‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 182 sur 211 · CHAPITRE n. DE LA PRESSION ATMOSPHERIQUE. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. DE LA PRESSION ATMOSPHERIQUE. i

Je viens do faire connaître sommairement les documents qui ont servi de base à mes premières éludes. Leur examen attentif m’avait fait comprendre que, pour pouvoir les utiliser, il fallait nécessairement recourir à des observations prolongées pondant plus de trente-six heures. Celle période de temps , en effet , est insuflî.santc dans le plus grand nombre de circonstances, pour qu’un mouvement atmo-. sphérique puisse se propager d'une extrémité de l'Europe à l'autre , et être étudié convenablement dans toutes ses parties.

Il importait, avant tout, de se faire une idée juste du système général des ondes barométriques , et d'aborder le problème au point de vue le plus élevé possible , pour en étudier ensuite tous les détails. Or, cette étude , avec les matériaux existants, présentait les plus grands obstacles. Il fallait des stations bien espacées , où des observations fussent faites sur un même plan, convenablement concerté d’avance, et de manière que les ondes atnio.spliériques pussent être suivies et étudiées dans toutes leurs modifications. Voyez la figure page 457. .

Les recueils d’observations où je pouvais puiser étaient malheureusement peu nombreux. Pour me représenter les variations (jui surviennent dans la pression barométrique et pour en rechercher les lois, j’eus recours à plusieurs systèmes de courbes. Je choisis particulièrement les observations des mois de juin, juillet et août 1841. Ces mois sont les premiers pendant lesquels on ait fait des observations bihoraires à Bruxelles. D un autre côté, ils renferment une

reffardedas in a certain sense a nodal point vhere irrejularitiet are smoothed dov^iy and oscillatory mo^meni in general is more or les* ckecked; and such movements increase in amont a* ire recede from Brussel* as a cen/re, etpecially toKards tke nortk vest^ as far as Markree. (Report of the briliili Associalioii for 18i3, p. 80.)

iai

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époque (le solstice d’été Itiil), pour laquelle j’avais les observations horaires d'un grand nombre de stations : ce qui permettait de faire un travail de détail se rattachant au travail général sur le système des ondes atmosphériques, qui domine dans le Nord de l’ancien continent. Les stations principales étaient ; Bruxelles Greenwich - , Paris’, Munich*, Prague’, Genève®, le Grand-Saint-Bernard’, Parme®, Varsovie®, Cracovie Lemberg", Saint-Pétersbourg ” , Dorpat “ , Cazan '* , Catherinenbourg ” , Zlatoouste '® , Bogoslowsk ” , Barnaoul , Nertchinsk '® et Pékin ’’’. 11 suffisait d'avoir les observations de midi et de minuit.

Des divers systèmes d'ondes. — On aperçoit, dans ces courbes, un parallélisme évident pour les pressions observées dans les villes voisines entre elles : mais ce parallélisme n’existe plus, lorsqu’on compare les stations éloignées. On pourrait former plusieurs systèmes de courbes d’après les rapports que I on observe dans la marche des baromètres. Ainsi, l’on réunirait, dans un de ces systèmes, les stations de Bruxelles, Paris, Greenwich, Prague, Munich, Genève, le Grand-Saint-Bernard, Parme, Varsovie, Cra-

I y^nnaUt de V Obtervaloire royal de Bruxelles.

< Publications de rCHiscrvatoirc royal de Greenwich.

^ Comptes rendus de rinstilut de France.

^ Publications de M. Laniont.

^ Magneiische und meieorologische Beobachtungen zu Prag.

BibliotKèque universelle de Genève.

’ Ibidem.

^ Tableaux manuscrits, communiqués par M. Colla.

^ Tableaux manuscrits, par M. Arminski.

Tableaux manuscrits, par M. Weiss.

II Dociitnents manuscrits, communiqués par M* Runick.

.'innuaire météorologique de Russict publié par 91. KupfTcr. 13 4 to Itfidtm.

Je cite ces stations particulières, qui, par rintervention de M. Kupflcr, vou> lurent bien m'aider de la manière la plus obligeante par leurs renseignements particuliers.

