‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 198 sur 211 · Chapitre VII. — Phénomènes lumineux · texte numérisé non relu

Chapitre VII. — Phénomènes lumineux

On a pu voir, à la fin des deux livres précédents, ce qui se rapporte aux phénomènes lumineux de l’atmosphère : nous avons considéré spécialement les phénomènes que présentent l'arc en ciel, lés cercles lunaires, les halos, les anthélies,etc.; nous ne nous sommes pas occupé avec moins d’intérêt de aurores boréales, spectacle curieux, mais soumis à des lois périodiques, dont le retour ne nous est pas favorable à l’époque actuelle Nous avons eu également l’occasion de parler do la polarisation de l’air serein ; mais nous n'avons pas cru devoir aborder l’examen des phénomènes qui se passent au dehors ou sur les dernières limites de notre atmosphère ; tels que les étoiles filantes Nous avons jugé préférable de renvoyer ces détails scientifiques à un autre ouvrage, où ils trouveront plus naturellement leur place : nous en parlerons dans la physique du glohe , et particulièrement à propos de l’entrée de l’étoile filante dans la partie supérieure de notre atmosphère.

La météorologie, qui forme l’objet do cet ouvrage, n’est que la première partie d’un travail plus complet, qui renfermera l’exposition des lois physiques, relatives à notre globe considéré dans son ensemble, et que nous nommons physique du globe. Ce travail ne concerne donc pas seulement

J Voyez le rataloi^iie à'aurores boréaht par Ilansteen , tome XIV, pa^p: 61 du Bulletin de rAcadémic de Bruxelles, et les Jlfémoim des membres tome XX. 1847.

2 U en a clé parle sommairement néanmoins, à la page 428 et suivante de cet écrit; mais sans offrir les détails nécessaires. On pourra les trouver dans notre ouvrage sur la physique du glohe; in~4", chez llayez 1861 .

MÉTÉOEOLOCœ. LrVBE IV.

notre atmosphère ; il doit encore rendre compte de toutes les lois physiques de notre planète : c’est-à-dire qu’après avoir traité de l'atmosphère dans laquelle nous sommes plongés, il doit s’occuper aussi du globe qu’elleenloure et de la couche sur-atmosphérique, extrêmement rare, dont elle est enveloppée. Une étoile fdante, qui vient des espaces célestes et qui se dirige directement vers le centre de notre terre, doit donc franchir cette sur-atmosphère, traverser notre atmosphère même, puis pénétrer à l'intérieur de notre globe, à moins d'être éteinte ou déviée avant d'y parvenir.

Cette marche aérienne a beaucoup occupé les savants dans ces derniers temps; elle forme en effet un des phénomènes célestes les plus curieux et les plus importants. Elle devra principalement fixer notre attention dans le traité .sur la physique du ylobe, qui fera suite à ce traité de météorologie. On peut déjà pressentir quelle est la hauteur de la sur-atmosphère, par la distance à laquelle elle nous permet de voir l'étoile filante qui s’approche de nous : on peut admettre que sa hauteur est de soixante à quatre-vingts lieues. Nous devons la supposer extrêmement rare, mais de nature cependant à émettre des courants lumineux bien prononcés sur le passage des étoiles filantes qui la traversent rapidement, depuis l'instant de leur entrée Jusqu’à 1 instant oii elles disparaissent, après en avoir dépassé les première.s couches, car il n’a jamais été donné à l'homme de pouvoir examiner de près la nature d’une seule étoile filante. Nous savons seulement que ces météores cessent de briller, à mesure qu'ils pénètrent dans notre atmosphère, et que les plus apparents même ces.scnt de se montrer et disparaissent, lorsqu’ils s’enfoncent dans la partie la plus agitée et qu’ils approchent de la terre.

L’atmosphère constamment agitée n’est pas de la même hauteur, en été et en hiver. L’agitation ne se manifeste pas

CnAI'ITRE VII. PHÉXOMÈ.NES Ll'MI>ElX.

à plus de 3 à 4 lieues de hauteur en hiver, ni à plus de 0 à 8 lieues en été. C’est dans cette partie agitée que se trouve l'humidité et que sont les êtres vivants soit plantes, soit animaux. Plus haut, l'air est parfaitement sec et les êtres vivants cessent d’y subsister. Des nuages spéciaux, de légers cirrhi s’arrêtent parfois à ses dernières limites et s’y fixent en quelque sorte. C’est vers cette partie de l’atmosphère, non soumise aux agitations diurnes, que se manifestent spécialement les aurores boréales, car parfois on aperçoit des lambeaux plus ou moins lumineux qui cheminent à travers l’espace; et quelquefois même de larges jets brillants, comme seraient des étoiles filantes, projettent des étincelles dans leur marche.

Ce sont ces phénomènes qui nous ont porté plus spécialement à les ranger jiarmi ceux dont nous aurons à parler dans la physique du globe, qui concerne les régions les plus élevées au-dessus de notre terre.

Si nous traversons notre atmosphère, pour considérer ensuite ce qui se passe à la surface même de notre globe; si nous étudions les deux règnes organisés des êtres vivants, nous nous arrêterons aux grandes lois de l’atmosphère dont ils subissent les influences ; nous en ét udierons les variations, et spécialement celles des températures qui s’éteignent à cinquante ou soixante pieds de profondeur.

En pénétrant jusiiuau sein de notre globe, (piel(|ues physiciens continuent encore à le considérer comme solide, et doué d’une température croissante depuis la surface jusqu’à son centre. D'autres admettent qu’à des distances, môme assez rapprochées de la surface, la forme solide fait ])lace à la forme plus ou moins liquide : qucique.s-uns même pensent que la partie solide peut être disjointe de la partie liquide, présenter des vides plus ou moins grands, des disjonctions qui permettraient aux parties liquides d’avoir

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un mouvement de rotation qui ne serait pas exactement celui de la partie solide extérieure. Dans cette hypothèse, les volcans et leurs projections accidentelles pourraient s’expliquer sans peine, et mériteraient une attention toute spéciale. Ces révolutions distinctes ne se feraient pas sans secousses, et produiraient de temps en temps des tremblements de terre, des éjections volcaniques, ainsi que des enfoncements ou des soulèvements de terrains ; remarquons que les masses liquides qui se projettent à travers certains cratères, placés spécialement sur les bords des mers, ajoutent encore à ces probabilités.

De pareilles hypothèses sont plus ou moins admissibles, si l’on considère surtout la contexture et la subordination des parties d’autres corps célestes, de Saturne par exemple, où l’on voit le corps de la planète et les parties de l’anneau qui l'enveloppe, n'avoir pas exactement les mêmes temps de révolution sur eux-mêmes. Ce sont du reste des questions qui trouveront mieux leur place dans l’ouvrage qui doit suivre et qui traitera de la Physique du globe.

TABLE DES MATIÈRES

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