Chapitre V. — De raccompagnement
souple et léger des mélodies grégoriennes, nous ne saurions trop recommander, en règle générale, de n'en faire jamais usage.
435. — Cependant il est bon de faire remarquer que les cantilènes liturgiques n'ont pas toutes le même caractère : les chants mélismatiques sont, de leur nature, plus souples que les chants syllabiques dont l'allure est rendue non pas lourde, mais assez composée, par les syllabes des mots qui se succèdent rapidement les unes aux autres.
L'accompagnement petit et doit se conformer au caractère propre de ces sortes de chants.
436. — Dans les chants syllabiques exécutés avec une lenteur marquée, on pourrait tolérer un accompagnement de notre contre note, pourvu qu'il soit convenablement conduit.
En tout cas, on peut, dans l'accompagnement de ces sortes de chant, faire constamment usage d'une harmonie assez riche.
437. — Il n'en est pas de même pour les inélismes dont les développements mélodiques parfois assez amples sont d'une exécution excessivement délicate. L'accompagnement des mélismes doit être; très discret, pour ne pas dire très modeste. ■
438. — Nous avons dit, dans le paragraphe précédent, que les accords peuvent être placés à chaque appui rythmique, l'appui rythmique étant la règle générale qui régit la distribution des accords dans leur rapport avec le rythme de la mélodie.
Mais \di possibilité do, placer un accord à chaque appui n'indique nullement q^W faille en mettre un sous chacun d'eux.
L'idéal, en cette matière, serait de pouvoir écrire l'accompagnement sans accords, mais, comme il ne peut y avoir d'harmonie sans accords, il faut faire en sorte d'user de ceux-ci avec parcimonie et discrétion.
De plus, l'organiste, doit étudier de très près les phrases mélodiques qu'il doit accompagner; les prendre dans leur ensemble, au lieu de les subdiviser en une multitude de pieds rythmiques^, et adapter à chacune d'elles l'harmonie qui répond le mieux au sens musical principal qui la caractérise, et, quand la mélodie est ornée en faire sentir les petits balancements ^ au moyen de légers
* Il va sans dire que l'accompagnateur doit aussi se rendre un compte très exact des moindres détails du rythme : cela est absolument nécessaire. Mais se rendre compte des détails des choses ne veut pas dire qu'on doive les mettre en relief, au détriment de l'ensemble.
^ On ne peut mieux comparer ces petits balancements de détails mélodiques autour de la dominante qu'à une décoration disposée en forme à.^ festons sur une corde tendue.
Les formes psalmodiques, dans les mélodies ornées, nous en donnent des exemples saisissants.
Pour n'en citer que quelques-uns, quoi de plus beau que V Alléluia dont nous