui permettaient de compléter l'ensemble du méandre.

Toutes ces terres cuites sont coloriées. Les tons francs appliqués, tant sur les parties planes que sur les ornemens en saillie, offrent, malgré leur variété , un ensemble grave , et les couleurs paraissent avoir été cuites en même temps que la terre : aussi leur conservation ne laisse aucun doute pour la restauration de leur état primitif. La terre est très dure , quoique d'un grain assez fort dans la cassure : elle est , à la surface, d'une grande finesse.

Le fragment, dont l'élévation et le profil sont gravés à la Planche VII, (moitié de la grandeur originale), faisait partie du couronnement de 1 édifice. Il devait former, sur les faces latérales et au-dessus de la corniche, une cimaise continue, d'où les eaux du toit étaient rejetées à l'extérieur par les ouvertures des gueules de lion disposées au droit de chaque rang de tuiles de la couverture. Les joints de ces fragmens sont un peu démaigris, et offrent, dans la partie supérieure, une cassure qui parait indiquer un scellement d'agrafes destinées à les réunir. La partie qui se rajustait avec les tuiles de la couverture n'est pas complète : elle aura été brisée par la chute des chéneaux. Toute la sculpture de ces fragmens est de la meilleure exécution et du plus beau style grec Les têtes de lion n'ont pas été moulées dans le même creux ; car les deux que nous possédons présentent plusieurs différences.

Sur la même planche sont gravés au trait d'un côté les détails des palmettes et des ornemens avec leurs dimensions , et de l'autre le chéneau vu par derrière.

H y a une erreur dans la gravure du profil : la ligne tracée à l'intérieur devrait être ponctuée ; elle indique l'épaisseur de la terre cuite et sa forme en supposant une section sur le milieu du fragment. D.

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