CHAPITRE III. DE L ELECTRICITE
fré(|iienls en été qu'en Iiivcr. On conçoit, d’une autre part, que les échanges entre les électricités ditTérentes sont beaucoup plus faciles, à causi^ de riiuinidité de l'air, entre les couches inférieures i[u’entre les couches supérieures de lalniosphère.
On peut être curieux de rapprocher diCférents éléments (pie l'on compare rarement ensemble, et dont les rapports cependant méritent ipielque attention. On les trouvera dans le tableau suivant : la première et la seconde colonnes indiquent les degrés de l'électromètre, obtenus par l’observation, d'üU I on déduit la colonne des équivalents ; on sait, en effet, que les degrés ont une valeur d’autant plus grande qu'ils SC trouvent plus élevés dans l'échelle. Les troisième, quatrième et cimpiième colonnes donnent la sérénité du ciel, et le rapport entre le nombre des jours de ciel serein et le nombre dçs jours de ciel couvert, premièrement en ayant égard aux ob.servations faites pendant les différentes heures du jour, et secondement, en n’ayant égard qu’aux observations de toute une journée. Ainsi, dans cette dernière colonne on ne compare (jue le nombre des jours entièrement sereins au nombre des jours entièrement couverts.
Dans la sixième colonne, sont indiqués les résultats de la chaleur directe du soleil, déduits des observations faites au moyen de l'actinomètre et jiour l’espace de 1 8i3 à 1 833. Les deux colonnes suivantes font connaître annuellement le nombre des jours de tonnerre et le nombre des jours de brouillard, d après les observations de vingt années. Il est assez remarquable cpie la marche de ces derniers nombres soit inverse, c’est-à-dire ({ue, pendant l’été et pendant que le tonnerre se fait entendre le plus souvent, on a, au contraire, le moins de jours de brouillard. Les brouillards sont plus d accord avec la marche de l électromètre ; et les deux phénomènes marchent à peu près parallèlement.
IIÉTÉOROLOCIE. LIVRE II.
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Il est facile de voir, par ce tableau, que la sérénité du ciel est plus grande en été qu’en hiver, et qu’il en est de même pour la sérénité du jour, sauf |)eut-étre pendant le mois d'août, comparativement au ciel couvert. Le même rapport s’observe pour les degrés de l’actinomètre et pour les jours de tonnerre; mais il est inverse pour les degrés d'électricité de l'air, ainsi que pour les jours de brouillard.
CnAPITIlE IV. DES PHÉNOMÈ.NES LIMI.NEIX.
Chapiire IV — Phénomcnes lumineux de l’atmosphère.
L’atmosphère est plus variable pendant l’6t6 que pendant l'hiver, à cause surtout de la présence plus longue du soleil sur I horizon. Les variations plus rapides de température, la quantité plus grande des nuages, les aspects plus changeants qui d ordinaire parent le ciel , donnent lieu à divers phénomènes qui appellent l'attention d'une manière spéciale. L’étal d inactivité où la Belgique est restée, après les deux siècles qui avaient vu naître les brillants commencements de loptique moderne, ne lui a pas permis de continuer les beaux travaux qui avaient été commencés par d’Aiguillon, Simon Stévin, de Sluze et d'autres géomètres belges Lors du réveil des sciences, sous Marie-Thérèse, quelques physiciens de mérite firent naître dans l'académie nouvelle des recherches qui ramenèrent les esprits vers ce genre de travaux '. Ce ne fut cependant que vers le commencement de l'état actuel, qu’on put reconnaître que le Belge était disposé à rentrer bien décidément dans la carrière que scs aïeux avaient si brillamment parcourue. M. Plateau publia, en 1834, dans le tome VUl des mémoires de l’Académie de Bruxelles, un essai d’une théorie générale comprenant l’ensemble des apparences visuelles qui succèdent à la contemplation des objets colorés, et de celles qui accompagnent cette contemplation : c’est-à-dire la persistance des impressions de la rétine, les couleurs accidentelles, l’irradiation, les effets de la juxtaposition des couleurs, les ombres colorées, etc. Ce mémoire et ceux qui suivirent, spécialement sur l'irradiation, sur les phénomènes de la vision
‘ Voyez, dan% le livre suivant, les travaux météorolojjiqucs faits en Belgique par quelques physiciens distinjjués.
et sur les couleurs accidentelles', montraient assez que la Belgique était entrée dans une phase nouvelle et quelle était de force à s'y maintenir. Différents travaux exécutés depuis sur des recherches optiques, mais moins en rapport avec les études de la météorologie, prouvent cependant que son initiative féconde n’est pas demeurée infructueuse et que la Belgique ne pouvait rentrer avec plus de succès dans l'étude des phénomènes de l'optique céleste.
11 s’agissait avant tout, pour nos travaux, de constater l’étal de la physique en tant qu’elle étudie les phénomènes optiques les plus apparents, et de bien reconnaître l'état habituel de notre atmosphère. Cette partie de la météorologie méritait une attention toute particulière: aussi, c’est vers son étude qu’on sentit le besoin de porter spécialement son attention. Nous essayerons, dans ce qui suit, d'en présenter les principaux travaux.
