CHAPITRE I. DE I.A CHALEUR
Les observations de l’abbé Mann se faisaient dans la partie élevée de la ville, à la hauteur do 164 pieds au-dessus du lit de la Senne, et à 20 pieds au-dessus du sol; le thermomètre et l'hygromètre étant exposés à l'air libre et au nord. Le 3 du mois de juin 1786, le baromètre fut élevé à 170 pieds au-dessus du lit do la Senne. On voit par ce qui précède un soin plus grand dans le placement des instruments et dans les détails sur la manière dont les observations étaient recueillies.
Après l’année 1787 et la suppression de l'Académie de Bruxelles par suite de la révolution brabançonne, nous ne trouvons plus de tableaux météorologiques annuels. Quelques observateurs continuèrent néanmoins leurs recherches, mais n’ayant aucune occasion de leur donner de la publicité, leurs travaux furent perdus pour la science. Il ne reste, pour la première jiartie du dix-neuvième siècle, qu’un résumé assez incomplet des observations de M. de Pocderlé, inséré dans l'Annuaire du déparlement de la Dijle pour l’an xia. M. Kickx, membre de l Académie de Bruxelles, publia plus tard, dans le troisième volume des I\’ouveaux mémoires de celte compagnie savante, un mémoire intitulé Sur la géographie du brabanl méridional, dans lequel il a présenté très succinctement les documents de la météorologie pour les vingt-deux premières années de ce siècle. Ce savant avait déjà donné, dans le volume précédent des Mémoires, le résultat de ses recherches pour la fin de 1821 et le commencement de 1822 ; dans les trois volumes suivants il présenta, de la même manière, les observations de 1822 à 1828 inclusivement ; mais ces travaux furent communiqués très succinctement et sans qn'il soit possible détablir, à cause des lacunes indiquées, des rapprochements avec les résultats des pays avoisinants. Au moment de la révolution de 1 830, nous ne possédions jiar conséquent
MÉTéonOLOGIE. LIVRE III.
pour Bruxelles, que les observations régulières, réunies par l’abbé Mann, pour la Société palatine, pendant les quatre années de 1784 à 1 787. Nous en présentons ici les moyennes avec celles données par MM. Kickx et de Poederlé.
MOIS
THUIOIÊm CEniGtiDE
BUOIÈTU
L'abbé
Mann.
de
Poederlé.
Klckx.
L'atibé
Mann.
de
Poederlé.
Kicki.
mm
min
Janvier. . .
Février. . .
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet . . .
Août
Septembre , .
Octobre. . . .
Novembre . .
Décrmbre, . .
MorinsE. . ,
On a souvent cité, pour Liège, des observations météorologiques qui auraient été faites par M. Fallise depuis 1736 jusqu’en 1783. M. Courtois, qui en parle spécialement dans .ses Recherches sur la statistique de la province de Liège, se borne à présenter quelques maxima et minima,
^ I<es observations de M. Kickx ont été faites, dans la rue du Marais, à iG mètres d'élévation au-<l<*s5us des eaux du canal, observations sont traduites et exprimées par réchclic centigrade : on n'cti |>osscde que Iw résultats généraux.
CUAFITRE I. DE LA CBALEl'R
sans renseigner les moyens employés pour les obtenir. 11 cite également des recherches sur la température faites par MM. Thomassin et Comhaire ; mais ces recherches se réduisent à la détermination de quelques hauteurs extrêmes du thermomètre et du baromètre, sans indication de la nature et du placement des instruments, ni des précautions prises pour les corriger et les rendre comparables.
Ce qui pourra étonner, c’est que trois villes savantes de l'ancien royaume des Pays-Bas, celles qui ont possédé des universités, soient restées sans renseignements météorologiques pendant toute la durée de ce gouvernement. Nous en dirons autant d’Anvers, ville maritime importante où la météorologie méritait peut-être qu’on la consultât plus que dans aucune autre ville du royaume, et qui aujourd’hui même se trouve encore sans renseignements pareils. Les villes universitaires ont tâché de remédier au manque de documents que présentaient leurs annales.
Lorsque en 1830 je commençai mes recherches pour réunir les observations relatives à la météorologie du pays, je parvins à obtenir quelques tableaux qui mettaient de plus en plus en évidence combien cette science avait été négligée dans nos provinces. M. Delmotte, bibliothécaire à Mons, eut l’obligeance de me faire parvenir une série d’observations du baromètre et du thermomètre, recueillies par M. Flécher dans celte ville depuis le commencement de ce siècle jusqu’en 1821. On y trouve, pour chaque jour, les obsen alions barométriques, les deux indications extrêmes du thermomètre, celles des vents, de la quantité de pluie tombée, etc. Mais ces documents renferment de nombreuses lacunes, et il est impossible d’en présenter des tableaux réguliers.
Le gouvernement publia, vers la même époque, pour la ville de Malines et pour la période décennale de 1815
HiréOROLOGIB. LIVRE III.
à 1824 inclusivement, des tableaux des maxima et minima de température. Ces variations mêmes n’étaient pas exprimées en nombres, mais figurées dans des tableaux au moyen de courbes, sans indication de nom d’auteur, ni de la nature des instruments employés, ni des autres renseignements indispensables en pareilles circonstances.
Quelques savants belges cependant s’associaient, mais à l’extérieur, aux recberches les plus avancées qui se faisaient dans ces divers pays, et même l’habile aéronaute Robertson de Liège eut le courage d’enrichir la science des plus remarquables a.sccnsions aérostatiques que la science puisse mentionner. Ces ascensions dangereuses étaient généralement faites dans des vues utiles à la météorologie pour les parties les plus délicates'.
? Un ami des sciences, .M. Vander .Meulcn, avait réuni des
observations, à la fin du siècle dernier, dans la commune de Roesbrugge, située dans la Flandre occidentale et vers la frontière de la France ; elles m’ont été communiquées par mon ancien et estimable confrère à l’Académie royale, .M. l’abbé Carton. Les premières observations, depuis 1 7oa, ont été faites sans instruments et ne concernent que l’aspect plus ou moins favorable des années sous le rapport de la météorologie et des produits de la terre. L’auteur ensuite, vers le commencement de 1706, commença des observations avec des instruments extrêmement défectueux, qu’il chercha à remplacer plus tard; mais ses résultats, quoique réunis régulièrement, dénotent, en général, trop peu de connaissances des corrections qu’ils exigent, pour que j’aie cru pouvoir m’en servir. La plupart des renseignements d’ailleurs ont été empruntés à des observateurs connus d'autres pays et spécialement à M. Duhamel, habile physicien français de cette époque.
I yoif. 1. 1 dc7> \y7uki1s pel Observ. tl t. VIII desMsi. pe l'Acao. de Belo
CIlAPITnE I. DE LA CMAIEIR.
Températures extrêmes observées en Belgique , 1T63 à 1833.