‹ Méthode complète de chant Grégorien d'après les principes de l'École de SolesmesChapitre 139 sur 173 · Chapitre V. — De raccompagnement · texte numérisé non relu

Chapitre V. — De raccompagnement

Exemples :

Al-le-lú-ia.

caé-li et tér-rae.

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Avec ces éléments simples et limités, il est vrai, mais qui constituent le fondement de toute harmonie, on a des ressources suffisantes pour exprimer le sens musical renfermé dans les mélodies grégoriennes.

Quant à l'emploi des formules harmoniques propres à chaque mode, nous ne croyons pas devoir les conseiller. Ces sortes de formules préétablies sont presque uniquement fondées sur le caprice ou sur des lois fixes, rigides, que les anciens compositeurs désavouaient à chaque pas, et qui ne furent appliquées que quand le chant grégorien était en pleine décadence.

C'est \ allure tofiale ou nettement modale de la mélodie qui est la règle de toute bonne harmonisation : il faut que celle-ci soit toujours proportionnée à celle-là, de telle sorte que si l'allure tonale d'une pièce de chant est incertaine, l'harmonie doit être incertaine comme elle; si, au contraire, elle est nettement modale, on doit, dans l'accompagnement, bien développer cette modalité.

Il ne faudrait pas cependant, sous prétexte d'application de cette loi générale, imposer aux cantilènes liturgiques des combinaisons harmoniques plus ou moins intéressantes. On doit, au contraire, s'étudier à exprimer par les accords, le substratmn harmonique que toute oreille musicale imagine et perçoit, dès qu'elle entend le chant de la mélodie sans accompagnement.

DES RAPPORTS DE L'HARMONIE AVEC LE RYTHME ET l'accent latin.

432. — 1° Les accords, par leur succession et leur enchaînement, déterminent, pour ainsi dire, les pas de l'harmonie, et de même qu'à chaque touchement du rythme le mouvement retrouve une nouvelle impulsion, une nouvelle force, de même, dans l'harmonie, chaque accord détermine une nouvelle production d'énergie, et ainsi, d'accord en accord, on arrive à la cadence, au mouvement conclusif,

154 Troisième Partie.

qui, par son caractère de repos, c'est-à-dire d'absence de nouvelle énergie, amène la fin du mouvement harmonique.

Les choses étant ainsi, la constante préoccupation de celui qui accompagne une pièce de chant quelle qu'elle soit, doit être de faire marcher parallèlement le chant et l'accompagnement, c'est-à-dire de faire coïncider les pas de l'harmonie avec ceux de la mélodie. Or, les pas sont déterminés, dans le chant, par les thésis rythmiques, et, dans l'harmonie, par les accords. La place des accords est donc fixée par les thésis rythmiques du chant. C'est là la loi générale sur laquelle il ne peut pas y avoir de divergences d'opinions parce qu'elle est fondée sur la juste compréhension des choses.

Mais, parce que cette loi a tous les caractères d'un principe incontestable, il ne s'ensuit pas qu'on doive l'appliquer avec une rigueur extrême. Dans l'espèce, ce serait tout à fait déraisonnable.

Les appuis rythmiques indiquent les endroits où peuvent se placer les accords, cela est très vrai, mais ne veut pas dire nullement qu'on doive en mettre à chaque pas du rythme. Il y a des phrases qui permettent de comprendre dans un même accord plusieurs appuis rythmiques : c'est, pour le chant un avantage précieux ; il y gagne en liberté et en souplesse.

433. — 2° Ce premier problème de la marche parallèle du chant et de l'accompagnement résolu, il en reste un autre non moins grave et peut-être le plus grave de tous à résoudre, à savoir : les rapports de l'harmonie avec Xacce?ît latin.

On a vu, dans le chapitre du rythme, comment l'accent tonique, tout en étant un des facteurs les plus importants et les plus sensibles du rythme, demeure indépendant de l'appui rythmique avec lequel il peut coïncider, mais avec lequel il ne coïncide pas nécessairement.

D'autre part, l'ossature schématique de l'harmonisation se dessine sur les principaux appuis rythmiques de la mélodie et non sur les accents toniques : l'harmonie, elle aussi, en est indépendante.

Voilà le fait.

Il ne faut pas qu'on s'en étonne. L'accent tonique est une force dynamique, et l'orgue, instrument reproducteur de l'harmonisation, est, par sa nature, absolument incapable de reproduire la dynamie de l'accent.

Mais, parce que la fonction de l'accent tonique, dans ses rapports avec le rythme musical, est depuis des siècles, en pleine évolution, et que, de plus, la plupart des chantres éprouvent comme un besoin de sentir un effet harmonique, si petit qu'il soit, au passage de l'accent tonique, nous croyons pouvoir conseiller de régler, autant

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