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covie et Lemberg ; le second système se composerait des stations de Dorpat, Saint-Pétersbourg et Kazan : le troisième comprendrait les stations de Bogoslovvsk, Catherinenbourg et Zlatoouste , qui sont dans l'Oural. Rnûn , les stations très éloignées de Barnaoul , de Nertcliinsk et de Pékin, devraient former peut-être autant de systèmes séparés, mais nous les considérerons ensemble. Pour abréger, je désignerai ces quatre systèmes d'ondes par les noms suivants : Système de l'Europe centrale, système de Russie, système de l’Oural, et système de l’Asie du Nord. On concevait qu'il était impossible de se rendre compte de toutes les petites variations locales que la pression atmosphérique a dû nécessairement éprouver sur une aussi vaste étendue. Cependant les inflexions des courbes permettent assez bien de reconnaître vers quels lieux ces variations ont pris naissance et dans quelles limites elles ont étendu leur action.

Remarquons d'abord que, bien qu il n'existe pas de rapports évidents entre les courbes qui appartiennent aux différents systèmes, on peut cependant reconnaître entre elles des points de ressemblance. Ainsi, lorsque l'on compte le nombre des maxima ou des minima qui appartiennent à une courbe donnée, dans l’intervalle des trois mois cités, on en retrouve presque constamment le même nombre. En comparant les deux courbes de Parme et de Pékin, qui appartiennent à des systèmes différents et à deux stations extrêmes, on observe entre elles une similitude remarquable.

Mais avant d'entreprendre un examen plus approfondi des différents systèmes d’ondes, il sera nécessaire d'entrer dans quelques considérations de théorie, qui faciliteront cet examen.

Origine probable des ondes atmosphériques. — On admet universellement que l'air échauffé par la chaleur du soleil s’élève, dans les régions équinoxiales, et qu’après s'étre

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successivement refroidi dans sa marche, il se rabaisse vers les régions polaires. On peut se demander par suite si ce n’est point la chute, ou le déversement de l’air froid, qui donne naissance aux ondes barométriques. Les ondes, dans cette hypothèse, devraient se propager, en même temps que les courants polaires, des pôles vers l'équateur, et, dans notre hémisphère, du nord vers le sud. Mais on peut concevoir de plusieurs manières la naissance de ces ondes. Si le déversement de l'air froid s’effectue tout autour du pôle, et si cet air forme en quelque sorte une calotte complète, les ondes barométriques seront continues sous toutes les longitudes. L’onde barométrique qui, à un instant donné, passe par une station, pourra être suivie autour du globe. Au contraire, si le déversement de l’air froid se fait à une certaine distance du pôle, et que cet air s’écoule presque complètement vers l’écjuateur , l’onde , au lieu d’embrasser un cercle entier autour du pôle terrestre, et de se propager en étendant ce cercle, se répandra seulement dans un secteur, dont l’angle pourra être plus ou moins ouvert. Dans ce second cas, les secteurs voisins pourront se. pénétrer mutuellement, et il en résultera une succession rapide de deux ondulations dans les points où ils se rencontrent.

Dans 1 hypothèse où nous nous sommes placé , cette seconde manière de voir paraît la plus probable. En effet, la différence des courbes barométriques pour des stations éloignées, semble nous indiquer que ces stations éprouvent les effets, moins d’une onde continue, que de plusieurs ondes distinctes. Toutefois, comme il existe dans toute l'Europe septentrionale et dans la Sibérie, des ondes qui marchent du nord au sud, nous pouvons nous représenter que ces ondes forment les arcs de différents secteurs qui n'ont pas précisément les mêmes centres, et qui n’ont pas non plus,

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au môme instant, les mêmes rayons. Mais il doit résulter de la juxtaposition de ces ondes partielles une ondulation générale qui peut faire le tour entier du pôle par toutes les longitudes, et qui est, en certains endroits, plus avancée vers le Sud, et, en d'autres points, plus reculée vers le Nord. Il existera des mouvements particuliers dans les stations qui se trouvent au contact de deux secteurs voisins : ces stations participeront tour à tour, et à très peu d'intervalle, aux deux ondes partielles qui se propagent l'une à côté de l’autre.

