‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 1 sur 211 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le.*; idées des lioimiics ont longtemps varié sur la forme et sur la grandeur de la terre ; les o|)inions dilTèimt encore sur la hauteur et sur la nature de l’atmosphère qui l enveloppe. Cependant, six siècles avant 1ère chrétienne, Thalès, chef de l’école philosophi(]ue d Ionie, supposait déjà que la terre; était sphérique : il avait même des connaissances assez exactes sur plusieurs phénomènes qui la concernent; mais SOS idé«'s, j)lus justes qui; faciles à démontrer, trouvaient des adversaires nomhreux.

Plus tard, l’école d'.Me.xandrie professait dos idées non moins précises. .Mais a|irt‘s la naissance du Christ, les connaissances physiques semblèrent se ralentir cl céder le |)as aux connai.s.sances religieuses ; il fallut arriver jusipi aux quinzième et seizième siècles pour réunir des idé-es exactes et(|iii fussent établies de manière à ne plus donnei lieu à des discussions. Le voyage de Colomb et la découverte di; l Amérique permirent enfin de faire le tour du monde et de connaître mieux les dimensions de notre planète, son isolement dans l espace, ainsi que la nature de l’atmosphère (jui lui sert d’onvelojipe.

LMRODl'CTION.

La luéléorologie esl une science toute inoclerne les anciens sans doute en avaient (juelquc connaissance ; mais, depuis deux à trois siècles seulement, elle a mérité di“ prendre un nom s{)écial. On a di\ se borner d abord à reconnaître les phénomènes qu elle présente ; mais c’est dans ces derniers temps qu on a déterminé les principes mathématiques sur lesquels ils s’appuient : il en a été de même de la physique du y lobe, c'est-à-dire de la science plus moderne encore qui s'occupe, non pas des phénomènes de l’almosphère, mais tie ceux qui si^ manifestent ou en dehors de ses limites, supérieures ou immérliatement audessous d'elle, dans la partie qui forme la surface du globe.

On attribue généralement à notre atmosphère une hauteur de quinze à vingt lieues. Dans ces derniers temps, quelques météorologistes ont cru devoir admettre, comme conséquence des phénomènes observés, qu elle s'étend à une élévation quon peut estimer à une hauteur triple, c’est-à-dire de soixante à cpiatre-vingt lieues. Celte addition serait due à une atmosphère élhércc , extrêmement rare et d’une nature différente de celle de l’atmosphèri^ terrestre, dans laquelle nous vivons. C’est la région où l’on voit plus spécialement les étoiles filantes qui disparaissent ensuite, en passant plus bas dans l’atmosphère terrestre : nous aurons occasion d en parler avec détail, dans l’onvrage sur la physique du globe, qui fera suite à celui sur lu météorologie (jue nous publions.

Dans la première hypothè.sc, actuellement reçue, le mouvement de rotation de l'atmosphère entière serait le même que le mouvement de la terre, abstraction faite des mouvements spéciaux, causés par l’action des vents et des tempêtes.

Dans la seconde hypothèse, ces mouvements spéciaux seraient limités dans leur hauteur par l’effet des saison.s.

I^TR0Dl•CTIO^ .

Ainsi, pour nos clinials, la |)arlic ai^iU^e, dans le voisinage de la terre, n’aurait que trois à quatre lieues délévation en hiver, et sa liauleur serait double à |>eu pi\*s en été. Toute la partie de 1 atniosplière terrestre qui lui est supérieure, en nu'ine temps que l’almosiilière étliérce, n éprouveraient qu un mouvement très affaibli cl à peine sensible, provenant do la base mobile sur laquelle elle repo.se ' .

* Voyez rotivra{jc Srn u. he la Belcm^ijk. 7*^ parlit* ; l)v Catmutjihcrf

en yvnéraly pa^<* â rt suivantes; ainsi que les .\k?ull& dl L ottSERVAToiEL royal DE Brleelles, tome XI,, pn['e 2 et siiisantcs; — Nous avons aussi pré-

seul»'* les remarques suivantes tians Touvraije Sir la physi^i t i»t ouibk. pajjc fi. in-i**. Bruiclles. 18fil.

