‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 183 sur 211 · CHAPITRE II. DE LA PRESSION ATMOSPHKRIQIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. DE LA PRESSION ATMOSPHKRIQIE

de Terre-Neuve, dans le même espace de temps; ce qui donne une vitesse d’environ 36 milles par heure.

6. Quand le baromètre baisse subitement dans la partie occidentale de la .Nouvelle-Angleterre, il se relève en même temps dans la vallée du Mississipi, ainsi qu'à St-Jean, dans l'île de Terre-Neuve.

7. Dans les grands ouragans, le vent, sur plusieurs centaines de milles et des deux côtés de la ligne de pression mmimum, souffle vers cette ligne ou directement ou obliquement.

8. La force du vent est proportionnelle à la soudaineté et à la grandeur de la dépression barométrique.

9. Dans toutes les grandes et soudaines dépressions du baromètre, il y a beaucoup de pluie et de neige; et, dans toutes les grandes pluies ou neiges soudaines, il existe une grande fluctuation barométrique.

10. Beaucoup d’ouragans vont du Nord au Sud sur une étendue considérable et inappréciée, s’étendant au delà des stations de nos observateurs, sur le golfe du .Mexique et sur les lacs du Nord, tandis que leur diamètre de l’Est à l'Ouest est comparativement peu étendu .

11 . La plupart des ouragans commencent dans les régions occidentales, au delà de nos observatoires le plus à l’Ouest: cependant quelques-uns commencent dans les États-Unis.

12. Quand un ouragan commence dans les États- I nis, la ligne do pression minimum ne vient pas des régions occidentales lointaines, mais elle commence avec l’ouragan, et chemine avec lui vers l’Est.

13. 11 s’établit en général une oscillation du vent sur la ligne de pression minimum, et quelquefois un calme.

1 4. Quand le vent change à l’Ouest, le baromètre se met en général à monter.

1 5. Il n’y a en général que peu de vent vers la ligne de

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pression maximum; et, sur les deux côtés de cette ligne, les vents sont irréguliers, mais ils tendent à se diriger extérieurement à cette ligne.

16. Les fluctuations du baromètre sont en général plus grandes dans le Nord que dans le Sud des États-Unis.

17. Les fluctuations du baromètre sont en général plus grandes dans les régions de l'Est que dans celles de l’Ouest des États-Unis.

18. Dans les parties septentrionales des États-Unis, le vent, pendant les grands ouragans, s’élève en général du Nord dans l’Estel se termine au Nord dans l'Ouest.

19. Dans les parties méridionales des États-Unis, le vent en général s’élève du Sud vers l’Est et .se termine au Sud dans rOuesl.

20. Pendant le passage des ouragans, le vent change eu général de l’Est à l’Ouest par le Sud, spécialement dans les parties méridionales des États-Unis.

Il résulte donc des documents présentés par M. Espy que, dans les États-Unis d’Amérique :

La ligne de pression minimum s'étend, en général, sur une grande surface du Nord au Sud, en présentant sa convexité vers l’Est.

Elle chemine de l’Ouest à l’Est avec une vitesse d’environ 36 milles à I heure, ou de 1 5 lieues de 2o au degré.

La direction des vents est assez généralement vers la ligne de pression minimum et opposée à la ligne de pression maximum.

Celte vitesse est telle, que la ligne se transmet du Mississipi vers le Connecticut en 24 heures environ et du Connecticut à St-Jean dans l’île de Terre-Neuve dans le même temps. Or, les cartes s’accordent en etfel à montrer, comme le fait remarquer M. J. Espy, qoe pendant qu’un minimum barométrique se manifeste dans le Connecticut , deux