Ce qui vient compliquer encore ce phénomène, c’est que le principal système d’ondes atmosphériques qui passe audessus d’une région, se trouve presque toujours influencé par d'autres systèmes secondaires ; de manière même qu’un maximum peut se trouver amoindri ou même disparaître entièrement. D’une autre part, comme le suppose M. Dove, le courant qui, dans nos climats, se dirige vers l’équateur pour remplacer la colonne ascendante d’air échauffé, ne se trouve pas entièrement compensé ; il se fait dans les régions inférieures de l'atmosphère des courants complémentaires d’air échauffé, qui marchent parallèlement au premier, mais dans une direction opposée et du SO vers le NE. Ces deux courants opposés doivent nécessairement produire, en s’influençant mutuellement, des rotations dans les vents et des systèmes d’ondes spéciaux. Les ondulations distinctes, qui sont juxtaposées les unes auprès des autres, forment autour du pôle terrestre une ligne qu’on peut regarder comme continue, mais dont la figure doit être irrégulière.

Marche générale des ondes dans le système de l’Europe centrale. — Nous tâcherons de faire saisir la marche générale des ondes, que nous avons étudiées séparément dans un ouvrage spécial. Les lignes ou hachures que présente la figure font connaître le sens dans lequel se fait le mouve-

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ment de translation de chaque partie de l’onde ' ; un système de lignes est orthogonal à l autre. On voit qu'en partant des côtes méridionales et occidentales de la France, ainsi que des côtes de la Belgique , de la Hollande et du nord de l'Allemagne, la convergence se fait vers l'extrémité de la chaîne des Alpes tyroliennes et les frontières de l'Autriche. L’onde barométrique se concentre donc en jiartie vers cette région, et se prolonge le long d’un parallèle pour se relever au nord de la mer Noire au-dessus de Moscou.

D’après les observations relevées, ce mouvement s’opère dans l'intervalle d’un à deux jours. La vitesse n'est pas la môme dans les différentes parties de l’onde; on peut l’estimer de G à 10 lieues par heure. La vitesse semble en général être d’autant plus grande que les pays parcourus présentent moins d’aspérités.

Les tableaux barométriques des lieux nous apprennent mieux encore que c’est un môme système d'ondes qui prédomine dans l'Europe centrale, système dont les détails sont plus ou moins modiGés par des causes locales. Les ondes semblent avoir moins d intensité en s’éloignant de leur origine et en pénétrant à l’intérieur des terres; elles sont aussi moins prononcées dans le midi que dans le nord de l’Europe ; ainsi la courbe pour Parme oscille dans des limites beaucoup moins larges que pour Londres ou pour Bruxelles.

1 Voyez le Mémoire traitant des ondes atmospliériques en ^néral, pages 75 à 104 inséré dans le 2*^ volume du traité lur le Climat de la Belgique, in>4^, 1B57. Voyez aussi les .dniiales de VObservatoire de Bruxelles^ tome YIII, in-4**, 1851. La planche donnée à la page suivante, résume les résultats d'une vingtaine de planches représentant la marche des ondes atmosphériques sur l'Europe et l'Asie du nord pendant les mois d'été. Les trois grandes courbes des ondes devraient être couptet perpendiculairement par le système de courbes que suit dans sa marche chaque particule aérlforme, à peu près comme c'est indique dans le système européen.

irÉTSOSOLOGIE. IIVBB IV.

Mais avant de pousser pins loin noire examen, continuons l'élude des courbes de pression atmosphérique pour les trois systèmes qui se prolongent, par la Russie, à travers le nord de l'Asie , jusqu'à Pékin.

Système de la Russie européenne. — Trois villes seulement font partie de ce système, Dorpat, Saint-Pétersbourg et Kazan. Les tableaux barométriques nous montrent que les lignes qui représentent les oscillations barométriques dans les deux premières villes, marchent généralement bien d'accord, et elles pourraient être considérées, en quelque sorte, comme appartenant au système de l'Europe centrale. 11 n’en est pas tout à fait de même pour Kazan, qui semble se rapprocher davantage du système de l'Oural . Sous ce rapport, cette station est très importante, puisqu'cRe sert, pour ainsi dire, de lien entre deux systèmes d'ondes voisins; et que l’on peut suivre de l’œil le passage qui se fait de l'un à l'autre de ces systèmes.

