RytJime
Comme pour les exemples antérieurs, les indications se trouvent au-dessus de la portée.
387. — Si la paix de l'âme victorieuse de ses passions transpire toujours et partout, dans les mélodies du chant grégorien, nulle part elle ne se manifeste avec tant d'éclat que dans cet introït.
On s'en aperçoit dès les premières noiQS, Jus ¿tis, où le calme de la ligne mélodique reflète admirablement l'état pacifié du juste.
Et comme la paix intérieure, une fois conquise, n'implique jamais l'oisiveté et le repos, bientôt la douce cantilène s'anime et sur les mots ut palma flor ebit^ essaye de traduire l'activité incessante du juste, avec ses progrès continus dans les bonnes œuvres et dans les vertus.
Petit à ses yeux, le juste est grand devant Dieu et devant les hommes. C'est pourquoi l'Ecriture le compare au cèdre qui, sur les sommets du Liban, dresse sa haute cime et étale ses rameaux abondants : Sicut cedrus Libani multiplicabitur. L'accent musical, c'est-à-dire le point culminant de toute la pièce, ne pouvait donc être mieux placé ailleurs qu'à cet endroit du texte.
Enfin, la dernière phrase, en insistant sur \^fa, est comme une description de la persévérance du juste dans le bien, et du bonheur qui éternellement sera sa récompense in atriis domus Domini^ dans le ciel.
388. — Si sommaires qu'elles soient, ces analyses révèlent dans le chant grégorien une inspiration surnaturelle dont il faut chercher la source dans la méditation que le compositeur aura faite préalablement du texte sacré ; elles sont par conséquent comme la représentation plastique de l'esprit qui informe les mélodies liturgiques et dont se doiv^ent pénétrer ceux qui veulent les comprendre et les chanter dignement.