• l>ps iKuilcverseinciits continuels qui se forment dans la partie inférieuiY de ralmosphère font que l’air qu'on y recueille est scnsildenient le meme, quant à la rom|>ositiun ehimi(|ue. On ne trouve |x>iiit de dinféremnï aux diverses hauteurs où l'on jm’uI s'élever pour v prendre l’nir cl le soiiineltreà l'analyse.

« Dans la couche inmtohilc, placée plus haut, où les êtres vivants iLuiil pas accès, et où les nuages ne s'élèvent pas, on peut admettre au contraire que les milieux s y étendent avec facilité dans l'ordre de leurs densités et qu’ils s'y développent par eouches unifoniMS, suit en se iin'laiii, soit en sc tenant séparés. Il n'est pas iiécessairede sup|>oser ehaqiie couche euiiiposi''e comme celle qui lui est inférieure : elle jh’iiI même |K>rler à sîi surface des suhslanees d'une |M^ntenr s|HVilique moindre, et mm siisirptihles de se composer ou de se mêler avec les substances inférieures.

n Là, naissent des phénomènes dont nous nous formons diÜicilement une idée, eu les jugeant de la surface de notre jjIoIm* ; là, se nicmlrcrit aussi les étoiles filatiles, qui arrivent de plus haut, les aurores l>ore‘ales, et ees {grands phênt^' inèm-s lumineux dont mms sommes souvent les témoins sans pouvoir les stuimettre directement à nos expériences. Toutes cet parties ne nous échappent pas eompiétement, surtout dans les aurores l)oréalesct dans 1rs phénomènes nia{riiétiques de ratmusphere. Si nous ne pouvons toucher la causer, nous en ressentons assez vivement les elfeU pour être en état de les apprécier. O* qui (K*ut retarder les pr(^rès de la science, c’est de supposer les couches supérieures de l'almosplière conqKisées idcnliqueineiit comme celles qui nous entourent.

« La forniationdi^ phéiiuincnes y est plus régulière; et le milieu dans lequel ils se produisent est plus constant que ne Test celui de ratmospliére inférieure. Lti phénomène qui se inaiiifesle par une cause constante rc]>araitra généra-

l>TRODlCrU)iN.

En admcüanl cette division ;

Les phénomènes qui s'observent dans l'atmosphère mobile, répandue autour de notre terre, constituent la météorologie actuelle.

Les phénomènes qui s’observent immédiatement audessus de l'atmosphère mobile et ceux de la seconde enveloppe à la surface de notre terre donnent lieu à la pliiisiguc du globe, qui soccupc aussi des phénomènes que présente notre globe dans son contact avec l'atmosphère.

Bien au-dessus de notre double enveloppe, on observe ensuite les mouvements et les propriétés des corps célestes qui appartiennent à laslronomic.

C’est l’étude de ces trois genres de phénomènes qui fixe aujourd’hui l attenlion des différents observatoires placés à la surface du globe. Pour tâcher de les exprimer avec quelque avantage, il faudra né“cessairenient do longues recherches , car la météorologie et la physique du globe surtout sont des sciences en quelque sorte nouvelles pour l observatioii.

Les planètes, par leur grande distance et leur faible préjiondérance relativement à notre terre, ont fait considérer jusipi’à présent comme nuis les effets météorologiques qu elles produisent ; la science perfectionnée devra prolwblement par la suite on tenir compte dans ses travaux.

Nous nous bornerons, dans l’état actuel de la météorologie, à ne considérer que notre astre central, le soleil, autour duquel nous fai.aons une révolution dans le cours

Ipincnl il la tm'mf' époque, justjirau monient où la cause île ce pliénoniênc aura |Kir elle-inénie ct'ssi’ d'avoir de rinlUicnce.

(( I/élude des coiirjies supérieures, qui n*sle encore coinplétciuent à raii*e, w distin(]^uc donc de la luétéurulogie ordinaire qui exaininc les phénomènes soumis directement à nos sens. Dans l'atmosphère imtiiuhile se passent des phénomènes tout autres qutM'eiit (|ue ii«>us otisrrvuns liahitutdleiiient. Ils iit'‘cessilent en quelqvie sorte une méthode d'observation diiTérenle, dont il im|>orle de eomuiencer soi^pieiisenieiit réinde. u

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