‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 89 sur 211 · CHAPITRE II. DE LA PLUIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. DE LA PLUIE

L’inspection de ces nombres est bien propre à faire apprécier, comme il a été dit, l’influence des saisons sur l’état des nuages, et à montrer combien il y a plus de chances de voir un ciel entièrement couvert, ou même entièrement serein, pendant 24 heures de décembre ou de janvier, que pendant le même temps aux mois de juin et de juillet, quand le soleil est au plus haut de son cours et que, par conséquent, les jours ont leur plus grande étendue. Le rapport est de plus de 10 à 1, c’est-à-dire qu’on peut parier dix contre un que, pendant un jour, on aura un ciel entièrement couvert au solstice d'hiver plutôt qu’au solstice d'élé; mais le rapport ne serait guère que de 2 à 1 pour avoir un ciel entièrement serein, à une heure donnée.

Le rapport, au lieu d’étre plus grand que l’unité, est plus petit au contraire, quand on compare une heure du solstice d’hiver à une heure du solstice d’été, et quil s’agit d’un ciel en partie couvert de nuages. Ainsi, il n’y a que quatre contre dix à parier, pour avoir un cumulus ou un cirrhocumulus au solstice d’hiver plutôt qu’au solstice d’été; cinq contre dix, pour un cumulo-stratus ; six contre dix pour un stratus; sept contre dix pour un cirrhus ou pour des éclaircies. Quant au nimbus, il semble particulièrement appartenir à l’époque où le soleil se trouve dans notre hémisphère.

En général, on peut dire que l’hiver est plus favorable que l’été à offrir un ciel entièrement pur et surtout entièrement couvert, tandis que l’inverse a lieu, pour un ciel chargé, en partie, de nuages de l’une ou de l’autre espèce.

Coloration des nuages. On ne saurait douter des effets différents annoncés par la coloration des nuages. L'inspection seule du ciel, indépendamment de la quantité dont il est couvert, suffit dans nos climats pour porter un jugement sur la chute prochaine de la pluie ou sur l’état stable de l’air.

Je ne parlerai pas ici des couleurs qui accompagnent les

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levers et les couchers du soleil, bien que leurs teintes puissent varier considérablement, et donner, en passant du rouge au fauve, une teinte plus ou moins menaçante; je veux parler plus particulièrement des teintes colorées qu'on aperçoit pendant le jour. M. Pellier croyait reconnaître, dans la nuance grisâtre des nuages, une annonce à peu près certaine de la chute de la pluie; on ne saurait nier, en effet, que cette teinte ne soit un guide fidèle pour un observateur exact, particulièrement si son attention se porte sur les bords extrêmes du nuage. On peut juger aussi vers le soir, par la coloration en rose et surtout en jaune cuivré, des effets des vents et des résultats qu'on peut en attendre. Les anciens connaissaient fort bien ces phénomènes ; Virgile, à la tin du 1" livre des Géorgiques, les décrit admirablement dans le passage concernant les pronostics, qu’il termine par les vers :

J Al si virg^inciiin sulTudcril orc rubomn,

Vciiluscrit : Vento scmjïer rubet aurea jdiebe.

Pour un œil exercé, l'aspect du ciel fait connaître à peu près l'heure du jour. Les teintes colorées du matin et celles du soir, de même que la différence des vapeurs entièrement pures ou surchargées de poussière, caractérisent fort bien les états extrêmes do l’atmosphère.

Ces couleurs sont très diverses selon les différentes époques de l’année : il serait impossible de confondre un ciel d’été avec un ciel d hiver, abstraction faite clè la température et de la vivacité de la lumière.

Quand des nuages orageux se forment, quand les lumières se inodilient par leur inégale réfraction, cest alors surtout qu on peut juger des effets des colorations diverses.

Des brouillards. — Nous nous sommes occupés, à différentes reprises, des brouillards et des rapports qu'ils ont avec les autres phénomènes atmosphériques. Comme nous

CBAPITHE II. DB LA PLllB.

l’avons vu^ ils peuvent se présenter sous des apparences bien différentes ; quelquefois, ce sont des brouillards humides qui semblent appartenir uniquement à 1 hygrométrie, et qui so produisent plutôt en hiver; quelquefois ce sont des phénomènes assez généralement remarquables par leur odeur et leur aspect; souvent ils ne mouillent pas les objets avec lesquels ils se trouvent en contact, et se manifestent plus, particulièrement, dans nos climats, pendant les temps chauds et surtout au printemps. J’ai, autant que possible, dans le journal météorologique de lObservaloire, établi avec soin la distinction dont je viens de parler. 11 est également à remarquer que, dans nos climats, le brouillard se manifeste le matin plutôt que le soir ; rarement il persiste pendant la durée de vingt-ijuatre heures. Les brouillards secs s’élèvent plutôt parles vents deNE. , tandis que les brouillards humides se forment dans une direction totalement opposée et dans nos climats du côté de la mer. L hygromètre subit des changements très remarquables pendant leur apparition; le nombre de degrés qu’il indique suffirait pour marquer la nature du brouillard, sans les autres caractères qu il présente. Il est ordinairement bas, en présence des autres brouillards odorants du NE, que Van Jlons nommait brouillards do Westphalie, à cause de l’origine quil leur attribuait. L’hygromètre se tient, au contraire, très haut, et souvent au degré de complète humidité, pendant les brouillards ordinaires qui se forment sous un vent d ouest ou de sud-ouest.

Le baromètre se tient également au-dessus de sa hauteur ordinaire et surtout pendant un jour de brouillard sec. Voici comment ces phénomènes se sont répartis pendant les trente années que nous avons à prendre eu considération. Les nombres des premières années sont un peu faibles; et au contraire, de 1842 et 1843, époques où l’on a commencé les observations météorologiques d’une manière con-

MÉTÉOROLOGIE. IIYBE H

tinuc, les nombres se sont un peu élevés. Il est probable quel altenlion n’a pas été tout à fait la même à ces deux époques quant au phénomène lui-méme, mais elle est demeurée également active dans l’étendue de chaque année.

Nombre de jours de brouillard, par mois, de 1833 à 1862.

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