INTRODUCTION
auxquelles on ait pu pénétrer, par les travaux des mines ou par d’autres sondages récents, ne s’étendent pas très loin au-dessous de la surface du sol. Les plus grandes distances auxquelles on ait pu descendre ne dépassent pas une à deux lieues; et une profondeur pareille est faible pour les problèmes qu’on peut avoir à résoudre, dans l’intérêt de la science.
Nous nous liornerons, dans ce volume, à ce qui concerne les phénomènes do la météorologie. Celle science, quoique bien connue en apparence, présente néanmoins différents points (jui demandent à être éclaircis : plusieurs faits, cités ordinairement comme vérités scientifiques , devront être examinés de plus près, pour tâcher de reconnaître les erreurs qui auraient besoin d’être rectifiées.
bien que notre principal but, dans ce qui va suivre, soit principalement de poser les principes de la météorologie pour le sol belge, nous ne pouvons cependant isoler notre ]»ays du reste du globe ; ce ne serait qu’examiner un faible côté de la question. Dans les deux premières parties de cet ouvrage, nous nous occuperons spécialement de tous les éléments météorologiques qui concernent Bruxelles : nous étendrons ensuite nos recherches à la Belgique entière ; et, dans la quatrième partie, nous jetterons les yeux sur le glolie pour examiner les modifications qu’éprouvent nos éléments météorologiques, en passant de notre pays aux autres pays qui l’avoisinent.
Il .serait à désirer qu'un travail semblable pût se faire |>ar les États les plus avancés ; il faudrait peut-être former pour cette étude un congrès général des principaux observateurs des différents pays. Si les savants pouvaient s’entendre entre eux, leurs ouvrages prendraient plus d’unité et d'importance; il serait possible de les comparer immédiatement. Chaque pays doit une partie de son activité à
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la science el c’esl de 1 élude et de la comparaison de Ions ces travaux que doit naître le monument général que l’humanité serait fière de pouvoir établir.
L’exemple en existe déjà ; deux parties de la .science ont montré en mémo temps combien l'esprit d'association peut avoir d heureux résultats. Pendant l’automne de 18Ü3, sur l’invitation des Etats-Unis d’Amérique et par l'organe de iM. Maury, l'un de ses marins les plus exercés, les différeuts États du monde civilisé envoyèrent des représentants à Bruxelles. Leur but était d étudier en commun les grandes lois scientifiques qui dominent l’empire des mers , et de chercher à s’entendre sur les moyens d’en connaître les principes el les applications les plus utiles.
Un mois après, se réunissait, également dans la même ville, une assemblée des délégués des nations éclairées, pour régler plusieurs des points les plus importants de leur administration scientifique. 11 sagissait de convenir des moyens de recueillir les documents statistiques des différentes nations, d'introduire de l’ordre cl la comparabilité entre les différentes valeurs administratives el d'allonger en quelque sorte la vie de I homme d’Élal, en renfermant dans quelques volumes les renseignements qui lui permettraient de comparer immédiatement, sans peine et sans perle de temps, des documents parfois introuvables, exprimés dans des langues diverses et avec des méthodes el dos mesures tout à fait différentes.
Combien, d’une autre part, la science n’aiirait-ellc pas à s'applaudir si elle faisait le môme essai pour la météorologie et la physique du globe. Combien les hommes n’auraient-ils pas à gagner si des savants capables, dans les différents Étals, pouvaient se décider à réunir, chacun d'après un même plan et chacun pour son paj's, les parties de la science qui concernent l'atmosphère et le sol , à
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résumer ensuite, sous une plume habile, les travaux faits dans leurs pays respectifs, et à concourir ainsi à un vaste ensemble qu’il ne s’agirait plus que de compléter et d'améliorer pour l'usage de leurs successeurs.
Fermement convaincu de l imporlance de travaux semblables, particulièrement pour la météorologie et la physique du globe , j’ai voulu essayer jioiir la Belgique ce que je serais heureux de voir entreprendre pour tout autre pays. J ai pensé que les observatoires étaient plus spécialement appelés à des études semblables , surtout d'après la nature de leurs travaux habituels et da|)rès
I entente cordiale <jue j ai cru remarquer entre les .savants dans ces derniers temps. 11 ne s'agit certainement jias de monopoliser la science; mais il faut être d’accord en traitant les points d un usage général, et s’entendre sur la marche qu'on aurait à suivre. Il conviendrait de faire ici ce qii on a fait dans les deux congrès de la marine et de la statistique : chaque pays propo.scrait les mesures qu’il jugerait utiles, maison adoptant ensuite celles qui seraient admises par le congrès. Avec une unité semblable, seule conciliable avec les intérêts de la science, on finirait par doubler l’existence de riiomme d'État et de l'homme de sciences.
II faudrait admettre la plus stricte uniformité dans rénonciation des mêmes faits et dans l’emploi des mêmes unités de mesure et de poids. 11 faudrait (|ue le langage scientifique devînt uniforme entre les différentes nations; celte espèce de conquête est une des plus importantes que puissent faire les sciences ; il semble du reste aujourd hui (juc les gouvernements comprennent cette vérité mieux encore que les individus.
Les recherches des premiers hommes, sur les jdiénomènes do la nature, n'avaient certes pas la précision qu on est parvenu à leur donner de nos jours. Les appareils scienli-
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liqiios ont entouré de, plus de netteté les diverses appréciations (|u’on voulait en faire, mais souvent ils leur ont enlevé une jmrtie de leur charme et du prestige que leur j)rétait l imagination. C’est ce qu'on peut remarquer surtout quand on entend le langage d’un ami des fleurs, qui souvent semble méconnaître la science, uniquement séduit par la grâce (jui l'occupe dans l’objet de sa contemplation ; c’est ce sentiment qui frappait si fort Bernardin de Saint-Pierre et J. -J. Rousseau. On conçoit eflFwtivement (pi’il existe un charme extrême à suivre, sans lui porter atteinte, la nature au milieu de ses œuvres, à étudier paisiblement une plante, à couver de ses regards une fleur chérie, à suivre le monde animé cpii l'habite et qui par ses usages nous rappelle nos institutions et nos mœurs. On conçoit que, dans de pareils instants , on oublie volontiers les préoccujrations de la science et qu’on se livre de préférence au plaisir de comtempler le développement des plantes et des animaux et à suivre les relations intimes qui existent entre eux. Mais la science a une autre mission plus importante à remplir, et il serait j)eu raisonnable de l écarter : tout en admirant hvs travaux de la nature, on peut chercher à en connaître mieux les détails et à saisir les lois immuables dont ils dépendent; on se trouve heureux de préciser les faits et de connaître les moyens que la science met à la disposition de riiomme pour présider en quelque sorte à leur organisation et pour leur donner un côté utile. Plus instruits que le simple admirateur de la nature, les physiciens et les naturalistes ont reconnu des faits nouveaux, et ils ont su les développer et eu tirer avantage.
C’est de l’exposition des lois qui régissent notre univei-s, et plus spécialement entre les limites de la Belgique, que nous allons essayer de présenter un aperçu basé sur trente années de recherches assidues.