Les cartes, où les ondes barométriques sont figurées , font voir que ces ondes se transportent des côtes vers l'intérieur des terres, en marchant du nord au sud pour le milieu de la Russie; et du Nord-Ouest vers le Sud-Est pour Dorpat et Saint-Pétersbourg.

La marche des ondes est généralement assez rapide, et on pourrait la considérer comme étant à peu près la môme que pour la partie centrale de l'Europe. Il est à remarquer, du reste, que, pour Dorpat et Saint-Pétersbourg, les oscillations barométriques sont très prononcées.

Système de l’Oural. — Ce système se compose également de trois stations ; ce sont Bogoslowsk, Catherinenbourg et Zlatoousle, situées au pied de la chaîne de 1 Oural. Bien que les lignes barométriques, qui se rapportent à ces stations, aient beaucoup d'analogie entre elles et présentent, sous plusieurs rapports, les mêmes inflexions que celles de

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Saint-Pétersbourg, de Dorpat et de Kazan surtout, cependant l'étude en offre d'assez grandes difficultés. Les cartes des ondes sont plus instructives et font voir que le sens du mouvement a lieu dans la direction de la chaîne des montagnes, comme on peut le voir également pour les Alpes. En général, leur translation s’y fait moins rapidement que partout ailleurs, à cause de l'obstacle qu’elles rencontrent dans leur marche.

Système du nord de l’Asie. — Les ondes barométriques relatives à Pékin et à Aertchinsk placé près des frontières de la Chine, présentent des analogies qui font reconnaître quelles appartiennent à un même système. Mais, pour rattacher ensuite ces points aux stations de l’Oural, on ne trouve dans toute la Sibérie que Barnaoul : encore les observations laissent-elles des lacunes assez grandes. 11 faudrait nécessairement quelques stations intermédiaires pour se rendre suffisamment compte de la marche des courbes. Quoi qu’il en soit, les variations de la pression de l’air à Barnaoul semblent avoir plus de rapports avec celles observées dans l’Oural qu’avec celles de la partie occidentale de l'Asie.

En consultant la marche des ondes barométriques, on voit qu’elles procèdent en général d’un mouvement très régulier, et quelles descendent du nord vers le sud à travers les vastes plateaux de la partie septentrionale de l’Asie ; seulement, dans le voisinage du grand Océan, elles s’infléchissent vers le continent et se recourbent un peu vers Pékin.

Après avoir étudié les mouvements des lignes qui représentent les maxima et les minima barométriques, on a étudié la pression elle-même, dans toutes les parties de l’onde, au moyen des observations du solstice d'été de 1841.

M. Birt, en se servant seulement des courbes planes à

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deux variables, a déjà étudié la figure de l’ondo'. Il nous a semblé qu'il était possible d étendre ces recherches en traçant des lignes d'égale pression sur des cartes de l’Europe, comme on trace des lignes de niveau sur les cartes géodésiques ; on a donc réduit les hauteurs barométriques au niveau de la mer, et l'on a ramené, autant que l’on a pu, tous les baromètres à la pression absolue, au moyen des corrections que les observateurs ont indiquées.

On a pu conclure de ces recherches que l'onde barométrique a subi une double oscillation ; l'air s'est alternativement condensé et dilaté autour de la chaîne des Alpes. Tout s'est passé comme s’il avait été soumis à une pression latérale provenant des eûtes maritimes de l'Europe centrale, pour le sud, l’ouest et le nord, et de la Russie pour l'est. Cette pression a eu pour eiïet de former une onde générale qui s’est resserrée, avec des vitesses inégales, dans les différents points de son parcours vers la barrière des Alpes, où il s’est opéré une espèce de réflexion asser. sensible, surtout dans la direction qu'avait primitivement la plus grande vitesse de l’onde.