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maxima se montrent en môme temps latéralement ; il semblerait en résulter que, dans l'espace de 24 heures, un maximum et un minimum de pression barométrique se manifesteraient alternativement, ou, en d'auires termes, qu’une onde atmosphérique par 48 heures, passerait audessus de chaque lieu. Ce n’est cependant pas ce qu’indique une carte générale qui accompagne le travail et sur laquelle sont figurées, pour chaque localité, les oscillations barométriques pendant les trois premiers mois de 1843. On y reconnaît qu'il ne s’est guère manifesté plus de quatre maxima par mois, comme dans nos climats ; en sorte que les ondes s’y succéderaient aussi à huit jours d’intervalle environ. Les maxima et minima indiqués sur les cartes de détail pour l’Amérique, se rapportent aux petites inflexions des courbes barométriques tout comme aux crêtes ou entrelames des véritables ondes barométriques. Quoique les observations de M. Espy n’aient pas porté spécialement sur ce dernier genre de phénomènes, il est facile de reconnaître cependant que tous scs résultats concourent à confirmer ceux que j’ai obtenus pour notre continent européen. Seulement le grand système d’ondes, celui qui prédomine habituellement, tout en procédant du Nord vers le Sud, ne semble pas se replier, comme chez nous, des côtes de la mer vers l’intérieur des terres; sans doute à cause de la conformation différente des côtes qui, pour nos régions européennes, sont tournées en. grande partie vers le Nord et le Nord-Ouest, tandis que la côte américaine regarde le Sud-Est, et que d’ailleurs le courant du Nord doit rencontrer, à l’île de Terre-Neuve, un obstacle à sa marche. Je n'ai pas non plus remarqué une tendance prononcée dans la direction du vent; mais il est vrai que, dans les exemples sur lesquels ont porté mes observations, il ne s’agissait ni d’ouragans, ni d'autres anomalies atmosphériques.

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Dans ces derniers temps, M. Le Verrier, directeur de l’Observatoire de France, a fait un appel à tous les observateurs de l Europe, pour avoir les renseignements météorologiques recueillis vers 8 à 9 heures du matin; et il a publié, dans les vingt-quatre heures, avec une constance rcmanjuable, les indications qui lui parvenaient des principales stations. Il a joint à ce tableau un dessin qui rend sensibles à la vue les pressions du baromètre et la marche des ondes atmosphériques. Nous avons été heureux d’y remarquer que la marche des ondes est généralement conforme à pelle que nous avions indiquée dans notre travail sur le même sujet. Avec les facilités qui existent aujourd’hui et particulièrement avec le concours de l’Europe entière, nous avons l’espoir que nous ne serons pas longtemps à mieux connaître les belles lois qui règlent les phénomènes de l’atmosphère'.

^ Pour ne parler que de la France, à côté des traités importants pour les sciences pliTsiques d'Araj'o, de Biut, de Dumas, de Reijiiaut, de Poiiillct, de Becquerel, de De la Rive, de Marcet, de Babinet, de Lamé, de Desprett, de Beudant, de Daguin, de Petit, de Pellctaii, etc., on a vu, dans ces derniers temps, des écrits, non moins intéres.sants sous le rapport scientifique que sous le point de vue littéraire, produire dt^ moyens de populariser la science et de lui donner plus d’extension; nous parlons en particulier des ouvrages de MM. Marié Davy, Camille Flammarion, Emm. Liais, Moi[rno, I..oiiis Figuier, etc.

Devant ce juste tribut que je me plais à rendre aux difTériMits pays, qu*il me soit permis cependant d’cx|>oser le motif qui m’a porté à publier cet écrit. J’ai toujours cru que Tbomme de sciences se devait à lui-méuie de faire connaître l'état du pays qui fait partie de ses éludes et dont il a pu apprécier tous les détails. Si nous avions ainsi, {>our chaque région, des traités spéciaux, exposant les principaux phénomènes qui les coiicernciit et les dÜTérenccs occasionnées par les climats, je pense qu’il serait possible d’écrire avec plus de certitude et sur de meilleures bases la physique générale du monde entier. Je n'ai certes pas eu la présomption de construire l’édifice, mais je tache d’apporter nu pierre pour aider à le construire. Je désire vivement, je le répète, que ce faible exemple trouve des imitateurs. La science est une, scs principes sont invariables, mais ses effets sont nombreux et souvent mal vus et nul appréciés, faute de descriptions précises.