Si l'on rapproche les différents mois, pour trouver combien de fois le ciel est entièrement couvert , on observera que ce phénomène est plus fréquent au mois de janvier qu’au mois de juin, pages \ 44 et 274. Si l’on compare même les six mois pendant lesquels le soleil est plus haut que l’équateur aux six mois pendant lesquels il se trouve plus bas, on compte, d’avril à septembre, 1 66 jours entièrement couverts pendant vingt ans, et 630 pendant les six mois opposés. Ce qui donne à peu près le rapjiort de 1 à 4 : le
* Voyez XtsMémotres et \esBuUetins de rAcademie de Belgique, ainsi que la Corretpondance mathématique et physique de TObservaloirc de Bnixclli*?(, 11 Tol. in-8®, 18îoâ 1839; ce» recueils renfcrnient les principaux travaux de M. Plateau. Voyez aussi la traduction du Traité de la lumière de sir John HcT' schel, par Verhulst, dans le supplément duquel M. Quetelet a donné un aperçu des travaux de M. Plateau, et particulièrement de sou beau travail sur la persistance des impressions de la rétine. On peut consulter aussi le traité de physique dans rencyclopédie populaire de M. Jamar, qui est bien cnectivemeut de M. Plateau, quoique le nom d’un ami ait été joint au sien.
CHAIMTBE IV. DES PnÉSOMÈ.NES LUMINEUX.
rapport est plus sensible encore, en comparant les nombres (le juin et de juillet à ceux de décembre et de janvier, pour le.squels on a 27 : 284; ou 1 à 10 environ.
11 n’existe pas un seul mois de uoveud)re, de décembre ou de janvier, pendant les vingt années de 1833 à 1852, où l'on n’ait compté au moins un jour entièrement couvert; tandis que, sur ces vingt années, il en est douze où l’on n’a compté aucun jour entièrement couvert, soit en juin, ■soit en juillet.
Un autre genre de permanence s’observe pour les jours sans nuages; ainsi, l’on en compte 101 d’avril à septembre, et 134 pendant les six mois suivants; le rapport de ces deux nombres, du reste, est moins marqué.
On s’explique facilement cette permanence de l’état du ciel pendant les jours les plus courts; le soleil, par son interposition, a moins d’effet pour produire des variétés, même dans des circonstances (jui lui sont favorables. La différence en est plus sensible, en comparant l’été à l'hiver; on a compté, en 20 ans et pendant l'été, 29 jours entièrement sereins, et 77 pendant les trois mois d'hiver.
En général, on ne compte, chez nous, que 12 jours au plus entièrement .sereins dans le cours d’une année, et 48 jours de ciel entièrement couvert, page 274.
Si l’on n’a pas égard à la totalité du jour, mais seulement aux différentes heures où l'on observe, les choses se présentent différemment.
Les probabilités de voir une partie du ciel plus ou moins dégagée de nuages, ne sont pas les mémos, ni aux différents mois de l’année, ni aux différents instants du jour. On conçoit que cette remarque ne peut être vraie qu’en la reportant sur des temps suffisamment longs. La loi est assez prononcée, surtout eu ce qui concerne les mois, pour qu’on puisse s’en apercevoir après une année seulement.
MÏTÉOROLOGIE. LIVRE II.
On trouve qu'en général le ciel, pendant le mois de janvier, n’est découvert qu'au quart, tandis qu’il se découvre presqu’à moitié au mois de septembre, qui est évidemment le mois le plus favorisé sous ce rapport, paje 184. Pour les six mois pendant lesquels le soleil se trouve au-dessus do l'équateur, et plus élevé dans nos régions, le degré de pureté est très sensible; on peut l'évaluer à 4,4 pour septembre, à 3,8 pour les six mois d'avril à septembre, et à 2,8 seulement pour les mois d’hiver. Dans le mois de janvier, il n'a même été que de 2,7 ; ce qui tient à une cause secondaire déjà signalée.
Au contraire, le degré de pureté baisse, à mesure que les jours deviennent plus courts, mais en marquant un retard semblable à celui que montrent la plus grande et la plus faible chaleur de l’année : c’est donc aprèi^s solstices qu’on observe les plus grandes variations de pureté dans le ciel.
On peut néanmoins assurer que, pendant la nuit, le ciel est plus découvert que pendant le jour; le minimum se présente une heure après le passage solaire et le maximum à minuit. Les termes vont en décroissant, quand on s’éloigne de l’heure de minuit pour se rapprocher du passage solaire, page 273; cependant, le ciel se couvre en partie plus rapidement le matin qu'il ne se découvre dans la dernière partie de la journée. Il semblerait ipi’entre G et 8 heures du uiatin, il y ait un minimum secondaire qui se fait surtout remarquer aux heures où le soleil se lève ; il se montre plus tôt en été et plus lard en hiver, ce qui rend l’effet moins sensible sur les résultats de l'année.
.\ün de mieux préciser les résultats dont il vient d’étre parlé, nous avons réuni dans le tableau suivant les principaux éléments auxquels il convient d’avoir égard, si l’on veut tenir compte des influences que peut exercer la période diurne, et particulièrement l'état de pureté du ciel.
CIIAPITRE IV. DES mbOMÈNES UMI>EIX.
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