‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 65 sur 211 · CHAPITRE II. DE LA PLUIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. DE LA PLUIE

On voit, par la colonne des observations do 0 à 1 heure, que le nombre 458 est trop petit, et que le nombre de 1 à 2 heures est trop grand de ce qui manque au premier. Quoi qu’il en soit, la seconde colonne porte tous les nombres inscrits tels que les cahiers d observations les ont donnés. 1-a troisième colonne ne fait que la reproduire, en opérant cette correction d une erreur , que nous regardons comme probable, et la dernière colonne donne les nombres calculés, d après une progression géométrique'.

Onze pluies ont duré plus de 19 heures; il paraît que malgré tous les soins possibles, plusieurs périodes, qui auraient dé être séparées, ont été liées ensemble, et l'on a pu omettre les faibles discontinuités qui les séparaient dans le cours des observations.

Sur les pluies, d’après l'inst/umenl d’Osler. — L'instrument d’Osler est destiné à faire connaître d’instant en instant, au moyen d’un mouvement d horlogerie, la force et la direction du vent, ainsi que la quantité d eau tombée : il a été établi au sommet de l Observatoire vers la fin de 1 841 . On peut en voir la description dans le tome VI des Annales de l’Observatoire, page 2, dans l’ouvrage sur le Climat de la Belgique, chapitre des Ten/s.

La pluie, la neige et la grêle sont reçues dans un récipient, il une ouverture de 1 230 centimètres carrés de surface, placé au sommet du toit. L’eau s écoule par un tube et se trouve recueillie dans un vase placé à l’étage immédiatement inférieur. Ce vase est supporté par quatre ressorts à boudin qui s’allongent, et lui permettent de descendre à mesure qu il s emplit. La quantité dont le vase descend et

* En uoinmant n le nombre calculé, a le premier nombre des observations et f le facteur constant par lequel im passe d'un terme au suivant, il faudra écrire pour le terme, c'est-à-dire pour celui qu'oii trouve après x heures, l'équation n i=a. /’■* ' = 518 X

qui mesure l’eau tombée est indiquée, au moyen d un cordon et d’une poulie de renvoi, par un crayon dont la pointe se meut en décrivant une ligne droite horizontale sur un papier destiné à recevoir aussi les indications des deux autres crayons, qui marquent les directions et les intensités des vents.

Quand le vase est plein et au plus bas de sa course, le déversement se fait rapidement au moyen d un siphon semblable à celui connu, dans les cabinets de physique, sous le nom de vase de Tantale. Le vase, en se vidant, remonte à sa plus grande hauteur. Pendant ce mouvement, le crayon indicateur, qui suit tous les mouvements du vase, atteint successivement les deux limites extrêmes de ses excursions. Les inscriptions sont reçues sur une planchette horizontale dont le mouvement progressif se fait par une pendule, dans une direction perpendiculaire à celle que parcourt le crayon indicateur.

La planchette tout entière, dans l espacc de 24 heures, a passé sous le crayon, en suivant une marche uniforme ; il faut alors la remettre en place, et renouveler le papier où sont inscrites les excursions du crayon. Ce papier est partagé par 24 lignes parallèles et équidistantes; chacune passe successivement sous le crayon, à une heure d'intervalle. On peut reconnaître ainsi l instant du commencement et l’instant de la fin d une pluie par le point où le crayon a commencé à marcher, et par celui où il s’est remis en repos ; l’amplitude des excursions, dans le sens perpendiculaire, indique la quantité d’eau tombée.