Les ondes barométriques ne seraient donc pas seulement le résultat des pressions exercées par l’air qui, en se refroidissant, se déverse vers le pôle par suite du courant tropical ; les oscillations atmosphériques pourraient avoir encore d’autres causes. Quelles que soient ces causes, qui sont certainement très nombreuses, on conçoit que, quand un ébranlement a lieu dans la masse atmosphérique, il se transmet avec une grande vitesse, surtout à la surface des mers, et qu’il doit rencontrer des obstacles à sa transmission dans le voisinage des montagnes. L’onde transmise

' y aytz le» rapports de ce savant dans les publications de l’Association britannique pour iiii, 1845. 18(6, 1847 et 18(8.

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non-seulement s’y trouve altérée, mais elle peut produire dans l’air les fortes pressions que l’on remarque dans l’exemple qui nous occupe; et, en vertu de l’élasticité de l’air, le mouvement doit se réfléchir.

Pour mieux reconnaître l'influence des montagnes sur la transmission des ondes, on a réduit également au niveau de la mer et à la pression absolue, les observations du solstice d'hiver de 1843. On a réuni, pour ce solstice, des observations plus nombreuses encore que pour le mois de juin 1841 . En traçant les courbes qu’elles fournissent, on a vu se confirmer l’hypothèse d'un pôle de pression dans l'Europe occidentale, mais, cette fois, dans la direction des montagnes de la Saxe. Toutefois comme ces observations répondent à une époque où la pression barométrique était voisine d’un maximum, il pourrait se faire que ce pôle de pression fût un phénomène borné à de telles époques. L’existence de ce pôle peut môme se concilier avec la propagation générale des ondes, si l’on observe que Tonde, en pénétrant de 1a mer dans l’intérieur des terres, doit faire naître un point de rebroussement dans la trace de Tonde terrestre. Des observations faites dans l’Europe centrale, depuis Mayence jusqu’aux bouches du Danube, seraient très propres à faire bien connaître l’existence de ce point de rebroussement et la figure de la courbe dans son voisinage.

De ce que nous venons de voir, on peut déduire les conclusions suivantes, du moins pour les périodes qu’embrassent nos recherches :

1 ® L’atmosphère est généralement traversée par plusieurs systèmes d’ondes différents, lesquelles s'interfèrent et produisent, pour chaque lieu de la terre, un état spécial de pression.

2" Au milieu de tous les mouvements particuliers, il se

HÉTioBOLOCœ. LIVRE IV.

produit un système d’ondes prédominant qui semble rester à peu près constant pour un môme climat.

3° Les ondes atmosphériques, tant en Europe qu’en Asie, se propagent du nord au sud, sans avoir toutefois la môme vitesse ; elles marchent plus rapidement dans le système asiatique et dans le système de l’Europe centrale, qu’en Russie ou dans les montagnes de l’Oural.

4° Les ondes atmosphériques semblent se propager avec moins d’obstacles à la siirface des mers qu'à l'intérieur des terres. En général les aspérités du globe, et particulièrement les chaînes de montagnes, diminuent leur vitesse et modifient aussi leur intensité.

3“ L’inégalité de vitesse, sur le continent, d’une part, et dans le voisinage de la mer, de l’autre, expliquent les inflexions qu’éprouve, dans toute son étendue, la ligne qui figure la marche générale de l’onde dans notre hémisphère.

Cette ligne se replie de manière à ôtre poussée en avant dans le sens de la plus grande vitesse ; ainsi l’onde pénètre presque en môme temps sur le continent européen par les différentes côtes de la mer du Nord, de l’Océan et de la Méditerranée; d’une autre part, elle vientaboutir presqu’en môme temps aussi le long de la chaîne de l’Oural et de celle des Alpes tyroliennes.

6° La vitesse avec laquelle les ondes barométriques se propagent est très variable ; elle peut ôtre estimée moyennement de 6 à 1 0 lieues de France à l’heure ; elle est un peu plus grande dans l'Europe centrale et moindre en Russie.