CBAFim in. DES VBKTS.

CHAPnBB III. — Des vents.

Les courants atmosphériques sont à peu près comme les courants maritimes : en traversant l’air et en l'agitant, ils le purifient. Le soleil exerce une grande influence sur leurs effets, et pendant l’été il double et triple leur action. Aussi le vent est-il un des éléments météorologiques dont on a le plus d’intérét à étudier les causes et les effets : il ne suffit pas de considérer sa vitesse et sa force, il faut encore savoir reconnaître sa direction et spécialement son inclinaison dont on s’est généralement peu occupé jusqu’à ce jour ; il faut aussi ne pas perdre de vue que souvent, dans les régions supérieures de l’air, régnent des courants entièrement indépendants et différents de ceux qu’indiquent nos girouettes. Quelquefois ces courants supérieurs, superposés tes uns aux autres, ont des directions et des vitesses tout à fait dissemblables. Quelquefois encore on les voit parcourir, en faisant des révolutions sur eux-mémes, de longs et dangereux circuits, produire les cyclones, les trombes et d’autres phénomènes dévastateurs. Nous avons cherché à les faire connaître dans nos travaux précédents et à indiquer les effets des courants superposés. Les recherches que l’on a réunies à cet égard sont encore peu nombreuses, mais on peut tirer déjà des conclusions satisfaisantes de celles qui existent.

Les physiciens ne considèrent aujourd’hui les vents que dans leur marche horizontale; il semble, d’après eux, que leur action ne se modifie pas , soit en s’élevant , soit en s’abaissant. Cependant les effets sont quelquefois considérablement dénaturés, surtout quand leur action se trouve altérée soit par des toits plus ou moins inclinés, soit par les

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surfaces plus ou moins étendues des montagnes. Les vents finissent par changer entièrement leur marche ; et nonseulement ils produisent des actions qui modifient la véritable direction qu'on voudrait indiquer, mais ils nuisent encore à d'autres indications que I on pourrait croire exactes. Pour ne parler que des effets immédiatement observables, pondant les pluies un peu fortes par exemple, on voit la violence des vents chasser rapidement au-dessus de l’hygromètre l’eau qu’on s’attendait à y recevoir, et quelquefois les indications que l’on reçoit sont tout à fait fautives.

A la surface du globe, les vents produisent les effets les plus imposants : considérés sur les bords de la mer, et principalement entre les tropiques, ils présentent, chaque jour, une période régulière; vers neuf à dix heures du matin, il s’élève un vent, soufilant de la mer vers la terre, qu’on appelle brise de mer. Ce vent Tafraîchit l’atmosphère jusque vers cinq à six heures du soir ; vers neuf heures, l’air reflue de la terre vers la mer. « Sur l’Atlantique et le grand Océan, le long de la ligne équatoriale, les vents soufflent pendant toute l’année du même point de l’horizon; ceux qui viennent de l’Est sont appelés vents alises. Dans l’Inde et les mers avoisinantes, on observe une période annuelle dans la direction du vent. Pendant six mois le vent soufile constamment d’un point de I horizonct pendant six autres mois d’un point différent. Ces vents variables sont les moussons. Dans le.s latitudes plus élevées, tous les vents sont variables, et rarement le même dure pendant plusieurs jours de suite '.» Nous nous trouvons assez éloignés des régions tropicales, où ces périodes de vents font sentir leurs principaux effets; cependant, comme nous le verrons, on peut les reconnaître

* Voyci Ir Cours comphi de mêléoroloÿie de L. F. KÜnitz, traduit par M. Martiiu:, i vol. in-18, p. 34, 1845; voyez aussi Y Asirouomie populaire par F. Arnço. publiée par M. J. A Barrai, tonie IV, p. 583 cl suiv. 1857.

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