Toutes les circonstances qui concernent une pluie sont inscrites et réunies de cette manière sur une même ligne, horizontale. Le jour commence à midi, et les heures sont comptées sans interruption de 0 à 24. Les feuilles de 1 anémomètre sont divisées en espaces d’une heure par des traits

CnAPITBE II. DE LA PLl'IE.

parallèles. J’ai subdivisé chacun de ces intervalles en douzièmes, aûn d'avoir la division par cinq minutes. L’instant du commencement des pluies est généralement bien défini. Celui de la fin est plus diflicile à saisir, par suite, sans doute, de l'eau que le tube mouillé laisse écouler encore après la fin réelle du phénomène. Toute pluie, commencée dans un jour donné, a été attribuée à ce seul jour, lors même quelle se prolongeait au delà de minuit. Seulement, dans ce cas, les heures au delà de minuit étaient comptées comme appartenant au jour précédent, en poursuivant l’énumération de la mémo manière : la quantité d'eau tombée résulte de l’excursion que fait le crayon dans le sens des ordonnées. Pour exprimer cette course du crayon, mesurée sur les feuilles, en épaisseur d’eau tombée, il fallait employer un facteur qu’il s’agissait préalablement de déterminer. Chaque excursion du crayon était mesurée au compas, évaluée en millimètres et dixièmes de millimètre, au moyen d’une échelle ordinaire, et enfin réduite en couche de pluie. L'estimation était rarement sûre au dixième de millimètre, mais presque toujours au demi-millimètre. Quand le vase s'était vidé pendant une pluie, il y avait, de plus, quelque incertitude sur la quantité d’eau dont il s’était déchargé. On ne peut donc pas regarder les quantités d’eau tombées comme bien connues dans leurs valeurs absolues. Enfin, deux accidents différents ont, dans quelques circonstances, empêché l’udomèlre de fonctionner. Dans un petit nombre de cas, il ne s'est point vidé, et la pluie, après l’avoir entièrement rempli, l’a fait déborder. Dans quelques autres, la communication avec le tube d’écoulement est restée permanente, et l’eau provenant des pluies n’a fait que traverser le vase, sans y demeurer pour agir sur le crayon.

La direction du vent est prise aussi des indications de l’anémomètre d’Osler. J’ai cherché, autant qu’il m’a été pos-

MKTÉOROLOf.IE. LIVRE II.

sible, à noter la moyenne des directions enregistrées pendant toute la durée de la pluie. Pour les pluies prolongées, la direction est quelquefois assez variable pour rendre cette estimation difficile. Dans quelques exemples aussi, j ai rencontré de grands mouvements de la girouette, qui attestaient beaucoup d instabilité dans la direction du vent. Quoi qu’il en soit, la direction inscrite dans les tableaux, à côté de chaque pluie, est précise dans la grande majorité des cas. Lorsque les pluies étaient fort prolongées, ou bien lorsque l'intensité du vent variait l)caucoup dans la durée d’une pluie, on s'est aidé des feuilles de l’anémomètre, et l'on a tâché d'obtenir une moyenne qui ne s’écartât pas trop do la résultante générale.

Le tableau suivant fait connaître, mois par mois, la quantité moyenne d'eau recueillie par l’instrument d’Osler, pendant la période des 9 années de 1842 à 1850. Les valeurs données par ce tableau diffèrent très sensiblement de celles qu’on a recueillies sur la terrasse de l’Observatoire. Ces dernières, seules, font connaître les quantités absolues d’eau qui ont tombé pendant les différents mois : au sommet de l’Observatoire, on n’a qu’une partie de l'eau tombée, mais cet inconvénient est peu grave pour l’objet des recherches qui vont nous occuper.

La différence que présentent les deux tableaux provient, avons nous dit, de ce que l'instrument d Osler n’a pas toujours régulièrement fonctionné , de l’inégalité des hauteurs auxquelles l’eau a été recueillie , de ce que les indications n’étaient pas toujours suffisantes , puis d’autres causes encore, que nous avons déjà énoncées précédemment. L'essentiel pour nous a été qu’il déterminait exactement le commencement et la fin des pluies , au moyen du mouvement d horlogerie avec lequel il était en liaison.

Voici, du reste, dans quel rapport les quantités d’eau

Page 1