Au reste, cette vitesse varie d’une onde à l'autre; elle varie môme pour les différentes parties d’une môme onde. Comme nous l’avons déjà fait remarquer, clic est plus grande vers les côtes, et dans tous les endroits où la propagation du mouvement paraît plus libre. Au contraire,

CEUPITRE II. BE LA PRESSION AIMOSPHÉRIQIE. 4G3

dans le voisinage des montagnes et des plateaux, cette vitesse diminue notablement ; dans l’Oural, elle se nkluit parfois à moins de 2 lieues par heure.

7“ Les directions des vents n’ont pas de rapports apparents avec les directions des ondes barométriques. Ce fait important semble favorable à l’hypothèse de courants compensateurs marchant dans le bas de l'atmosphère et dans des directions opposées à celles des courants qui vont du pôle vers l'équateur. Remarquons, du reste, que l’air peut aussi se condenser par des pressions latérales sans qu’il y ait des affluents d'air nouveau, et par suite, des vents sensibles dans les directions do ces pressions. Au contraire, les vents dominants peuvent fort bien subsister sans altération, pendant que les masses d'air qu’ils déplacent changent sensiblement de densité.

11 doit en être de certaines ondes barométriques comme des ondes .sonores qui se transmettent dans toutes les directions, malgré l’obstacle des vents, lequels peuvent, à la vérité, en modifier l’intensité et la vitesse.

Dans \ Annuaire de ta société météorologique de France, il a paru en mars 1867, tome 1 i, 2' partie, pages 49 et 73, deux articles de M. Sonrel, sur les mouvements de l’ atmosphère et des mers et sur la loi des tempêtes, de M. Marié- Dayy, qui sont remarquables par les vues sous lesquelles l’auteur embrasse son sujet, il a très bien compris que la météorologie n’a pas pour objet d’inscrire laborieusement des documents scientifiques , recueillis sans discernement, mais que ses recherches doivent être dirigées vers un but plus relevé. Il cite à ce propos les beaux travaux qui ont été entrepris par de Ilumboldt, Dove, KUmtz, etc. ; et rapporte avec raison ce que l’on doit aux recherches de M. Marié-Davy. Son examen l’a conduit par suite au sujet qui est traité dans ce chapitre ; et ses vues portent plus

HÉTÉOROLOGIE. UVRE IV.

directeiucnt sur les points qui nous ont occupé depuis longtemps. « Ce n'est pas aujourd'hui seulement, dit-il, que I on a senti la connexion qui existe entre les phénomènes atmosphériques en quelque lieu qu’on les observe. Lavoisier avait établi un système d'observations simultanées sur la France pour étudier les accidents dans leurs moindres détails, dans leur marche et leur mode de propagation. Depuis cette époque, de nombreuses tentatives ont été faites pour saisir les phénomènes météorologiques sur de grandes étendues et les suivre à la surface de la terre. Plusieurs ont donné naissance à des théories célèbres. L’une des plus remarquables et des plus connues est celle des ondes atmosphériques, due à .M. Quetelet. Ce savant marque sur une carte tous les points où le baromètre passe en même temps par un maximum ou par un minimum, et il joint tous ces points par une ligne courbe. Les courbes se déplacent les jours suivants, en obéissant à des lois que .M. Quetelet s’est attaché à déterminer,

« Dans la partie occidentale de notre continent, elles se transportent, au mois de juin par exemple, de l’Ouest à l’Est; leur marche devient du Nord-Ouest au Sud-Est, puis du Nord au Sud à mesure qu’on les considère dans des parties plus orientales de l’Europe. Or, le passage des bourrasques donne lieu à des apparences d’ondes atmosphériques. Supposons, en effet, qu’une bourrasque marche de l’Ouest vers l’Est, le minimum de la pression barométrique s’observera simultanément sur tous les points du diamètre Nord- Sud de la bourrasque; généralement, le minimum se produira simultanément en tous les points du diamètre perpendiculaire à la trajectoire du centre. Une seconde bourrasque, semblable à la première, suit-elle la mémo route, le baromètre montera de quantités différentes aux divers points de la ligne où nous venons d’observer le minimum.

