‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 113 sur 211 · CHAPITRE III. DE I. ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. DE I. ÉLECTRICITÉ

une éleclricilé qu'on pourrait nommer accidentelle, et qui produisent les orages. Quelquefois ces nuages donnent naissance à la grcMc, qui se trouve attirée et repoussée tour à tour entre eux et la couche électrisée supérieure, jusqu’à ce que les gréions tombent par l'effet de leur pesanteur. Quelquefois, l'action a plutôt lieu avec le sol et donne lieu aux orages, ou à d autres fléaux qui ravagent la terre. J'ai eu occasion d'en citer déjà quelques exemples.

L’électricité négative est plus fréquente pendant l’été : l’espace entre la terre et la partie immobile de l’atmosphère est plus élevée alors, plus sèche et peut donner place à des nuages interposés qui prennent une éleclricilé supplémentaire.

L’écoulement tranquille de l électricité vers la terre est plus fréquent en hiver; il .se fait généralement sans secousses; les instruments indiquent à peine son passage, mais son intensité reste très forte : l’électromètrc parle et le galvanomètre est à peu près muet. Le contraire a lieu en été ; cet écoulement, à cause de la sécheresse, se fait plus brusquement alors et produit de nombreux orages’. Mais nous avons fait remarquer déjà qu’ils sont généralement moins destructifs à la surface de la terre : leur action s’étend sur un espace plus limité. Quand l’orage éclate en hiver, ce qui arrive assez rarement dans nos contrées, il sévit sur une surface beaucoup plus étendue et frappe de

* Los orages sont beaucoup plus nombreux en clé qu'en bîver; ceux qui tVlatcnt pondant cette dernière saison sont qtielqtierois extrêmement dangereux. Nous avons rap|>e]é,à la sénnex^ du 5 tnarsISüO, Bulletins de rAcadémie, page 205, qu'un seul orage, dans la journée du 19 février 1800, a frappé plus de xingt clocbers dans réteiidue de la Belgique et dans Tespace de quelques heures. 9'oyez dans le livre suivant. — On peut citer encore l’orage de la nuit du 14 au 15 avril 1718. qui ravagea également', dans l'espace de quelques heures, 2-1 clochers de France, le long de la côte de la BrcUgiie. M. Dupreien a fait cunnaitre lesprincipalcs circonstances à FAc.idéniie dans la même séance.

HÉTÉOBOLOGIE. LIVRE II.

préférence les points élevés; son action, en effet, s'exerce d'une hauteur plus grande que si elle provenait de nuages interposés.

« Je rappellerai, à cette occasion , que , dans ma statistique des coups de foudre qui ont frappe des paratonnerres ou des édifices et des navires armés de ces appareils' , j’-di incnlionné cent soixante-huit cas de paratonnerres foudroyés, parmi lesquels il ne son trouve ([uc vingt-sept, c'csl-à-diro environ un sixième, où les paratonnerres, par suite de graves imperfections constatées dans leur construction, n’ont point complètement pré.scrvé les édifices ou les navires qui les portaient. Ce résultat est des plus concluants en faveur de l'eflicacité des paratonnerres , et il est, tvans aucun doute, la meilleure réponse qu’on puisse faire aux objections mises en avant contre remploi des appareils dont il s’agit.

« Le*s effets produits par l’orage du 19 février 1860 viennent encore à l'appui de l'opinion qui admet que les orages des saisons froides sont plus dangereux que ceux des mois chauds. On sait qu’Arago partageait cette opinion, et qu’il chercha à la soumettre à l’épreuve de l’observation, du moins pour les orages qui se manifestent en mer. En classant par mois tous les coups foudroyants à dates certaines, signalés par les navigateurs et dont il avait tenu note, le savant physicien français trouva (|ue, malgré un nombre d’orages considérablement moindre en hiver qu’en été, les coups de foudre, frappant des navires, étaient cependant beaucoup plus nombreux dans la première saison que dans la seconde.

« Ce n’est pas seulement en Belgique que l’orage du 19 février a fait des ravages, il a aussi sévi dans la Prusse

* Bulletins tle l’Acad., 5 mars 18C0, pagcîî7ü; et .Vem. de TAcad. Statis^ /lyite des coups de foudi e, par M. Dtiprci, l. 31, in-4”. 1839.

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