‹ Météorologie de la belgique comparée à celle du globeChapitre 92 sur 211 · Chapitre III. — Electricité · texte numérisé non relu

Chapitre III. — Electricité

Pendant la dernière partie du dix-luiitièrae siècle , la théorie de l'électricité aérienne fit des progrès immenses ; un grand nombre de physiciens de mérite s’en occupèrent, mais aucun ne le fit avec plus de succès que Franklin. Les études des éclairs et du tonnerre reçurent les plus heureux développements, et l’on fut bientôt à même de maîtriser en quelque sorte ce brillant météore.

Au moment où l’on entreprenait des expériences hardies pour étudier les causes des orages et où l'on cherchait les moyens d'en prévoiries effets, une hcureu.se imagination trouva le secret de s’en prémunir malgré des accidents déplorables qui frappèrent encore quelques-uns des physiciens les plus habiles et les plus entreprenants.

L’imagination .se calma enfin et la science seule étudia les moyens d en prévoir les effets et d’en écarter les dangers, chaque pays sentit le besoin do tourner ses recherches vers une théorie aussi belle et aussi étendue ; à la première surprise succéda une étude plus attentive qui finit par maîtriser le phénomène; on ne tarda pas à s’apercevoir qu’il variait selon les climats, et que l'apparition de la foudre diminuait en se rapprochant des pôles de la terre où elle finit par s’éteindre complètement.

Notre Belgique nécessitait des recherches semblables : plusieurs furent faites par l’ancienne académie de Bruxelles, mais seulement pendant quelques années; elles ne purent guère nous présenter de renseignements suffisants sur ce phénomène que nous connaissons mieux aujourd’hui et autour duquel sont venues se ranger plusieurs éludes que

CIIAriTRE III. DE l’électricité.

nous indiquerons successivement. Ces recherches concernent spécialement la météorologie ; les apparitions lumineuses se manifestent au milieu des orages et produisent ces magnifiques efl’ets qui étonnent toujours, en donnant lieu à des écoulements électriques plus ou moins abondants. D'autres enfin appartiennent à la nature de notre terre et méritent une attention spéciale : nous aurons ocr.asion d’en traiter égale- «

ment, avec détail et avec assez de développement, dans le volume de la Physique du globe, ijui fera suite au traité de météorologie dont nous nous occupons maintenant.

On s'est borné pendant longtemps à étudier les effets de l’électricité de l'wirqui se manifestent au milieu desorages; mais on finit par s’apercevoir que l’influence de la terre joue un grand rôle dans ces phénomènes atmosphériques, et qu’il importait également d’étudier ses effets. 11 fut facile d’une autre part de reconnaître qu’il ne suffisait pas d’apprécier son état statique , on vit qu’il était important de suivre aussi ses effets dynamiques et de reconnaître les phénomènes remarquables auxquels ils donnent lieu.

Cette étude est encore si nouvelle, elle exige, d’une autre part, tant de soins et de précautions qu’il est difficile de juger quelles sont les recherches qui méritent plus spécialement de fixer l’attention et qui doivent inspirer une entière confiance. J’ai Uiché d’étudier attentivement ce phénomène pour bien apprécier les difficultés auxquelles il donne lieu et pour reconnaître les résultats trompeurs auxquels peuvent être conduits des observateurs d'ailleurs fort habiles.

Les instruments utiles qu’on emploie pour mesurer avec soin les phénomènes d’électricité statique ou d électricité dynamique, sont encore très rares et généralement peu connus : il s’agit d’en bien connaître la valeur et de savoir dans quelles circonstances on peut les employer avec succès.

MÉTÉnROLOGIE. LIVRE II.

Pour se faire une idée des difficultés dont il est question, sup|K)sons qu’il s'agisse de déterminer la variation sialique de l'électricité: cet élément physique varie du matin au soir ; il varie du commencement jusqu'à la fin de l’année, et ces deux variations, diurne et annuelle, appartiennent essentiellement à la météorologie de même que la plupart des variations accidenlelles qu’on observe pendant le jour ou pendant l'année. — Parmi ces changements il en est qui s’exécutent sur une échelle plus grande et qui semblent appartenir spécialement aux orages; il s établit rapidement des courantsélectriques ascendants et descendants qui méritent une attention toute spéciale et manifestent des lois qu’il était difficile de prévoir. Ces mouvements, qui sont les résultats de l’électricité dynamique, c’est-à-dire des courants alternativement montants et descendants, méritent une attention toute spéciale ; ils ont été peu étudiés jusqu'aujourd’hui, et ils ont donné lieu à bien des méprises, que même on n’évite pas entièrement jusqu’ici.

Pour procéderavec ordre, nous commencerons par l’étude de l’électricité statique. Nous pourrons étudier ensuite l’électricité dynamique dont la marche est généralement très régulière, mais qui parfois donne lieu à des courants ascendants et descendants qui se succèdent d(' la manière la plus rapide et qui produisent des orages pendant lesquels l’étude de ses mouvements et de ses effets mérite la plus grande attention .

Électricité statique. — Commençons par létudc des phénomènes statiques du magnétisme terrestre. Ces phénomènes exigent une attention spéciale; pour que leur observation présente quelque valeur à la science, il est deux conditions essentielles à remplir et, si l’on néglige d’y satisfaire, il est impossible d’obtenir des valeurs comparables.

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