CUAFiraE II DE I.A PRESSIOM ATMOSPIlÉRIQl'E. i6o

mais il arrivera en même temps au maximum après lequel il décroîtra pour repasser en même temps par le minimum. Si les bourrasques ont une grande étendue, les lignes considérées plus haut auront une longueur considérable et l’on pourra croire à l’existence d ondes atmosphériques se propageant dans le même sens que le courant et avec la même vitesse que lui. Une onde condensée succéderait régulièrement à chaque onde dilatée. Une ligne de bourrasques est toujours accompagnée sur l’Kurope d'une ou de deux autres. Si les bourrasques y marchaient de manière que leurs centres fussent toujours sur des perpendiculaires à leurs trajectoires, les lignes minima et maxima de ces systèmes seraient dans le prolongement les unes des autres et donneraient l’apparence d’un système d’ondes rectilignes. Comme il n’en est pas ainsi, et que les bourrasques elle.smêmes ne gardent pas toujours une forme géométrique, le système d'ondes est courbe, tout en se transportant comme les bourrasques. Les ondes atmosphériques ont marqué un grand pas de la météorologie ; elles étaient un acheminement vers les travaux récents de météorologie internationale, auxquels on doit la loi remarquable de M. Marié-Davy. »

Aux recherches faites, pour l’Europe et pour l’Asie, sur la marche des ondes atmosphériques, nous croyons devoir joindre aussi un aperçu du travail que M. James P. Espy a fait paraître, à la fin de 1 843 : c’est un rapport d’un grand intérêt sur les conditions météorologiques des États-Unis d'Amérique, et spécialement sous le point de vue des ouragans'. %

* Firxt Heport on mtteoroloffy to ihe suttjeon general of ihe l niteH Statet artny, br James P. Espy. A. M., un cahier in-4® oblon^, avec caries. La tht^rie de M. Espv sur les nurajpms a été exposée par M. Babinct. dans les Annalet de rAtVniV, 3* série, t. I, p. 372, M. Dove a exposé énraletncnl une théorie nouvelle dans les Annnlet de Poggendorff, t. LU. p. 1. Vogez h ce sujet la note insérée par M. Martins, dans la Météorolngie de htemtz, p. 337.

Dans ce travail, le savant Américain a résumé sur différentes caries les indications des vents, des températures, des pressions maxvna et minima du baromètre, les quantités de pluie ou de neige. Ces observations ont été faites dans un grand nombre de lieux, pendant les trois premiers mois de l’année 1 843. L'auteur s’est borné à présenter, sous une forme aussi concise que possible, les principales conclusions qu'on pouvait déduire de tous ces résultats. Je crois utile de les reproduire ici textuellement d'après son travail.

1 . Les ouragans de pluie et do neige, et même les pluies et les neiges modérées, cheminent, dans les Élats-L'nis, de l’Ouest à l’Est, pendant les mois de janvier, février et mars, qui sont les seuls sur lesquels ont porté les observations.

2. Les ouragans sont accompagnés d’une dépression barométrique, vers la ligne centrale de l’ouragan

3. La ligne centrale de la pression minimum est généralement d’une grande étendue du Nord au Sud, et se meut latéralement presque toujours vers l’Est.

4. Cette ligne se rapproche parfois d'une droite, mais en général elle est courbe, et le plus souvent elle présente sa convexité vers l Est.

O. La vitesse de celle ligne est telle qu'elle se transmet du Mississipi jusqu’aux côtes du Connecticut dans l’espace de 24 heures environ, et du Connecticut à St-Jean dans l'île

1 M. Rcilfield attribue la dépressioii barométrique, pendant les ourajrans, h la force centrifu{re qui sc développe, dans tous les mouvements rotatoires, du centre vers la circonférence. Il en résulte, selon lui, que je mercure se trouve Te pîu^ljsnii{ceiitre du tourbillon, et qu'il &e tient d'autant moins bas, qu'on est plus éloigné du meme centre. Voyez aussi l'ouvrage du lieutenant-colonel \V . Reid, The proyresn. of the detelojtement of the /aie of stornvtj etc., \ vol. in-8°. f.<oiidres, 1849. L'àutcur y appuie, par de nombreux exemples, la théorie de M. Redücld.

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