Rythme
L'Edition vaticane divise la mélodie en trois phrases^ formées, la première et la dernière par deux incises, et la deuxième par trois.
La valeur de chacune de ces trois pauses a été déterminée au chapitre IV. Cependant la pensée musicale semble mieux interprétée, si on donne la valeur d'une pause de membre aux deux premières grandes pauses, faisant ainsi de la pièce entière une seule phrase. L'unité de la mélodie y gagne énormément.
C'est question de détails, sans doute ; mais détails qui contribuent beaucoup à la beauté de l'ensemble, et qui, d'autre part, ne sont point contraires à la version officielle.
Deux tristrophas apparaissent dans la première incise; la première tristropha, en plus de la répercussion dont il a été parlé quand
^ « Il faut insister sur \2ifor7ne mélodique de ce membre.
« Sauf les deux podatus inférieurs qui servent d'introduction aux deux premières incises ; sauf les deux groupes d'accentuation, la mélodie, très simple, se maintient constamment sur le fa; à peine se meut-elle en dehors de cette corde : discrète, retenue, elle s'efface pour laisser toute la place au rytJwie. Celui-ci, de son côté, ne paraît que pour s'ajuster étroitement avec les mots, mais avec les mots augmentés, agrandis ; il semble vouloir les dilater pour mieux exprimer les profondes idées qu'il représentent. Et telle est sa puissance que, seul, son bercement, large et paisible, donne à ces quelques mots un caractère indéfinissable de grandeur, de noblesse et de gravité.
« Pauvreté mélodique, diront les légers, les inconscients !
« Richesse rythmique, répondrons-nous, pureté classique digne des Grecs et des grégoriens primitifs qui, les uns et les autres, étaient doués d'un sens rythmique et d'une finesse de tact auditif que la moindre ride, la moindre nuance sonore suffisait, sans l'aide de la mélodie, à émouvoir et à charmer ».
122 Deuxième Partie.
il a été question de l'exécution propre à ce neume, porte ictus sur sa dernière note.
Sur le mot implevit, le neume est composé d'un punctîim^podaiusquilisma et d'un oriscus que l'édition vaticane traduit par une virga ; l'ictus se place en conséquence sur le la.
Les deux distrophas de induit correspondent dans les manuscrits à deux bivirgaSy comme il arrive d'ordinaire quand deux notes à l'unisson sont affectées à une seule syllabe. La première bivirga comporte une répercussion et un retard à chaque note, et la seconde une simple répercussion.
L'épisème de retard placé sur le mot os et ceux des autres neumes sont reproduits des manuscrits rythmiques.
Les trois notes mi, fa, sol áo, sapientiae et de intellectus doivent être interprétées comme un salicus, selon qu'il est indiqué dans les manuscrits. La modalité elle-même de la pièce réclame cette interprétation. Le ;/// se trouve ainsi entre d^u^fa portant appui.
Le point à côté du la de implevit euni supplée au cephalicus des manuscrits. De plus, ce cas n'est pas sans une grande analogie avec beaucoup d'autres dans lesquels la voix trouve un repos immédiat après le « pressus » la do do la.
Comme on l'a dit ailleurs, les appuis rythmiques indiquent les divisions binaires et ternaires.
363. — Les rythmes élémentaires pourraient se distinguer dans la forme suivante :
implé- vit é- um Do- mi- nus
364. — Mais, en pratique, il faut considérer le rythme général ae la phrase et examiner les incises et les membres dont elle est formée.
Premier membre.
Première incise.
Deux rythmes composés par contraction : le premier, in médio Ec, comprend trois aj'sis et une thésis postictique ; — le second, clesiae^ deux arsis et une thésis.
Deuxième incise.
Deux rythmes : le premier, aperuit, commence par une thésis^ continue par une arsis et termine par une thésis postictique ; — le second, os ejus, comprend une arsis et deux thésis.